IVCII.TKS l\TKI.Li:( IIKM.KS
iiiiMiu' il K's ('uaifrail ; l'Iiommo ii'csl-il pas là avec sa raison pour les coiulnirc, l'I son hras pour los iléloiulii'".' (! est par le cœnv (pi'unc ItMiiim' s'élèvo au niveiui tli' la loroi' clu oouipai;ni>u de sa vie: t'csl par ralVrclioii (pi'il lui iuspirc (pi'il l'appelle juscpi'à lui, et (pi'eu relour il la tliiiue et la soulienl. liue raison clév(;l(»ppée en elle evelusiveuienl el sans niesuie romprait |)eul-èlre eelte dépenilance naturelle, sans lui donner la l'orée d'une créature indépendante. Elevées ainsi à la prétention plutôt qu'à la puissance de la liberté, en aspirant à se soutenir seules, à se eonduiri' elles-niènies, les l'ennnes ne réussiraient (|u'à perdre l appui et le guide que leur assure la loi de la création, et, privées bientôt aux yeux des hommes d un de lems plus grands charmes, elles seraient tout ensemble moins sages et moins aimées. Qu'auriez-vous l'ait de leur perrectionnement et de leur bonheur'.'
T:^ Les hommes ont re|)roché aux l'ennnes d'ignorer en tout ce (|U(; c'est (pie h\ méthode : ils ont eu raison. Par exemple, on voit aujourd'hui grand nond)re de femmes capables de prendre ])art aux discussions sérieuses qu'excite la situation i)oliti(pie des gouvernements; elles savent y jeter quelquefois une réilexion juste et lumineuse, une vue fmc et vraie : et pourtant, si l on |)ouvait sans sourire se re])résentcr l'une d'elles aux prises avec le positif de la [)lus |)etite administration, on la verrait toute déconcertée, tout empêchée ])ar ces diflicultés (jui, dans une praticjue |)rolongée, demandent une continuité d'attention au-dessus de la portée de presque toutes les femmes. L'inspiration leur révèle |)arfois des vérités dont l'application leur échappe, et s'il fallait à toute force qu'elles prissent [)art aux affaires publiques, elles vaudraient encore mieux jtour le conseil que pour l'exécution.
E^ Que les femmes soient plus portées à ces premiers mouvements qu'on rebise d'attribuer à la raison, en ce sens qu'elles soient moins raisonnables que les honnnes, cela ne peut guère se contester. Moins fortes, elles sont plus mobiles et ])lus impatientes. Leur vivacité les dispense souvent de l'examen auquel d ailleurs leur esprit n'est pas extrêmement propre ; car il persiste peu et ne pénètie jamais fort avant. Par suite de cette infériorité, et comme pour y suppléer, il sendjle cpie les objets qui les atteignent les touchent plus vivement. Le spectacle (|ui laisse à l'homme sou sang-froid, ou qui ne lui arrache qu'un médiocre intélél, l'ait couler leurs larmes, trembler leurs mains, battre leur cœur. Elles éprouvent le besoin de synq)athiser avec la joie, la souffrance, l'indignation; de prendre un rôle dans la scène qui se passe sous leurs yeux, et l'on est presque assuré qu'au premier abord d'une impression vive l'inaction leur est impossible : elles j)artent avant le teuqis, elles s'ébranlent avant le signal.
De là tous les caractères de leurs sentiments, et aussi de leurs vertus qui, se confondent souvent avec leurs sentiments. Toujours extrêmes et exclusifs, ceuxci, dès qu'ils sont en jeu, ne laissent guère à leiu- raison sa liberté; il est rare ipiellr sache jugei' leur ca-iu'. L impartialité est le moins commini de leurs mériles. Leur courage n est d ordinaire ([ue du dévouement; il leur maïupie, là on
•.>i LKS FI'MMl<:S D'AlMiÈS LUS AITKLIIS 1 UANÇAIS.
111' les aiiiiiit' ni le coiiiTOux ni la tendresse. Leur charité a que^iiie eliose dinvolontaire, (|ui tient plus eiuore de la passion que du devoir. Leur constance ne se soutient pas sans exaltation. Promptes à sacrifier leurs intérêts, jamais leurs sentiments, elles sont plus ca|)al)les de jiénérosité (jue de justice, car la justice est de toutes les vertus la moins enthousiaste . M"" de Hôiusat.
® On s'appuie de motifs assez plausibles pour leluser à la leumie le don du ^éuie. (letlc légèreté, ce babil indiscret, dit-on, qui la fait voltiger ou plutôt papillonner à la superficie de tous les objets, qui l'éblouit par léclat des choses préseules, rcnq)èc' e de percer jus(|u'au fond de leur nature ; cette IVivolité de goûts, cette versatilité éternelle d'idées et des penchants retiendra toujours la l'ennuc au-dessous de la perfection dans les sciences, les lettres ou les arts. Elle niaïKjue, a;oute-t-on, de cette vigueur de pensée, de cette suite de raisonnement, de cette méditation isolée de toute existence extérieure, qui seule peut creuser les sujets à fond. Aussi ne l'a-t-on jamais vue produire avec succès un l)oème épique, une tragédie, une découverte quelconque. Elle n'a pas, ainsi (pie Voltaire l'avoue, ce. germe d'invention et de création qui send)le ne se développer chez l'honmie qu'avec la faculté d'engendrer son semblable, et qui n'est même accordé (pi'à un |)etit nombre d'intelligences. Mais si elle ne s'élance pas à cette hauteur divine, dont la chute est d'autant plus dangereuse que l'élévation est plus sul)lime, le lot (pie la nalnic lui départit n'eu est pas moins brillant. Tout C(! (piil y a de gracieux, de délicat, ces traits lins, ces rappoiis déliés des choses, ce goût rapide et sûr, ce tact des convenances, et leurs nuances subtiles, ces aperçus d'une exquise sensibilité, cet art de démêler un ridicule, ce talent charmant de conversation ([ui sait deviner d'un coup d'œil, pénétrer les sentiments (pi'on se cache à soi-même, ouvrir, intéresser le cœur, tout cela n'est donné (|u'à la femme au plus haut degré. Elle est juge née de tout ce qui plaît, elle polit la société, elle adoucit nos habitudes farouches, (die donne du jeu et du touiau langage, elle oi'iie au moins de fleurs la trist(î carrière de la vie. Si d'ordiuaiic elle ira pas ces grandes vues, si nécessaires pour gouverner les Ktats: si elle se dirige souvent par des idées particulières; si parfois elle cède à des considérations de vanité, d'amour ou de haine; si un crime est moins impardonnable à ses yeux (pi'iin iidicul(! ; si le climpiant la séduil : si l'esprit de jalousie peut la icndrc injuste envers ses rivales; si souvent elle prélère un sémillant pelit-niailie à riiomme vertueux et iiiod(!s[e; enlin, si la co(pielterie est le fond essentiel (h; sou caractère, comme le soutenait la RocluToucanld, par combien d'aimables (pialités ne rachète-t-elh; pas ce (pii nous |»araît des dérauls".'
.1. .1. Vuu:v.
^ La majeme |iaili(' des femmes procède coimne la puce, par sauts e| par bonds sans suite. Elles échappent pai' la hauteur ou la profondeur de leurs premières idées, et les inlerruplions de leurs plans les lavorisent.
®3 L instinct chez les femmes éipiivant à la perspicacité des glands hommes.
!• A(.l l/H:s IM KI.I.IK'.TI KI.LKS. 95
t^3 l lU' lomiiu' (|iii a laisso ciitrcvoii' (|u Clic iumisc (>sI dus \ovs traitée |Oii omu'iiiie. — lu viiMi\ ir.oiisirui', dont j ai ouhlir le nom, disait : « Mélicz-voiis d un diMno>li(|iu' (|iii sait lire, il Unit lonjoiiis par lire vos Icltics. » Eh hicn, les liomuios Irailoiil avci- la iiiôiuo déliaiicc les rciuinos qui savent léllédiir : « Klles liiiissent toujouis par nous jni;er,» se disenl-ils. .M'"" E. dk (iiuAiiuiN,
0§B La l'euune est ind)écile par iialnrc. 11 semble que, pour conlre-halancer létuineule supériorité ((ue ses délicates perceptions lui donnent sur nous, \c ciel ail mis à dessein dans sou cœur une vanité aveugle, une idiote crédulité. Il ue s'agit peut-être, j)our seniparer de cet cire sï suhtil, si souple et si pénétrant, que de savoir manier la louauije et chatouiller ramour-[)ropre. Parfois les plus incapables d'un ascendant quelconcpie sur les autres hommes eu exercent un sans bornes sur l'esprit des femiiies. La flatterie est le jouj^ cpii courbe si bas ces létes ardentes et légères. G. Sand.
g8 Ce qui manque essentiellement à la femme est la méthode : de là le hasard introduit dans leurs raisonnements, et tro|) souvent dans leurs vertus.
£S3 Les fcuHîies ue méditent guère : penser pour elles est un accident heureux plutôt (ju'un état permanent. Elles se contentent d'entrevoir les idées sous la forme la plus flottante et la plus indécise. Rien ne s'accuse, rien ne se fixe dans la biunie dorée de leur fantaisie.
® Dans ses plus brillantes manifestations, le genre féminin n'a point atteint les liants sonmiets de la pensée, il est pour ainsi dire resté à mi-côte. L'humanité ne doit aux fennues aucune découverte signalée, |)as même une invention utile, ^'on-seulcment dans les sciences et dans la philosophie elles ne paraissent qu'au second rang, mais encore dans les arts, pour lesquels elles sont si bien douées, elles n'ont piodujt aucune œuvre de niaitre. Je ne veux parler ni d'Homère ni de Phidias, ni de Dante, ni de Shakespeare, ni de Molière. Mais le Corrége, mais Donatello, mais Delille et Gréti-y n'ont point été égalés par des femmes.
Daniel Stern.
ES Toute la philosophie qu'une femme par sa propre force peut acquérir : des à peu près, des analogies, de fausses ressemblances, des drôleries, des variantes tout au plus: mais rien de défini, ni analyse, ni synthèse, pas une idée adé(piafe, pas ombre d'une conception : à la connnandite des idées, la fenune n'apporte rien du sien, pas plus qu'à la génération. Etre passif, énervant, dont la conversation vous épuise comme les embrassements. Celui qui veut conserver entière la force (h; son corj)s et de son esprit la fuiia : elle est meurtrière.
g^ La fenune, malgré quelques prétentions assez hautement manifestées, ne philosophe pas. L'antiquité a eu son hypatie, le dix-huitième siècle ses esprits forts femelles, et nous en coimaissons qui, au lieu de repasser leurs collerettes, écrivent des commentaires sur Spinosa. Tout cela peut faire illusion à la nudtilude, qui sous le rapport de linlelligence se rapproche plus de la femme que
(le I lioiiiiiii'. Mais oi\ |)(miI toujours, dans le livre d'une lennne, après avoir re- Irantlic ce (|ui vient d'enipriint, d imitation, lieu comnuni et ^a"a])illage. l'econiiaitre le (|ni lui est propre : or, à moins cpie la nature ne vienne à ehan^erses lois, je puis dire ipu' ee rendu se réduit constamment, comme impression de lecture ou de conversation, à ({uehjues gentillesses, comme philosophie à rien.
®j La i'enmie na |)as d'ànie intelligente, dit un concile.
D'autres Aont jusqu'à refuser toute espèce d'âme à la femme'.
Hegel et Gœlhe remartjuent qu'il y a des esprits végétaux et des esprits animaux, et ils ajoutent que la femme appartient à la première catégorie. Qu'est-ce (|ue cela veut dire'.'
Si la femme, connue être i)ensant, a été maltraitée par les théologiens et les |)hilosoplies, elle l'a été encore plus par les écrivains de son sexe.
[.a fennne est imbécile par nature, dit George Sand, et sur ce |)riucipe elle établit la ligure d'Indkma.
® l'ailez d'amour à la femme, de synq)athie, de chai"ité,elle vous comprend; de justice, elle n'en reçoit mot. Elle se fera sœur de charité, dame de bienfaisance, garde-malade, dontestique et tout ce qu'il vous plaira, elle ne songe pas à l'égalité : on dirait qu'elle y répugne... Ce qu'elle rêve, c'est d'être, ne fût-ce (|u'un jour, une heure, dame, ])riiicesse, reine ou fée. La justice, (pii nivelle les rangs et ne fait aucune acce[)tion de ])ersonnes, lui est insupportable, (lonune son esprit est antimétaphysique, sa conscience est aniijuridique : elle le montre dans toutes les cii'constances de la vie.
^ Ce que la femme aime par-dessus tout et adoie, ce sont la distinction, les préférences, les privilèges.
^ Lu phénomène a étonné longlenq)s la raison des peuples et prosterné l'homme devant les superstitions de sa com|)agne. Je veux parler de 1 aptitude divinatoire de la femme. La femme, j)ar son irrationalité menu;, a (piehpu' chose de fati(li(jue. Partout on la trouve pro|)hétesse , devineresse , druidesse , sibylle, etc.., une vraie table touiMiante... //;<'.s.s<' quinctlam femi}ns sanrliim ali- (lUÏd el piovidum pulant^ dit Tacite (ri parlant des Ceiinains : ils pensent (pie les femmes ont en elles ipieUpie chose de dunn et de providentiel. On a cité ce passage en preuve des hantes piérogalives de la femme : c'est juste le coniraire ipii en résulte. Un il airive à une fennne comme à une clef, à un chapeau, à une baguette de coudri(!r, de découvrir une chose cachée ou perd\u', de traduire; avec plus ou moins de honheui' et; (jue pense celui ipii l'interi'oge, il y a plutôt de «|uoi la plaitidie (juc la féliciter. C'est le n)iroir <pii rèiléchit le soleil, le jnisine (pii en déconqxtsc les rayons : demandez ù ce miroir une théorie <lc la lumière, cl vous \erre/. ce (pi'il vous dira... V. ,]. PuoinnioN.
' \oil l'tllllllt'lc fll'x lil'llj: Xi'.li'H, riliiliiill dr (.irpniic, t'vc'illU', ili; llloi-.
K.vr.lLTÉS INTELLECTUELLES. 07
® Les femmes sont arlistos par tempérament. Comme lartiste, tout ce (jui brille les enivre: ooinnie l'artiste, le monde réel leur pèse; et de plus que l'artiste, elles possèdent une qualité éminente. L'arlisie, dans l'enthousiasme, dans l'amour même, ne voit cpie la gloire, c'est-à-dire lui. La femme, dans la gloire même, ne voit que l'anionr, ccst-à-dire un autre. Ernest Legouvé.
îS La femme est antipalliique à la logicjue : elle en a une horreur innée, instinctive. Qniconcpie veut la convaincre et venir à bout d'elle par le raisonnement est un ignorant ou un maladroit. Le vrai n'arrive à elle qu'en caressant quelque tibre sensible. Il trouve lintelligence fermée , s'il n'a préalablement passé par le cœur. La femme n'adhère au vrai que par l'amour. Elle le trouve aimable ou désagréable, elle le trouve surtout beau ou laid. Sous la forme logique, il a toujours pour elle ce dernier caractère. Il y a deux chemins pour arriver à elle. La persuasion qui va ait ca;ur, la conviction qui va à l'intelligence. Presque toujours ce dernier est prohibé. Bélouino.
® On ne voit pas tous les jours le bon sens et la raison sortir des lèvres dune jolie femme.
® Chez les femmes la folie n'a pas d'âge non plus que la raison; elles sont folles ou sages dès le berceau, P. J. Stahl.
® Les femmes ne se trouq)ent jamais que quand elles rélléchissent.
Ali'. Kahk.
^ Prend le premier conseil d'une femme et non le second : les fennnes jugent mieux d'instinct que de réflexion. Besciikuëlle Ai>iÉ.
.*5 iJ- ESPRIT.
® H ne peut y avoir de règle dans l'esprit ni dans le cœur des femmes, si le tempérament n'en est d'accord.
® L'esprit de la plupart des femmes sert plus à fortitier leur folie que leur raison. La Rochefoucauld.
® Une fenmie ne devient guère spirituelle qu'aux dépens de sa vertu.
M""' de Lambeht.
^ Une femme d'esprit peut trahir son devoir,
Mais il faut, pour le moins, qu'elle ose le vouloir. Et la stupidc au sien peut manquer d'ordinaire, Sans en avoir l'envie, et sans penser le faire.
MoLlEKE.
98 LKS FK.MMKS D'APKKS LKS AITKUKS FRANÇAIS.
^ I/liomine a le bon sens eu pai'ttige, mais, sur ma loi, res|)rit n'apparlioul qu'à la lemme. A l'égard de sou cuour, si les plaisirs qu'il nous douue étaient durables, ce serait un séjour délicieux que la terre. Nous autres hommes, nous sommes jolis en amour ; nous nous répandons en petits sentiments doucereux ; nous avons la marotte d'être délicats, parce que cela doime un air plus tendre; nous Faisons l'amour réglementairement tout comme on l'ait une charge. Nous nous faisons des méthodes de tendresse ; nous allons chez une femme, pourquoi ? Pour l'aimer, parce que c'est le devoir de notre emploi. Quelle pitoyable laçon de l'aire! Une femme ne veut être ni tendre, ni délicate, ni fâchée, ni bien aise ; elle est tout cela sans le savoir, et cela est charmant. Regardez-la quand elle aime, et qu'elle ne veut pas le dire, nos tendresses les plus babillardes approchent-elles de l'amour qui passe à travers son silence? Sans l'aiguillon de l'amour et du plaisir, notre cœur est un vrai paralytique : nous resterions comme des eaux dormantes, qui attendent qu'on les remue pour se rennier. Le cœur d'une femme se donne sa secousse à lui-même; il part sur un mot qu'on dit, sur un mot qu'on ne dit pas, sur une contenance. Elle a beau vous avoir dit qu'elle aime, le répète-t-elle, vous l'apprenez toujours, vous ne le saviez pas encore ; ici par une impatience, par une froideur, par une imprudence, par une distraclion, en baissant les yeux, en les relevant, en sortant de sa place, en y restant ; enfin c'est de la jalousie, du calme, de l'inquiétude, de la joie, du babil et du silence de toutes couleurs : le moyen de ne pas s'enivrer du plaisir ([ue cela donne? le moyen de se voir adoré, sans que la tête vous tourne? Tous les amants ont la vanité de se croire des prodiges, et ne sont que des sots ; leur mérite les étonne. Ah! qu'il est mortifiant d'en rabattre; c'est pourtant ce (pi'ils font tous les jours; l'honmie prodigieux disparaît, et la dupe se montre.
^ Nous avons deux sortes d'esprit, nous autres femmes. Nous avons d'abord le nôtre, qui est celui que nous recevons de la nature, celui (pii nous sert à raisonner, suivant le degré qu'il a, qui devient ce qu'il j)eut et qui ne fait rien qu'avec le temps.
Et puis nous en avons encore un autre, qui est à part du nôtre, et qui peut se trouver dans les femmes les plus sottes; c'est l'esprit que la vanité nous donne, et qu'on appelle, autrement, la coquetterie.
Oh! celui-là, pour être instruit, n'attend pas le nombre des amu'u^s, il est fin (les (|u'il est venu; dans les choses de son j'cssort, il a toujours la théorie de ce (pi'il voit mettre en pratique. C'est un enfant de l'orgueil, (pii naît tout élevé, (|ui niaufpie d'abord d'audace; mais qui n'en pense pas moins. Je crois (pi'on peut lui enseigiuM' des grâces et de l'aisance; mais il n a|)|)i'end (jue la forme et jamais le fond.
^ I>a plupart des feunn(ïs (pii ont b(>auroiq) d esprit ont un cerlaini; façon d'en avoir qu'elles n'ont pas natm'ellenieni, mais (pi'elles se doiment.
BtS l'ersonn(; ti a pllis d'esprit (pic les jolies femmes, (piainl elles en ont un
F.Vl.n.TKS INTKM.Ki.TIKIJ.KS. 99
|>eii. Les hommes no savent pins iilors la valeur de ce qu'elles disent; en les «Voûtant parler, ils les roiiardenl, et ce (piellos disent profite de ee qu'ils voient.
Marivaux.
® lue des raisons qui doivent l'aire estimer les l'emmes qui l'ont usage de leur esprit, e'est que le goût seul les détermine; elles ne clierelient en cela qu'un nouveau plaisir, et e'est en quoi elles sont bien louables. Voltaire.
f^ Voulez-vous donner de lespril à la plus ingétme : enl'ermez-la.
Beaumarchais,
f^ Les femmes ont l'esprit léger, prompt, fugitif, et peut-être tout autre leur <iérait-il moins bien.
S3 L'esprit des femmes est comme le jardin d'Eden, qui produisait de fort beaux fruits sans avoir besoin de culture. Sanial Dup.ay.
^ On ne peut contester à la femme de l'esprit, de la grâce, de la délicatesse, un tour lin et animé du charme de son sexe, dans tout ce qui sort de sa plume, de son pinceau, etc. Elle nous surpasse à cet égard, et il y plus de femmes d'es- |)rit que d'hommes d'esprit; car, d'après la manière dont nous concevons cette qualité, son sexe v doit avoir l'avantage par sa vive sensibilité extérieure, par sa mobilité, le piquant et la finesse de ses réflexions ; la femme sent mieux que nous les rapports des convenances et des disconvenances ; elle observe de plus près les détails, elle a plus d'aptitude à se plier à tout. Mais, enfin, comme elle a moins de force d'organisation, elle doit céder à l'homme la supériorité au moral comme au physique. De même que sa voix est d'un octave moins grave que celle de l'homme, de même ses idées semblent être plus aiguës et plus légères; et, selon la comparaison de Sainte-Foix, elle a des idées roses, tandis que celles de l'homme sont d'une teinte plus foncée, pour ainsi parler. J. J. Virey.
^ Un Italien a plus d'esprit qu'une Italienne. Un Espagnol a plus d'esprit qu'une Espagnole. Un Allemand a plus d'esprit qu'une Allemande. Un Anglais a plus d'esprit qu'une Anglaise. Un Russe a plus d'esprit qu'une Russe.
Un Grec a plus d'esprit qu'une Grecque. Mais une Française a plus d'esprit qu'un Français.
Hâtons-nous de dire que nous ne parlons pas des hommes d'esprit, des hommes supérieurs de France.
^ Dans le monde on cxcliil la jeunesse de l'àme :
On veut que la langueur soit l'amour d'une fenini(;;
On la juge insensible alors qu'elle sourit :
On ne croit pas qu'elle aime en gardant de l'esprit.
M""' E. DE GiRARDIN.
ES II faut que l'esprit des leinmes soit plus délicat, plus observateur (pie le nôtre, que leur tact ait plus de finesse et de rapidité; car elles sont bien plus promptes à se familiariser avec les usages, les exigences de la société ; elles semblent les deviner plutôt que les apprendre. Cette sorte de sentiment inné des convenances manque trop souvent aux bommes, à ceux même qu'une brillante éducation rend recommandables sous tous les rapports. Ce n'est que près des fenimos qu'ils peuvent se polir, et donner à leur commerce intime cette aménité qui répand tant de cbarme dans les rapports sociaux. II. Raisson.
^ Une femme d'esprit a grand'peine à être toujours et tout à fait bonne, quand elle y réussit, elle a un grand mérite.
S3 On peut tout dire à une femme d'esprit quand on sait parler et se taire.
^ Trop d'esprit peut faire faire à une femme bien des sottises. Trop de cœur ne peut guère lui faire faire que quelques-unes de ces adorables bêtises qui font d'une femme ce qu'on appelle une bête du bon Dieu.
S^ L'esprit d'abstention n'est pas généralement l'esprit des femmes.
^ Il Ji'est pas indispensable qu'une femme soit bossue pour avoir de l'esprit, comme on dit qu'en ont les bossus. Il lui suffit d'être laide. La laideur, le manque de beauté, ont une telle influence sur la vie d'inie feunne du monde, qu'il est rare que ce défaut ne développe pas cliez elle les qualités d'esprit et de malice qui distinguent les bossus. « Je vous affirme (|ue, étant jeune, j'étais fort bête, me disait un jour luie femme qui n'était plus ni jeune ni bête; j'étais presque jolie. J'ai eu la maladresse d'avoir à dix-huit ans la petite vérole, qui m'a fait, à la place des yeux passables que j'avais, les petits yeux impossibles que voici. Pour comble de disgrâce, à dix-neuf ans, il me poussa des moustacbes. Je commençai par en rire, je finis par en pleurer ; car ces hideuses moustaches, au lieu de rester à l'état d'ombre et de duvet, prirent bientôt des j)ropoitions formidables. Mon esprit dut naître et grandir avec elles : il fallait bien les défendre. El ce n'était pas facile. Un rasoir n'y eût pas suffi, »
Sa langue, plus affilée qu'un rasoir, y suffisait, et de reste.
L'esprit n'est pas indispensable à une femme. 11 en est un grand nombre qui parviernient, ù force de mesure et de ce tact qui manque souvent aux femmes d'esprit et presque jamais aux femmes de cœur, car le tact est une des qualités du cœur; il en est un grand nombre qui parviennent sans esprit, sans ce qu'on peut appeler de l'esprit, à ne jamais dire ni faire une bêtise, à être d'exquises créatures tout bonnement. C'est à cpioi n'atteindrait jamais une femme cpii n'aurait (pie d(î l'esprit.
Une fcnuue (pii n'a que du cœur peut suffire ;'i hml. Une feunne (|ni na (pude l'esprit peut n'éti'e pas bonne à grand'chose. Je dirai même (ju'il y a des leninu's (jui ont tant de ((i-ur, (pie personne n a jamais pu s'apercevoir (pi'elles manquassent desprit. l». J. Staiil.
F.VCI LTKS LNTKLLECTl ELLES. iOI
fS3 II tant quiiiu' roiiiiuo soil dôcidénioiit sotio pour n'avoir pas plus d'ospril qu'un homme qui en a beaucoup, touclianl les afl'aires du cœur. '
OoT. rEuii.i.Er.