‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 137 sur 194 · CHARITE · texte numérisé non relu

CHARITE

^ La charité! comment ne pas l'envisager religieusement! Dieu n'est-il pas amour ou charité, selon l'Evangile! n'est-ce pas son essence même qui se manifeste à notre cœur sous ce nom si doux? La charité, à cette hauteur, c'est l'amour de Dieu pour ses créatures, pénétrant, traversant chacune d'elles, les attirant toutes les unes vers les autres et vers lui.

Les femmes, et j'entends ici les ])lus fidèles à leur nature, les femmes sont animées du feu sacré de la charité, dans le sens le plus étendu de ce mot. C'est un sentiment toujours vivant au fond de leur âme, sans intermittence, sans lacune; il les suit au milieu du monde où elles cherchent à calmer les esprits aigris, à mettre à l'aise les amonrs-[)i'()j)res, à détourner telle im|trcssion j)énible d'un cœur souffrant. Il m; les quitte point sous le toit d()niesti(pie, et là où les affections individuelles sont lelIcmcMit vives (prdles ne semblent jtas |»ouvoir laisser de plac(! à un sentiment plus nnivcMscl, le doux caraelère de la charité se reconnaît encore. Il corrige l'inégalité de nos attachements, il en tempère l'ardeur souvent tro|) passionnée, et adoucit ce cpi'il y a parfois d'àpre et dirritanl dans le besoin crémouvoir l'objet qu'on aime.

Ce n'est pas quand on croit aciietcr le ciel, que le mouvement île la charité a le |»liis (b; beauté et produit les effets les plus salutaires. S'il émane de Dieu, il nous fait jtartager sa nature, il nous force à lépaudic hors de nous le bonheur, il nous associe à la vie d(!s anges, (pii, déjà parvenus à la félicité suprême, n'cspèifiil lien de plus (jiu! d'adorer le Créateur et de voler au secours

(il.ANKS :)%

des créaluios soutïranlos. La joie (ju ils mil [loiir iiii pécheur qui s'anieude, nous léprouvons avec eux, et j>éc!ieurs iioiis-uièiues, trop coupables pour avoir aucune réconïpeuse à réclauier, uous pouvons néanmoins aspirer à rétablir (|uclques Irails (le Timaiie de Dieu dans notre ànie. Kt ce trait si éclatant dans le Dieu (ait liouune, cette charité céleste toute rayonnante dans le Sauveur, n'esl-il pas celui dont iu>us pouvons le mieux présenter un pâle rellet? S'il nous est accordé d'y réussir, c'est un sujet do plus de reconnaissance; ce n'est [)as un titre pour rien obtenir.

La charité envisai^ée ainsi est une i)uissance qui nous domine. înq)osée i)ar l'ordre de Dieu, elle est une loi, elle est un devoir ; mais considérée en nous, c'est un sentiment, une passion mémo : affection ardente et calme, fhunnu; Iraïupiille et brillante ipii émeut notre cœur sans l'agi tei', qui emprunte aux penchants naturels leur vivacité, leur vigilance, leur sollicitude, en gardant la pureté et la paix du ciel. M""" Neckeu de Saussuue.

Page 1