‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 111 sur 194 · FHEQUENTATION DE CERTAINES FEMMES · texte numérisé non relu

FHEQUENTATION DE CERTAINES FEMMES

« Il vaut mieux que vous alliez à l'Opéra avec tel homme qu'avec telle femme au sermon, » écrivait madame de Maintenon à la jeune et naïve épouse de son frère, pour laquelle elle redoutait les dangers d'un certain ordre de relations féminines.

« Les femmes ont corrompu plus de femmes que les hommes n'en ont aimé, » a dit Balzac; et, de la part du grand romancier, cette assertion vaut preuves.

Madame de Pnisieux a apprécié en plusieurs endroits de ses ouvrages l'influence pernicieuse des mauvaises compagnies féminines sur les hommes :

® Il est aussi essentiel à nn jeune homme de voir de bonne compagnie en

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iemmes, qn à une femme déviter la mauvaise en hommes. Un jeune homme se forme l'esprit et le cœur avec elles; mais il faut pour cola (ju'elles ne soient ni dévoles ni libertines. 11 n'y a rien à apprendre avec les dévotes, et ce que l'on apprend avec les libertines n'est pas bon à savoir. Celles-ci corrompent le naturel le mieux disposé : un a beau dire qu'on en revient dans un âge mûr, rien n'est plus incertain ; et quand cela serait, on conserve toujours de leur commerce quelque chose qui déplaît aux femmes bien nées. Que faire donc quand on a vécu longtemps avec dos femmes libertines? Employer ses dernières années à rougir des premières, et se déplaire à soi-même et aux autres? En vérité, il vaudrait presque autant avoir continué de voir les mêmes conqiagnies, puisqu'on n'est plus bon que pour elles. Je ne dirai rien de la société des dévotes. Elles ne me pardonneraient pas, et je crains la calomnie.

®^ C'était l'habitude de voir des femmes qui ne méritent aucuns égards qui rendait jadis les hommes insolents; car il y avait des insolents du temps de la reine de Navarre! On n'en voit point aujourd'hui : il n'y a que des hommes polis et galants, et des femmes à qui il est difficile do manquer do respect. Une femme que l'on oflenserait sérieusement, un homme qui craindrait sérieusement de faire une offense, passeraient pour des gens du temps de la reine de Navarre.

S'il y avait jadis des hommes insolents, il y en avait aussi d'autres dont les mœurs étaient simples, la société était innocente et douce, avec lesquels on no risquait rien de hasarder des folies, qui prenaient tout bien, et qui n'en pensaieni pas |)lus mal, et qui conservaient du respect; mais le respect est si froid qu'on ^011 passait fort bi'u du temps de la reine de Navarre.

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