‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 14 sur 194 · PARALLÈLE MORAL ET INTELLECTUEL DES DEUX SEXES · texte numérisé non relu

PARALLÈLE MORAL ET INTELLECTUEL DES DEUX SEXES

^ Les masles et les femelles, dit Montaigne, sont jetiez en niesme moule : sanf l'institution et l'usage, la différence n'y est pas grande. Platon appelle indifféremment les uns et les autres à la société de toutes études, exercices, charges, et vacations guerrières et paisibles, en sa république : et le pliiloso|die Antisthènes ôtoit toute distinction entre leur vertu et la nôtre. Il est bien plus aisé d'accuser un sexe que d'excuser l'autre ; c'est ce qu'on dit : « Le fourgon se moque de la paële. »

Cette opinion de Montaigne a été admise par de grands esprits.

^ Dans tous les climats, dit Sainl-Lambert, l'iiounne et la femme naissent avec les mêmes instincts; mais dans tous les climats l'opinion établit des habitudes qui changent la nature.

iS3 En tout c(; qui ne tient pas au sexe, dit Jean-Jacques, la fenmie est homme : elle a les mêmes organes, les mêmes besoins, les mêmes facultés, la machine est construite de la même manière ; les pièces en sont les mêmes, le jeu de l'une est celui de l'autre, la figure est sendjlnble et sous (pielque ra|)[)()rt qu'on la considère, ils ne diffèrent entre eux que du plus au moins.

®3 Le génie n'a pas de sexe, dit madame de Staél.

Jusque-là les |)aioles de Montaigne semblent avoir force de loi : mais, patience! n{»us arriverons peut-être à trouver des restrictions, des dissidences, voire même des négations formelles. Poursuivons :

gs3 Quand les femmes ont du génie, je leiu' eu crois l'empreinte plus originale (pi'eii nous. DinEROT.

iH'i Les lenunes, |>()ur l'ordinaire, nées av(>c des organes plus déliés et moins robustes (pic les liuinmcs, sont plus artificieuses et moins Icubarcs. (Ida est si \rai (pic, dans mille criiiiinels qu'on exécute à mort, à peiiu' tiouve-l-on tiois on «piaire fenmics. Il est vrai qu'on icnconlre (piebpies robustes héroïnes aussi

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ciiiollos (lue I05; honmies, mais ces cas sont assez rares... Je crois bien (|iie lie cent jeunes leiunies ijui ont de vieux maris, il y en a (juatre-vinj;l-dix-neul, au moins, qui souhaitent sincèrement leur mort, mais vous en trouvez à peine une (jui veuille se charger ilenipoisonner celui dont elle voudrait porter le deuil.

SS I.e physit|ue jxouverno toujours le moral. Les femmes étant plus faibles de corps (jue nous, ayant plus d'adresse dans leurs doigts, beaucoup plus souples (|ue les nôtres: ne pouvant guère travailler aux ouvrages pénibles de la maçonnerie, de la char|)ente, de la métallurgie, de la charrue; étant nécessairement chargées des petits travaux légers de lintérieur de la maison et surtout du soin des enfants, menant une vie phis sédentaire; elles doivent avoir plus de douceur dans le caractère que la race masculine; elles doivent moins connaître les grands crimes : et cela est si vrai, que dans les pays policés il y a toujours cinquante hommes au moins exécutés à mort contre une seule fennne. Voltaire.

® Les honmies ont plus de génie ; les femmes plus d'esprit. J. J. Rousseau.

^ Les femmes, à qui la nature a domié une imagination plus vive et un cœur plus sensible, les femmes dont tous les désirs sont plus impétueux par la contrainte même qui les irrite, dont l'àme se soulève plus contre les obstacles par le sentiment même de la faiblesse, sont par là plus susceptibles des tourments d'une passion malheureuse, de ces orages du cœur qui le bouleversent et le précipitent en un instant, par un flux et reflux rapides, vers toutes les extrémités contraires. Ducis.

ES Dans les temps modernes, beaucoup d'écrivains et surtout des Italiens du seizième siècle ont publié une foule d écrits où l'on discute gravement auquel des deux sexes appartiennent la supériorité et le premier rang. Quelques-uns de CCS ouvrages sont tissus d'injures, mais la plupart sont dictés par l'adulation, qui est une autre espèce d'injure. Ces discussions puériles, qu'on ne peut considérer que comme un jeu d'esprit, sont au moins un temps perdu; or, après la vertu, le temps est la chose la plus précieuse.

Le christianisme, en accordant aux deux sexes les mêmes avantages spirituels, les place sur la même ligne dans l'ordre de la grâce. « Vous êtes tous enfants de l)ieu par la grâce de Jésus-Christ. Il n'y a plus maintenant ni de juif, ni de gentil, ni d'esclave, ni de libre, ni d'homme, ni de femme, mais vous n'êtes tous qu'un en Jésus-Christ. »

Saint Grégoire de Nysse veut que les deux sexes soient également honorés, car ils pratiquent les mêmes vertus, soutiennent les mêmes combats, attendent les mêmes réconq)enses.

Théodoret n'admet aucune différence entre l'homme et la femme j)our les qualités intellectvielles, et la tradition tient le même langage. Saint Irénée, mais sin-toul saint Ambroise, se sont constitués les apologistes des femmes. En comparant la faute du prcmiei- homme à celle de la première femme, est-il surprenant,

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(lit ce (leniior, (juc le sexe le plus faible ail l'ait une chule, quand le plus fort ne l'a pas évitée? La faute de la fenuiie est en quekjue sorte excusable, celle de l'homme ne peut l'être d'aucune manière.

Fordyce ne fait que répéter ce que dit saint Ainbroisc, en reprochant à Adam de rejeter sa faute sur Dieu et sur son épouse.

Dans l'Église primitive, le mépris et l'indignation ilôtrirent les Sévériens, qui prétendaient que les femmes étaient l'œuvre du démon. On a cependant recueilli quelques passages des Pères et d'autres ascéliques tels que Buqnet, qui parlent des femmes d'une manière défavorable; mais il faut considérer (pi'aux épocpies et dans les pays où ils écrivaient, ils avaient à combattre un libertinage effréné et autorisé par le paganisme ou par l'opinion. Au spectacle d'une dépravation monstrueuse ils opposaient la pureté des vierges chrétiennes, la sainteté du lien conjugal, et réclamaient énergiquement les droits de la pudeur alarmée. A^oilà ce qui faisait dire à saint Jérôme qu'il fallait aimer également toutes les fennnes ou les haïr également. Ils enseignent à les respecter, et leur recommandent de se respecter elles-mêmes.

Ces observations s'appliquent à d autres passages des Pères; par exemple, du même saint Jérôme, de saint Basile, de saint Ambroise, de saint Grégoire de Nazianze. 11 se récrient contre les moyens de séduction jtar lesquels la vanité et la lubricité des femmes tendaient des pièges à l'autre sexe. Plusieurs conciles ont lait des décrets dans le même sens. Tel est celui de Strasbourg en 1420, })Our réprimer l'abus de vêtements dispendieux et messéanls des fennnes.

Dans la société- circulent une foule d'anecdotes ridicules, inventées par la méchanceté, et répétées par la crédulité. Tel est le conte débité j)ar Sainte- Foix sur le second concile de Màcon en 585 an(iuel il inq)ute d'avoir discuté, si le sexe féminin appartient à l'humanité, accusation digne d'être reléguée avec celle qui attribue à saint Bernard d'avoir promis dans le ciel autant d'arpents (pi'on lui en donnerait sur la terre.

Voici le fait :

Un évêque très-ignorant ou très-irrélléchi intercale dans une discussion le doute si la fennne peut être appelée homme. Un s'empresse de lui rappeler le texte biblique, portant (jue Dieu créa l'homme et la fennne. Alors l'évêquc t>c tut, (juievit. Tel est le récit d'ilardouin d'après Grégoire de Tours.

Mais, au lieu de vérilier le texte, un littératem', d'ailleurs distingué, M. Vieunet, brodant ce canevas, assure de nouveau «(pie la discussion hit agitée dans le concile |)<Mi(laiit |)lusienis séances; (pie la discussion hit très-vive, et (pie les avis furent très-longuement partagés avant de décider en faveur du b(>aii sexe. » il n'y a pas là un mot de vrai. Tenez ptuir ccilain (pie ce l'ait ainsi aniplilié, travesti, réj)été par M. Vircy dans le Dictionnaire des scii'twes médicales^ le sera de nouveau dans d'autres ouvrages. La vérité est calme et ne proviwpie pas le rire; on y substitue un récit romanesque (jui amuse.

Ghégouu;, évê(pie de Blois.

wciii': i)i'. ^ Arvi 11.1,1

^JiSiSS^

BLANCHE DE CÂSTILLE

— l|S7-12:ii —

Ce fut un deuil général en France, lorsque, le 1°' déten)I)re 1550, la régente succomba lout-ii-coup après cinq jours de maladie, à làge de soixanle-cinq ans. Ulanclie de Caslille esl une des plus nobles et des plus belles figures de noire histoire, et nous sommes loin de la tlatterie en disant, avec Guillaume de Nangis, « qu'elle fut la plus sage de toiUes les /n»»u> el celle avec qui toutes sortes de bénédictions entrèrent au royaume de France. »

.MeNiNeche I , Histoire de France.

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