‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 110 sur 194 · FEMMES GALANTES, LÉGÈRES · texte numérisé non relu

FEMMES GALANTES, LÉGÈRES

^^ Une femme qui a perdu la honte est cent fois plus liardye à faire mal que >rest ung homme. Marcikrite de Navarre.

® Une lennne galante veut qu'on l'aime: il suffit à une coquette d'être trouvée aimable et de passer pour belle. Celle-là cherche à engager; celle-ci se contente de plaire. La première passe successivement d un engagement à un autre; la seconde, à plusieurs amusements tout à la fois. Ce qui domine dans l'une, c'est la passion et le plaisir, et dans l'autre, c'est la vanité et la légèreté. La galanterie est un faible du cœur, ou peut-être un vice de la couqtlexion ; la coquetterie est nn dérèglement de l'esprit. La femme galante se fait craindre, et la coquette se lait haïr. L'on peut tirer de ces deux caractères de quoi en faire un troisième, le pire de tout.

® 11 semble que la galanterie dans une femu\e ajoute à la coquetterie. Un honnne coquet, au contraire, est quelque chose de |)ire qu'un liouniie galant. L'homme coquet et la femme galante vont assez de pair.

® Quelques femmes donnent aux couvents et à leurs amants : galantes et bienfaitrices, elles ont, jusque dans l'enceinte de l'autel, des tribunes et des oratoires oîi elles lisent dos billets tendres, où perscniiu' ne voit (piellcs ne prient ])()int Dieu.

&B Une femme qui n'a (pi'un galant croit n'être point coquette; celle (pii a plusieurs galants croit n'être qut; coquette.

^ Une femuMî faible est celle à (pii l'on reproche une faute, qui se la reproche à elle-même, dont le cœur combat la raison, (pii veut guérir et (jui ne guérira point, on bien tard.

dCi Quelques femmes ont voulit cacher leur conduite sous les dehors de la modestie, et tout ce (pie chacune a pu gagner par une continuelle affectation, et tpii ne s'est iamais dém<!ntie, ;i été de faire dire de soi : On l'aurait prise p(»ur une vestale.

l'KMMKS CAI-VMKS, LKllKUllS. 449

^ [I y a |H'u lit' galaiilories secrètes; hien dos roinines ne sont pas mieux (losigiiëos parle nom de leui's maris que par celui de leurij amants.

La Hruyèke.

iS Uni»"d une lennue a tait un mauvais pas, les autres lui coûtent peu.

Saikt-Réal.

tS8 Le moindre défaut des t'enuues i^alantes est la galanterie.

e^ (hi ne compte d'ordinaire la première galanterie des femmes (jue lorsipielles en font une seconde. La Rochefoucauld.

SB lue femme coupable peut encore aimer la vertu, mais il ne lui est plus permis de la prêcher. M'"" de Staël.

^ Clie/ les femmes, le libertinage vient prescjue toujours de la dure nécessité; elle/ les honnues, il vient toujours d'un penchant vicieux. Maiîat.

gê8 Sortie d'une profonde ignominie où des terreurs l'avaient plongée, la fenmie goûte un plaisir délicieux d aimer purement. Cet état fait le bonheur de sa vie; son humeur et sa santé s'en ressentent; à peine peut-elle en concevoir un plus doux, et l'accord de l'amour et de l'innocence lui semble être un paradis sur la terre. J. J. Rousseau.

S3 Les femmes indulgentes pour elles-mêmes sont ordinairement fort sévères pour les autres : elles croient en imposer par de grands airs et de grands mots elles se trompent, car les novices mêmes n'en sont les dupes qu'une fois. Viles créatures, qui ne voient pas que d'une femme tendre à une femme galante il v a la même distance que de la vertu au vice ! Que l'amour, qui est le plus pur et le plus chaste des sentiments comme le plus délicieux, est le meilleur et [)eutétre le seul garant qu'une femme puisse avoir de ses mœurs ! Que l'àme forte et brûlante (pii sait aimer mérite le respect de tous les mortels; tandis que l'inconslance du cœur, la légèreté de l'esprit et la fougue des sens ne peuvent jamais que composer un être méprisable qu'on daigne à peine regarder comme un outil de plaisir, encore nmtilé et flétri ! Mirabeau.

® Lue femme qui s'accoutume à regarder ceux qui la regardent répond aisément à ceux qui lui parlent, et quand elle en arrive là, c'est rarement sans dan ger pour sa vertu. Marivaux.

SB 11 y a peu d'hommes vicieux qui fassent parade du vice. Les fennnes vicieuses, au contraire, ne rougissent de rien. Cette différence vient, je crois, de ce qu'il leur est moins facile de se cacher. L'hypocrisie n'est pas le défaut commun de notre sexe. La contrainte gêne les plaisirs, et nous les aimons trop, et nos aises aussi, pour nous y assujettir.

^ Les femmes ne craignent pas d'être soupçonnées de plusieurs amants, et elles ne oudraient pas en avouer un.

450 LKS IK.M.MKS 1) Al'lU'S LKS AUKLllS Fr.ANÇAIS.

{^ Jamais les leinines valantes n'ont été pins à la mode el |)lns iiiépiisécs; nous sommes dans le siècle du libertinage et de l'espiit; on connaît à merveille ses travers, et cela n'empêche pas de les suivre; jamais la vertu n'a été plus respectée et si peu goûtée. Un évite ses favoris comme des gens austères dont les mœurs rigides font la censure éternelle de celles du temps. Que ferait une fille d'un honmie qui lui prêcherait la pudeur et le désintéressement? Que deviendrait un jeune homme à la mode à côté d'une femme respectable qui lui ferait sentir l'horreur de ses désordres? En vérité, cela est impraticable, la société se détruirait; plus de petites maisons, plus de petits soupers; on se cacherait, comme d'im crime, d'un commerce galant; les passions deviendraient raisonnées, décentes et soutenues. Le moyen d'ajuster tout cela ! Il doit être bien cruel pour ces sortes de femmes de se voir le matin l'objet du mépris public, et le soir celui de l'amusement des hommes qui les recherchent. Voilà la vie cependant des femmes galantes; mais où m'emportent mes réflexions? Ces créatures méprisables inspirent de la pitié; un peu d'aisance aurait fait peut-être de quelques-unes des femmes de mérite. Mais tirons le rideau sur ces objets*. M'"'' de Puisieux.

® Une jeune tille est comme une fleur qu'on a cueillie; mais la femme coupable est une fleur sur laquelle on a marché.

® Les femmes qui reviennent sur leurs folies reviennent sur leur amour.

Balzac.

^ Quand une jeune femme a une faiblesse publique, tout le monde a son pardon dans le cœur et sa condamnation sur les lèvres.

Ai,fhi;d Dy Vigisy.

® Il ne se peut que la femme qui fait des heureux soit longtemps heureuse.

^ La femme (pu se jette à la tête des hommes se trouve bientôt sous leurs pieds. BoiSTE.

E^ Les femmes sont étranges ; elles ne se regardent comme engagées (pie par des concessions physiques. Au fait, elles ont peut-être raison, car leur corps, c'est leur âme, Jules Sakdeau.

® Vous avoueic/ peut-être bien, madame, (ju'il y a par-ci par-là des fenmies <pii se conduisent mal?

— (la s(! |ieul. Vous pouvez ajouter (pu* ce sont celles-là (pie vos jeuncîs gen^ connaiss(!nt le mieux, ou pliil(")l les seules (ju'ils comiaissent. Ajoute/ encore (pK; c est avec ces espèces (pi'on l'abriquc les héroïnes de lonian el de théâtre, et qu'cni gàl(! l'ojiiîiion. Il en résidle dans I imagination pul»li(pie ini certain lype fabuleux du sexe féminin (pii ressemble aux demoiselles de ces messieurs, fenez, j'ai coriiiii un pelil jeune homme (pji élait fort glorieux d'avoir mis à mal {\n\\ ou trois seivanles d'aubeige, mais (pu se pliignail loiilt'l'ois (|ue les renmies

• O- llf:lic- i'i;l ili's il V II |ilii- iriiil ^iccll; Dlil-illlS liciillcoUli |iiiilii ilr Icili iirlliiiliU''/

FI-MMF.S r.ALANTFS, LKGRRKS. 451

eussent en général oiMiinie une oiloiir de ttMclinii. 11 ne viuihiil p:\s se marioi' à cause lie cela.

gB C'est la manie des femmes — lètfères — que de vouloir être estimées. ^. OcT. Feuillet.

JSj I.a pauvre négresse vendue comme esclave n'est- elle |)as au-dessus de la temme blanelie, qui se vend connue maîtresse?

S3 Ca femme qui ne laisse rien à désirer ne laisse rien à donner.

"•4® Les femmes mettent tant de cœur dans leurs moindres actions, qu'(!lles ne peuvent cire généreuses et compatissantes sans se compromettre.

An. i)'llorPETOT.

SB A voir certaines femmes du monde si sérieusement, si uniquement occupées à polker, à médire, caqueter, aller à l'Opéra, changer d'amant comme de feuilles de figuier, lorsqu'il y a tant de larmes à sécher autour d'elles, on se demande si ces êtres inutiles sont bien des femmes ; et, dans ce cas, si ce qui palpite sous leur mamelle gauche est fait de granit ou de chair.

A. (ÎUYARD.

^ Malheur à ces folles qui achètent une orgueilleuse joie au prix du déshonneur, et«qiii sont assez simples pour croire que l'avenir tiendra les promesses du présent! Etourdies, insouciantes, elles jettent à deux mains et en riant sur leur route pleine de soleil, leurs heures de jeunesse et d'amour, comme font les enlants des bluets et des pavots qu'ils ont butinés dans les blés, en cassant les épis. Mais la vieillesse vient pour la femme comme Phiver vient pour l'enfant. Plus d'ardeur, plus d'amour dans le cœur de la femme, comme plus de fleurs des moissons dans la robe de l'enfant. Au plaisir dévorant succède l'ennui, au luxe éblouissant la misère, à l'espérance le dégoût et le découragement... >^/ * * *

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