‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 113 sur 194 · DE LA CHUTE MORALE DES FEMMES · texte numérisé non relu

DE LA CHUTE MORALE DES FEMMES

F.T DES JUGEMENTS Qu'oN PORTE SUR LES FAIBLESSES FÉMININES

® 11 n'est rien pins sot, ne plus aysé à tromper que femme qui n'a jamais

nvme

® Je n'ay jamais sen femme trompée pour estre tardive à croire la parolle .les hommes; mais ony bien plusieurs par trop bien promptement adjouster foy à la mensonge. Marguerite de Navarre.

m Des violences qui se font à la conscience, la plus à éviter à mon avis c'est celle qui se laict à la chasteté des femmes, d'autant qu'il y a quelque plaisir corporel naturellement mesié parmy ; et à cette cause le dissentiment n'y penlt estre assez entier, et semble que la force soit meslée à quelque volonté.

Montaigne.

® Les hommes se sont-ils acquis, par la pureté de leurs mœurs, le droit d'attaquer celles des femmes?

® Les hommes ne sont pas tant en droit de blâmer les femmes ; c'est par eux qu'elles perdent l'innocence : hors quelques femmes destinées au vice dès Icm' naissance, les autres vivraient dans l'habitude de leurs devoirs, si on ne prenait, pas soin de les en détourner; mais enfin c'est à elles d'être en garde contre eux.

M'"* de Lamrert.

&B Quelle digue peut opposer la faiblesse d'une femme à la violence d'un amour qui veut tout, et qui peut tout? Saint-Réal.

^ Quelle sotte chose que l'opinion publique ! un homme de trente ans séduit une jeune personne de quinze, et c'est elle qui est déshonorée !

CnAMFOliT.

LES FC.MMRS D'APRES LES AUTEURS FRANÇAIS. ^ Les honnêtes gens aiment les femmes ; ceux qui les trompent les adorent.

IkAl MARCHAIS.

^ Un homme a séduit une fille par des promesses de mariage. S'il refuse d'épouser, c'est un homme qui a fait un vol dont il convient, et qui ne veut pas restituer. S'il épouse cependant, c'est un homme déshonoré, ruiné, malheureux pour le reste de sa vie. ïl est question maintenant de savoir lequel des deux il faut sacrifier, ou de son bonheur ou de sa parole. Son bonheur'.' Ce serait tout ce qu'on pourrait exiger d'un homme sûr de faire celui de la personne qu'il a séduite aux dépens du sien ; mais rien n'est plus certain. La question change donc, et ce que l'on demande réellement, c'est lequel des deux un homme doit sacrifier, de son bonheur ou de celui d'un autre, ou de sa parole? Il n'y a pas à balancer, sa parole; filles, méfiez-vous d'une promesse que la passion arrache, soyez sur vos gardes; hommes, n'avancez point de promesses, ne jurez que de sang-froid, et tout en ira mieux.

^ Ouo les hommes sont injustes ! Ils nous embarquent dans de fausses démarches, et ils nous blâment de les avoir suivis ; ils font des fautes mille fois plus lourdes, et ils les commettent impunément. Voilà leur avantage; tous leurs préjugés sont pour eux, tous les nôtres sont contre nous.

M'"' DE PUISIF.UX.

^Q Par certain malotru Lisette poursuivie , Appelle à son secours un passant généreux Qui lui prête son bras. Je crains, jeune imprudente, One l'aimable sauveur ne soit plus dangereux •

Que le rustre qui l'épouvante.

Pierre Lachambeaudie.

® Pour compromettre une femme, il ne suffit pas de Taimer, il faut lui plaire.

^ On fait dans les romans de si belles réputations aux séducteurs, (pi'un adolescent ne croit j)as avoir fait acte d'homme tant qu'il n'a pas trompé une femme. Ad. n'IIornETOT.

fî» Quaiul donc, s'écrie Raspail, scra-t-il reconnu qu'un homme (|ui a séduit une femme afin de se ménager le plaisir de la déshonorer soit plus déshonoré (|u'elle! Car enfin la femme ne mentait pas, et lui mentait; et le mensonge est un crime. Nous sommes donc bien encore à l'état sauvaue, nous (|ui honorons le menteur et inépris(uis Tètrcî faible qui eu a été la dupe.

£83 Je demande ;i Ions les malades que nu)n traitement aura guéris, ajoute Raspail, de nu- prouvci' leur reconnaissance en faisant lire aux filles trompées (pi'ils pnunoni découvrir les jiaroles suivantes :

i»i: i-\ cmiK MoiiM.K i»i;s ikmmks. 450

« Mes pauvres lilles, no mourez pas de honte, et ayez encore moins la pensée (le taire mourir avant d'être né le tVnil iunoeent d'un moment de laihlcsse on le menteur vous a surprises. Souvenez-vous tpie l'ojjinion publicjue paidonne la laute de la tille à la tendresse de la mère. Nourrissez votre enfant, élevez-le avec soin, ;iimez-le connue un petit être délaissé au berceau par son protecteur naturel. Je vais vous permettre une petite vengeance. Quand votre séducteur se >era marié pour épouser (piehpies «;ros sous que vous n'aviez pas, comme il aura des enfants moins beaux et moins foi ts (pie le vôtre, car les enfants du calcul sont loui(Un> laebitiqnes ou scrofnlenx, passez souvent devant lui avec le vôtre, alin (jn il compare ce qu'il a (juitté à ce qu'il a préféré. Apprenez bien ensuite à votre enfant qu'on n'est pas déshonoré pour avoir été abandonné par son père, parce ipu* nul n'est déshonoré pour le crime d'antrni. Honte à quiconipie lui reprocherait sa naissance et ne lui tiendrait nul compte de ses bonnes ipialités ! »

Puissent ces lignes se graver dans tous les cœurs ! . . .

® Quand tu aimeras une jeune fdle, songe bien que, si elle t'aime, elle n'aura

plus sa raison, et sois raisonnable pour que la folle ne devienne pas une coupable.

^ Uh ! n'insultez jamais une femme qui tombe !

Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe? Qui sait combien de jours sa faim a combattu? Quand le vent du malheur ébranlait leur vertu, Qui de nous n'a pas vn de ces femmes brisées S'y cramponner longtemps de leurs mains épuisées? G)innie au bout d'une branche on voit étinceler Une goutte de pluie oii le ciel vient briller, (ju'on secoue avec l'arbre, et qui tremble et qui lutte, Perle avant de tomber et fange après sa chute.

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