PAHALLKLK DES DEUX SEXES
fSB Existo-l-il vraiinonl des iacnltés d'uno nature parliculièrc chez les ienimes? Non, sans doute, dans un sens absolu. Les dons de l'ànieel de l'esprit sont essentiellement les mêmes dans les deux sexes, et il n'y a de différences que dans les proportions. Néanmoins, à travers des variatiims infinies, ces différences sont assez constantes pour devenir faciles à signaler. .Mais on peut toujours se demander ce qu'il y a sous ce rapport de nécessaire ou d'innnuahle, et ce qu'il y a d'accidentel : la question n'est pas aisée à résoudre.
® Nous sommes loin de nier l'infériorité des femmes; mais les accuser d'incapacité dans quelque genre que ce soit, c'est parler d'après une expérience peu décisive ou d'après une analogie qui peut tromper. Un fait dont on n'a pas assez tenu compte, c'est la parfaite égalité intellectuelle des jeunes filles et des jeunes garçons pendant tout le temps où on les élève ensemble. On leur voit prendre le même intérêt à toutes les branches de leurs études, et les cultiver avec le même succès; l'inégalité entre eux ne commence que du moment où l'un des sexes vient à recevoir une instruction plus forte que l'autre. Les explications qu'on adonnées de ce fiùt ont-elles la même portée que le fait même? c'est bien douteux.
M"" Necker.
® L'homme seul contemple toutes choses dans l'univers; la femme ne saisit que les détails. Les hommes l'emporteront toujours sur nous, leur nature est supérieure à la nôtre...
Supérieure en quoi?... Plus livrés f.ux passions sensuelles, ils ne sont ni plus religieux, ni plus dévoués, ni plus vertueux, ni peut-être plus spirituels que nous ; et cependant nous les sentons faits pour être nos maîtres. Leur moi est plus fort que le nôtre.
® Comme créature intelligente, la femme n'est pas différente de l'homme,. Elle possède sans doute à un moindre degré les mêmes facultés : mais elle les possède, et c'est assez pour qu'elle mérite qu'on les exerce ; leur nature étant commune, leur loi doit être la même; pourvue des mêmes moyens pour connaître et remplir les conditions de son existence, l'éducation d'une femme ne doit pas différer essentiellement de celle de l'homme, du moins quant aux principes. En sa qualité d'être doué de raison, d'être moral et libre; parce qu'il est raisonnable, son éducation, si elle est raisonnable aussi, ne peut que voulon' se conformer à sa nature, en assurant sa moralité par l'empire de la raison sur la liberté.
La femme est raisonnable, puisqu'elle a la notion du vrai et du, faux; elle est admire, puisqu'elle a le sentiment, sinon la connaissance, du bien et du mal, elle est libre enfin; et que ce mot si redouté n'e.xcite aucune alarme, puisqu'elle nésigne que cette liberté niée des seuls inqiies et définie par L^ossuet le « pouvoir de vouloir ou de ne vouloir pas. » Pourquoi donc laisserait-on sa raison sans aliment, sa conscience sans lumière, sa liberté sans règle? sur quel fondement lui refuserait-on la vérité? La vérité est la loi de l'âme, et jamais la suppression des lois n'^ d'autre effet que l'oppression ou la licence. En effet, nous voyons que
lOf) m:s ikmmes d'apkès les aitkirs français.
i('ii\ (jiii ont ainsi tenté de dégrader ou do délier la raison des femmes ont presque réiissi à en l'aire tour à tour des esclaves ou des révoltées. C'est le vice des systèmes d'éducation adoptés jusqu'à présent pour elles. Par je ne sais quelle crainte de leur avenir, on a négligé, la j^lupart du temps, de leur donner ce qu'il faut de l'oice morale pour les circonstances difliciles ou imprévues : \me précipitation paresseuse se hâte d'inculquer aux jeunes fdles quelques habitudes dont on leur cache les raisons. On ne les avertit de rien, on les jjréserve soigneusement do toute expérience. La vanité maternelle, si délicatement ombrageuse, voudrait éviter à l'enfant toute occasion d'agir en sens opposé des qualités qu'elle lui souhaite: et, repoussant les épreuves, elle se contente de nourrir son àme d'une morale prise généralement dans des conventions qui manquent do puissance et de vie. Pres(jue toutes les mères préfèrent les préceptes aux princij)es; en dictant à leurs fdles ce qu'elles ont à faire, elles aiment mieux se servir du mot il faut, (pii ne s'adresse point à la raison, que du mot vous devez, qui n'est compris que d'elle. L'cmjiloi habituel de l'une ou de l'autre de ces expressions peut changer tout un système d'éducation.
® La femme est sur la terre la compagne do l'homme, mais cependant elle existe pour son propre compte, elle est inférieure, mais non subordonnée. Le souffle divin qui l'anime et qui, par son immortalité, l'appelle à la progression, la connaissance du mal, le sentiment du devoir, le besoin d'im avenir, tous ces dons accordés aux femmes aussi bien qu'aux hommes, leur permettent de revendiquer une certaine égalité, et ])euvent exjdiquer en j)artio cette sorte do supériorité relative tant prônée par quelques déclamaleurs. Mais, pour toutes les choses de celte vie, l'homme a été doué d'une portion de force et dévoué à une sorte d'activité refusées à sa compagne. Tout indique que, dans nos rapports avec ce monde, notre destinée nous place sans appel au second rang. Une construction physique plus délicate et plus fragile, un continuel besoin de secours matériel et do lion moral, nos (pialités comme nos défauts, notre faiblesse connue notre force, tout indique (juo la solitude, qui n'est point botnie pour l'homme, serait mortelie |)our la femme. Cette déj)endance est un signe certain d'infériorité.
^ En nous lappolant à cette infériorité, notre condition sur la terre, hommage doit otro rendu on nous aux dons spininols (pio Dieu l'ait à ses créatures. Ciîi', à moins de rofnsor aux feinnios tout scnliniont uu)ral, à moins do j)rétondic (ju'ollcs n'ont ni raison, ni volonté, ni liboité; enfin, à moins de leur refuser la naliu'o humaiiu!, j(! no vois aucun motif do les traiter moins séri(Misem(!ul (pu; les honunes, de leur dénatuicr la véiité sous la l'orme d'un préjugé, le devoir sous ra|)par(;nce d'une superstition, poui' (pi'ollos accoptoul et le dévoile! I;i vriité. l'ilhîs ont droit au devoir, elles ont droit à la véiité, puis(prellos .sont capables do l'un et de l'auli-o. Nul n'est fondé à leur ravir le privilège d'obiir à la loi divine révélée! par la raison. Déponillor les fonnnos do cotto facullé (•'(•si vinici' la voioiilf'' de Dieu en dégradant son ouvrage. M"" m: Hkmiîsat.
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go Non-seulemonl rinférioritc iulellcctiiellc de la femme est avérée, avouéq : celte infériorité est oiganique et latale.
L'humanité ne doit aux ieuunes aucune idée morale, [jolitique, philosophique; elle a marché dans la science sans leur coopération. Elle n'en a tiré que des oracles. Lrt bonne aventure, ô i]uél
SS Enire la foniine et l'homme il peut exister amour, passion, lien d hahitude el tout ce (pion voudra, mais il n'y a pas véi'itahlemenl société. L'homme et la femme ne vont pas de compagnie. La différence des sexes élève entre eux une séparation de même nature que celle que la différence des races met entre les animaux. Aussi, bien loin d'ai)j)laudir à ce que l'on appelle aujourd'hui émancipation de la femme, inclinerais-je bien plutôt, s'il fallait en venir à cette extrémité, à mettre la fennne en réclusion. Le droit de la fennne et ses rai)ports avec l'homme sont encore à déterminer ; toute la législation matrimoniale, de même que la législation civile, est à faire.
® Parce qu'elle reçoit tant de charmes, qu'elle n'est rien que par l'homme et par l'amour, la femme ne peut aller de pair avec l'homme : ce serait une dénaturation, une confusion de sexe, et nous avons appris où cela mène...
® Inférieure à l'honnue par la conscience autant que par la puissance intellectuelle et la force musculaire, la femme se trouve définitivement, comme membre de la société tant domestique que civile, rejetée sur le second plan. Au |)oint de vue moral, connue au point de vue physique et intellectuel, sa valeur comparative est encore comme 2 est à 5. P. J. Proldhon
^ Les premiers mouvements des femmes sont presque toujours meilleurs que ceux des hommes. Beauchène.
ëg Comme mères, amantes, créatures sensibles et secourables, les femmes l'emportent sur nous.
® Est-il bien prouvé que, si les deux sexes étaient soumis à cet égal examen, nous aurions un urand avantage sur les femmes? De Séguiî.
^ Tous ceux qui ont écrit sur l'égalité ou la prééminence des sexes ont souvent erré en les déplaçant. La main (pii a ordomié ce vaste univers assigna à chacun son rôle. Chacun naît pour un but qu'il doit remplir: s'il s'en écarte, il nuit à l'ordre général ; il en est puni, par cela même (pi'il manque aux lois éternelles, d'où naissent l'ensemble et l'harmonie que la nature ne laisse point violer im|)unément.
e^ IJuoique je me plaise à soutenir la cause des femmes, je ne leui accorde point une supériorité que la nature leur avait refusée; je ne veux que leur consener le rang qu'elles doivent occuper dans la société, en démontrant qu elles en sont le charme, comme nous en sommes l'appui. G. Legouvé.
lus LES FEMMES D APRÈS LES AUTEURS FRANÇAIS.
® Combien la fciiinie surpasse 1" homme dans la sensibilité du cœur !
^ Nous connaîtrons, par les dispositions naturelles de la femme, quels goûts elle doit introduire dans toutes les choses où elle exerce son influence. Le sexe laihle recherche lagréable et s'adresse au sentiment, le sexe fort s'attache à l'utile et parle à l'intelligence; celui-ci veut instruire ou donner, l'autre veut charmer ou séduire ; l'un aspire à la renommée, l'autre au plaisir. Autant Ihomme considère l'espèce et les choses générales, autant la femme s'attache à l'individu et se fixe à des objets particuliers. L'un se plait dans une courageuse indépendance, l'autre préfère un doux servage ; celle-ci affecte de la linesse et des détours où celui-là met de la franchise et de la simplicité.
Chacun d'eux n'envisageant les objets qu'à sa manière, ne les voit point en tous sens, et, par une relation admirable, les deux sexes ont besoin d'être unis pour acquérir une parfaite idée des choses. Tout ce qui s'y trouve de fort, de vaste, de sublime est mieux aperçu ])ar l'un ; tout ce (|u'il y a de délicat, de gracieux et de fin, est mieux senti par l'autre.
Lafenmie, cette fleur de la nature, rassemble tout ce qu'il y a déplus tendre, de plus séducteur, de plus ravissant sur la terre, mais l'homme seul est capable des brûlants transports du génie ; il règne par la pensée ; son empire est l'univers, son besoin est l'immortalité.
^ Par rapport au caractère et même à l'esprit, on trouve moins de dilférence de femme à femme que d'honnne à homme : elles se tiennent plus près de leur nature ([ue nous de la nôtre; la civilisation semble fortilier leurs penchants, tandis qu'elle tend à diminuer les nôtres. En effet, nous cherchons l'indépendance, tandis (|u'olles aiment à donner et à recevoir un doux esclavage. L'homme veut régner par l'autorité et la valeur ; la fennnc nous enchaîne par les nœuds et les replis de mille affections. Nous tendons à généraliser notre existence; elle, à la particulariser : nous aspirons à la gloire; elle, à la félicité domestique. Enlin, l'honnne ressemble |)eut-èlre à laitière Injure, qui, selon Homère, marche sur la létc des mortels : la fennne, aux molles Prières, qui la suivent en se courbant pour réparer ses outrages. VniEV.
® Certes, en éneigie éclatante, en |)uissance de conception, en hardiesse, en force de raisoiminnent, la femme est inféiieure à l'homme. Mais son courage doux et ferme, mais sa compréhension facile, mais la logi(|ue de son bon sons, mais la netteté de ses applications, ont eux aussi un mérite jjropre, que fait ressortir avec avantage le contraste. Mesurci' ces deux natures, qui, tout en avant besoin l'une de l'autie, ncsont pas calquées l'une; sur l'autre, c'est fausser l(! point de vue sous lequel il faut les envisager. Non, la fennne n'est pas la contre-épreuve effacée de l'homme; la fennne a son originalité, sa mission, ses vertus spéciales; voilà (pii demeure certain. M""' G.xspauin.
^ L'IitHume cl la Iciiinic ne sont pas égaux el m- pourront jamais le devenir.
\)e boNALD
P.VU.VLLKLK DES DEUX SEXES. Un)
^ Il n'est piis tloiiloux que la laiblesse des organes de la femme ne lui interdise les elTorls de cette conlentiou d'esprit (jui est nécessaire à l'étude des sciences alislrailes, même pour s'y égarer, et (juc son imagination, trop mobile et pou capable de garder une assiette permanente, ne la rende peu proj)re aux aris ipii dépoiidont d(> cett(> lacullé de l'iune : mais aussi c'est lie cette laiblesse que naissent ces sentiments doux et ai'tectueuv (pii constituent le principal caractère de la iennne; c'est du sentiment de son impuissance (pi'elle tire celte disposition à s'identifier avec les malheureux, cette pitié naturelle qui est la base des vertus sociales. C'est pourquoi les qualités de la fenmie, sans avoir le même éclat qu'ont les talents supérieurs qu'on admire dans l'homme, et dont reffet le plus sensible est de nourrir souvent en lui un orgueil sauvage et triste, sont d'un plus grand usage dans la société. Tout le monde convient que les femmes ont une morale plus active, et que celle des hommes est plus en spéculation. Les premières font souvent le bien que les derniers ne font que projeter. Ceux-ci s'occupent des maux possibles, ou qui sont répandus sur la face du globe, tandis que les autres soulagent les malheurs réels qui les environnent. Si les vertus des femmes sont moins brillantes que celles des hommes, elles sont peut-être d'une utilité plus immédiate et plus continue.
Il en est de même de leurs talents. Ceux de l'homme sont plus propres à lui donner une haute opinion de son espèce, ceux de la femme contribuent encore plus au bonheur qu'ils ne flattent la vanité. Si on aime quelquefois à errer avec le premier dans les régions désertes et inaccessibles qu'habite le génie, la difficulté de soutenir longtemps un état peu fait pour notre faiblesse nous fait retomber encore avec plus déplaisir dans la sphère ordinaire où la nature nous a placés, et que la fennne embellit par des qualités qui sont toujours de mise et qui font toujours le charme de tous les moments.
Les passions dans tous les êtres animés répondent aux moyens que la nature leur a donnés pour les satisfaire. Qu'on examine toutes les espèces d'animaux, on verra chez eux le moral se rapporter coustanmient au physique, la colère et la cruauté marcher toujours avec la force, et la timidité être toujours le partage de la faiblesse. A quoi servirait à la fenmie une audace que son impuissance démentirait à chaque instant ? La témérité sied mal lorsqu'on a à peine la force nécessaire pour se défendre. Les passions douces sont les plus familières à la femme, parce (ju'elles sont les plus analogues à sa constitution physique. L'attendrissement, la compassion, la bienveillance, l'amour sont les sentiments qu'elle éprouve et qu'elle excite le plus souvent, et chacun sent qu'une bouche faite pour sourire, que des bras plus jolis que redoutables, et un son de voix qui ne porte à l'àme que des impressions touchantes, ne sont pas faits pour s'allier avec les passions haineuses et violentes.
La douceur est si généralement propre aux femmes, que celte disposition morale se trouve aussi dans les j)ersonnes d'un autre sexe dont les traits et la conformation extérieure ont quelques rapports avec ceux de la femme. On remarque
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que les hommes d'une constitution délicate et molle tiennent beaucoup des j^oùts et du caractère des fenunes. Cela n'est pas surprenant...
Dans ce que nous disons des (jualités morales de la fenmie, nous n'avons {•gard qu'à ce qui paraît dériver immédiatement de son organisation matérielle; car on ne doute point que l'éducation, les mœurs sociales, et une infinité de circonstances, ne puissent altérer de mille manières, et même eiïacer presque le caractère primitif que la nature lui a donné : il n'en est pas moins vrai qu'en général les femmes sont et doivent être naturellement douces et timides.
Cependant ces qualités ne les exemptent pas des atteintes de la colère, qui y est directement opposée; elle est même quelquefois assez vive chez elles, parce qu'elle tient en même tenqis à leur sensibilité physique et à cette fierté que les hommages et les |)révenances continuelles des hommes doivent nécessairement entretenir eji elles. Mais il est aisé de s'apercevoir, par le contraste frappant que forment les mouvements impétueux de cette passion avec la faiblesse ordinaire de leur sexe, avec combien de désavantage elles sortent de leur état naturel. Leurs traits, plus mobiles que ceux des hommes, se déplacent plus aisément, et l'altération qui en résulte dans leur figure, en les rendant difformes, ne parvient pas même à leur doimer un air plus terrible. La même faiblesse cpii fait (pic leur colère est peu redoutable pour les autres, fait aussi qu'elle est moins dangereuse pour elles-mêmes. On a observé qu'elle a des suites plus funestes dans les hommes que dans les femmes. Elle a souvent, dans les premiers, déterminé les paroxysmes des maladies chronicpics, produit des ictères, des engorgements des viscères. Quoique les femmes ne soient pas tout à fait exemptes de ces accidents, la flexibilité de leurs organes sendîle les en mettre plus à l'abri.
Aucun état de l'àme ne cadre mieux avec cette flexibilité d'organes que le caprice, qui consiste dans le passage brHsque d'un sentiment à un autie sentiment tout opposé. La sensibilité, (jui est une suite naturelle de celte organisation, en livrant les femmes aux impressions d'un plus grand nombre d'objets, doit produire nécessairement dans leur esprit une foule de déterminations qui sont à chacpie instant détruites, l'une par l'autre.
La faiblesse et la sensibilité qui en est la suite sont donc les qualités dominantes et distinctives des femmes : elles .se retrouvent partout chez elles : elles sont non-sc ulement la source de certaines alfections morhilicpies <pii leur sont plus particulières (ju'anx liomnies, mais elles doiment à celles cpii leur sont (•(inimiines avec eux un cerlaiii aspect (pii les dirréreucie. Oiiiuit an moial, (ont en elles prend la force du senliment : c'est par cetlc^ règle (pi 'elles jugent loujoiirs les choses et les |)ers()imes. Leurs opimons tiennent peut-être moins aux opéralions de l'esprit (pTà rinipicssion (piOnl l'aile sur elles ceiix (pii les leur ont suggérées ; et (piand elles cèdent, c'est moins aux traits victorieux du raisonnement (pi'à une minvelle impression (|iii vient détruire la première. Cette (u-ganisalion élail sans doute nécessaire dans le sexe en qui la nature devait confier le d<''p(H de l'espèce Immaine encore faible et impuissante. Celle-ci eût mille l'ois péri si elle eut été réduite aux secours tardifs el incerlains d(! la frtjide iais(Hi. Mais le
PARAI.LÈLK l»KS DKl \ SKXKS. IH
seiitinioiit, plus prompt (pio IWlair, nussi vit' ot aussi pur (pie lo l'eu dont il t'UiaïuN pousso uwo IVuuno à travers les llauiiues, l'ait cpi'e'le sélance au milieu des flots pour sauver sou ei\faut ; il lait pins, il la porte à reuiplir, avec une patience (pi'on u'adniire pas assez, et uièuie avee une sorte de satisfaction, les l'oiutions les plus dégoùtautes et les plus pénibles. Serait-il vrai, eouiuie on la dit, tpie cet instinct précieux, par le(pu^l la nature a pris soin de lier les hommes, saltère et s'affaiblit à mesure que la raison se |)erlectiomie? Enfin, tel est le pouvoir du sentiment, si énergique dans les fenuues, qm% tout faible qu'il est dans les hommes, il est encore le pbis ferme fondement de la société; car les lois ne furent jamais (pi'un lien précaire que les sophismes ou les artifices de l'intérêt particulier éludent presque toujours. Cela supposé, la faiblesse et la sensibilité peuvent servir de données pour évaluer tout ce qui a (pielque rapport à ce sexe, et résoudre les problèmes, soit physiques, soit moraux, que sa constitution peut présenter. Roussel.
® La femme est un être fort à part, bien plus différent de l'homme qu'il ne semble au premier coup d'œil. Michf.let.
^ Il est un tact délicat, espèce de seconde vue, qui n'est donnée que par lueurs passagères à l'homme, mais qui, chez la femme, est une lumière toujours j^ivanle. Michel Masson.
ES Toutes les fois qu'il faudra agir avec la divination et avec l'instinct, les femmes seront supérieures aux hommes ; toutes les fois qu'il faudra agir avec le raisonnement, avec la science, les hommes auront sur elles une formidable supériorité. Les femmes ne veulent pas assez comprendre que toute leur force est dans leur faiblesse, dans l'exquise délicatesse de leurs sens, dans la maladive irritabilité de leurs nerfs. Une femme bien organisée, qu'une instruction malfaisante n'a pas encore dénaturée, possède tous les dons merveilleux des dormeurs lucides, tous les phénomènes intelligents des animaux privilégiés. Comme lo somnambule, malgré la volonté, elle sait lire dans la pensée ; comme l'aigle, à travers la nue, el!e sait pressentir sa proie dans l'espace ; comme le cheval au milieu des ténèbres, elle sait marcher à travers les précipices ; elle aspire et reconnaît comme lui le souffle des abîmes; elle sait tout, quand vous ne lui apr prenez rien. Toute femme en naissant contient une pythonisse, et c'est un grand tort qu'elle a d'étouffer en elle la voix vibrante du dieu qui lui dicte la vérité, pour écouter la voix nasillarde des pédants qui lui serinent les vains mots de leur inutile et fausse science. M'"'' de Girahdin.
® Pourquoi les poètes et les peintres représentent-ils par des femmes les plus grands fléaux de l'humanité , la famine, la peste, la mort, la guerre, etc.? Ajoutons aussi que les plus belles choses sont aussi signifiées par des femmes : la justice, la vertu, la pitié: c'est que les femmes sont extrêmes en tout. La beauté et les vertus des femmes sont supérieures aux vertus et à la beauté des hommes;
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mais une l'cmme laide et méchanle est plus laide et plus niécliante que le plus laid et le plus méchant des hommes. Alph. Kauu.
^ L'homme et la femme sont deux petits astres intelligents et sensibles ayant plus d'une analogie avec le soleil et la lune. La femme tient sa force de l'homme, et le réfléchit. Tantôt en opposition, tantôt en conjonction, les deux sexes régnent allernativement... Tun dans les affaires, l'autre dans les plaisirs.
A. Guvard.
® La tendresse conjugale a ses héroïnes. On ne connaît pas ses héros. Quels modèles les hommes peuvent-ils opposer à Alceste, à Éponine, à madame de la Valette? Cet amour est même si naturel au cœur des femmes que, fùt-il éteint par une autre passion, il se réveille souvent si le mari court un danger.
Quant n la charité, nul n'y dispute la supériorité aux femmes; elles en ont le génie.
Un homme qui donne ne donne que son or, la femme y joint son cœur. Un louis aux mains d'une femme bonne soulage plus de pauvres que cent francs aux mains d'un homme : la charité féminine renouvelle chaque jour le miracle de la multiplication des pains.
Un mot met lout d'abord un abîme entre l'homme et la femme qui aiment. L'une dit : « Je suis à toi ; » l'autre : « Elle m'appartient, w C'est la différence de celui qui donne à celui qui reçoit. Analysons nos amours masculines d'un œil sévère, nous y trouverons bien d(!s éléments étrangers à l'amour : la vanité, le désir sensuel ne laissent guère à la passion plus d'un (juart de notre âme; sans compler que dans ce reste de Ini-mênie il y a toujours une place pour les rêves de gloire et d'and^ition. En^EST Legoijvé.
Pour résumer ce débat, nous empruntons à Thomas les passages les plus saillants de son Essai sur les femmes, (nwragc fort peu lu aujourd'hui, et (pii cependant contribua beaucoup à la réj)utation de l'auteur' :
® Il semble (pie pour terminer la grande question d'amour-propre et de rivalité entre les sexes, il faudrait examiner la force ou la faiblesse des organes ; le genre d'éducation dont les deux sexes sont susceptibles; le but de la nature on les formant; jusqu'à quel point il serait possible delà corriger ou de la changer. Ce qu'on gagnerait et ce qu'on perdrait en s'éloignant d'elle; enfin l'eflet inévitable et forcé que la différence des devoirs, des occupations et des mœurs doit produire sur l'esprit, l'Ame et le caractère des deux sexes.
S'agit-il de talents et d'esprit, il faudrait distinguer l'esprit i)hilosophique
* Gilbert ûcriviiil :
Diiiih un livro oii TIioiiium n'vo coniiiK! r-ii R\taM<,
Je chci'clic Mil peu du m'iis cl viii^ liciiiicoiip iI'i'iii|iIi»m'.
Vulliiii'c; ii|i|)(-liiil le slyin de TIkhikis a du |ralli-Tliiiiii:is. »
O: qu'on lii'ii de ci-t iiulttur Md'fini. pciisniis-iioii^, |iiiui' iiiiuiimli ir l:i Inicedc ces jugcnieiils ironii|uri< durit l.-i |)uslci'ilé semble iivdii lrii|i Iciiii <(iiii|il<'...
l'AUM.I.KlJ': DKS DKUX SKXKS. HT.
i|iii uiiHiitt', l'ospril île iiu'inoiro (|ui rassoinblo, Tespril d'iiiuigiualion qui crée, j'clTot politique ou uu>ral qui fiouverne. Il l'audiait voir ensuite jusqu'à quel degré ces ipiatre genres d'es|)rit peuvent convenir aux femmes; si la faiblesse naturelle de leurs organes, d'où résulte leur beauté ; si liiKjuiétudc de leur caractère qui tient à leur imagination; si la multitude et la vaiiété des sensations (pii fait une j)arlio de leurs grâces, leur permet cette attention forte et soutenue ipii peut combiner de suite une longue chaîne d'idées.
Oescartes outrage j)ar lenvio, mais admiré par deux princesses, vantait l'esprit philosophique des femmes. Je n'ose croire que sa reconnaissance voulut, par par une erreur de plus, s'ac(juitter envers la beauté. Sans doute il trouvait dans Elisabeth et dans Christine cette docilité qui s'honore d'écouter un grand homme, et parait s'associer à son génie en suivant la marche de ses idées. Peut-être même trouvait-il dans les femmes la clarté, l'ordre et la méthode; mais trouvaitil cette raison froide qui marche sans se précipiter jamais et mesure tous ses pas? Leur esprit pénétrant et rapide s'élance et se repose. Il a plus de saillie que d'efforts. Ce qnil n'a point vu en un instant, ou il ne le voit pas, ou il le dédaigne, ou il désespère de le voir. Il serait donc moins étonnant qu'elles n'eussent point cette opiniâtre lenteur, qui seule recherche et découvre les grandes vérités.
L'imagination semblerait bien phis devoir être leur partage. On a observé que celle des femmes, a je ne sais quoi de singulier et d'extraordinaire. Tout les frappe, tout se peint en elles avec vivacité. Leurs sens mobiles parcourent tous les objets et en emportent l'image. Des forces inconnues, des liens secrets transmettent rapidement à elles toutes les impressions. Le monde réel ne leur suffit pas : elles aiment à se créer un monde imaginaire, elles l'habitent et l'embellissent. Les spectres, les enchantements, les prodiges, tout ce qui sort des lois ordinaires de la nature, sont leur ouvrage et leurs délices. Elles jouissent de leurs terreurs mêmes. Leur âme s'exalte et leur esprit est toujours plus près de IVnthousiasme. Mais il faudrait savoir jusqu'où cette imagination appliquée aux arts peut développer en elles le talent de créer et de peindre; si elles peuvent avoir l'imagination forte, comme elles l'ont vive et légère, si le genre de la leur ne tient pas nécessairement à leurs occupations, à leurs goûts, à leurs plaisirs, à leur faiblesse même. Je demanderai si leurs libres plus délicates ne doivent pas craindre des sensations fortes qui les fatiguent, et en chercher de douces (pii les reposent.
De toutes les passions, l'amour, sans contredit , est celle que les femmes sentent et qu'elles expriment le mieux. Elles n'éprouvent les autres que faiblement et par contre-coup : celle-là leur appartient, elle est le charme et l'intérêt de leur vie; elle est leur àme. Elles doivent donc mieux réussir à la peindre. Mais sauront-elles, comme l'auteur (Ji' Andromaque et de Phèdre ou celui de Lais, exprimer les transports d'une âme troublée qui joint les fureurs à l'amour?
m Li:S FH.MMKS D'APRÈS LKS AITKIRS FRANÇAIS.
Pour I (»sprit d'ordre et de mémoire qui classe des faits et des idées atiu de les retrou\er au besoin, comme il tient beaucoup à l'habitude et à des méthodes, on ne voit pas pourquoi les deux sexes n'y réussiraient point également. Cependant, pour la quantité même des matériaux d'où résulte l'érudition, il faudrait encore examiner si dans les femmes l'excès du travail ne produirait pas plus aisément le dégoût.
Je viens à un objet plus important, l'esprit politique ou moral qui consiste dans la conduite de soi-même et des autres. Pour balancer siu' cet objet les avantages ou les désavantages des deux sexes, il faudrait distinguer l'usage de cet esprit dans la société, et son usage dans le gouvernement.
Dans la société, les femmes, occupées sans cesse à observer, par le double intérêt d'étendre et de conserver leur empire, doivent parfaitement connaître les hommes. Elles doivent démêler tous les plis de l'amour-propre, les faiblesses secrètes, les fausses modesties et les fausses grandeurs, ce qu'un homme est et ce qu'il voudrait être, les (jualités qu'il montre par l'effort même de les cacher, son estime marquée jusque dans les satires et par ces satires mêmes. Elles doivent connaître et distinguer les caractères, l'orgueil calme et qui jouit naïvement de lui-même, l'orgueil impétueux et ardent qui s'irrite, la sensibilité vaine, la sensibilité tendre, la sensibilité brûlante sous des dehors froids, la légèreté de prétention et celle qui est dans lànie, la défiance qui naît du caractère. Celle de la méchanceté, celle du malheur, celle de l'esprit, enlin tous les sentiments et toutes les nuances. Connue elles mettent un très-grand prix à l'opinion, elles doivent beaucoup réfléchir sur ce qui l'a fait naître, la détruit ou la confirme. Elles doivent savoir comment on la dirige sans paraître s'en occuper.
Une chose favorise le despotisme des femmes (|ui gouvernent; c'est que les hommes confondent en elles l'empire de leur sexe et celui de leur rang. Ce qu'on eût refusé à la grandeur, on l'accorde à la beauté. D'ailleurs le ()ouvoir des femmes, ipème arbitraire, n'est presque jamais cruel. Elles ont |)lutôt un despotisme de fantaisies qu(; d'oppression. I^e trône même ne peut les guérir de leur sensibilité; elles portent dans leur âme le contre-poids de leur puissance.
Si après avoir conq)aré les deux sexes par les talents, nous les comparons par les vertus, nous trouverons d'autres rapports. D'abord l'expérience et l'histoire nous a|)prenncnt (juc dans toutes les sectes, tous les j)ays et tous les rangs, les femuKîs ont plus (jue les hommes les vertus religieuses. Naturellement plus sensibles, elles ont plus besoin d'un objet (pii sans cesse occupe leur ànie; elles portent à I)i(Mi un senliuu'ut (pii a b(!soin de se lépaudre, cf (pii, ailleins, serait un crinie. Avides du bonhcui' et le trouvant moins autour d elles, elles s'élancent dans une vie et vers un monde dilTérents.
Il s('nd)lerait donc, |)ar une suite même du caractèie des fennues, (piC leur religion devrait être plus tendre et celle des honnnes plus forte; l'une tenant
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|)lus à des pratiques et laiilro à dos piinoipos ; et qiron exaltant les idées reli- «jieiises, la feimiie serait pins proche de la superstition et l'homme du fanatisme. Mais si une fois le fanatisme s'empare d'elle, son imagination plus vive l'emportera plus loin : et, plus féroce par la crainte même d'être sensible, ce qui faisait une partie de ses charmes ne contribuera plus qu'à ses tureurs.
Aux vertus rt^ligienses tiennent de Irès-près les vertus domestiques, et sans doute elles devraient être comnunies aux deux sexes; mais ici l'avantage se trouv(,' encore du côté des fennnes ; du moins elles doivent plus avoir des vertus qui leur sont plus nécessaires.
Après les vertus religieuses et domestiques viennent les vertus sociales, et d'à- , bord les vertu> de sensibilité : ce sont toutes les passions affectueuses et douces. On sait qu'an |)reniier rang sont l'amitié et l'amour.
C'est une grande (juestion de savoir lequel des deux sexes est le plus propre à l'amitié.
Les femmes, en qui tout réveille un sentiment, pour qui l'indifférence est un état forcé et qui ne savent presque qu'aimer ou haïr, semblent devoir sentir bien plus vivement la liberté et le plaisir d'un commerce secret, et les douces confidences que l'amitié fait et reçoit.
L'amitié dans les femmes doit être rare; mais il faut convenir que lorsqu'elle s'y trouve, elle doit être aussi plus délicate et plus tendre. Les hommes en général ont plus les procédés que les grâces de l'amitié. Quelquefois en soulageant ils blessent, et leurs sentiments les plus tendres ne sont pas fort éclairés sur les petites choses qui ont tant de prix.
Les femmes ont une sensibilité de détail qui leur rend conq)te de tout. Rien ne leur échappe ; elles devinent l'amitié qui se tait ; elles encouragent l'amitié timide; elles consolent doucement l'amitié qui souffre. Avec des instruments plus lins, elles manient plus aisément un cœur malade, elles le reposent et l'empêchent de sentir ses agitations. Elles savent surtout donner du prix à mille choses qui n'en auraient pas. 11 faudrait donc peut-être désirer un homme pour ami dans les grandes occasions, mais pour le bonheur de tous les jours, il faut désirer l'amitié d'une fennne.
Les femmes en amour ont les mêmes nuances, les mêmes délicatesses.
Après l'amitié et l'amour vient la bienfaisance, et cette compassion qui unit rame aux malheureux. On n'ignore point que c'est surtout le partage des femmes.
Les fennnes ont surtout cette sensibilité d'instinct qui agit avant de raisonner, et a déjà secouru quand l'homme délibère. Leur bieid'aisancc en est moins éclairée peut-être, mais plus active. Elle est aussi plus circonspecte et plus tendre. Quelle fennne a jamais manqué de respect au malheur?
.Mais il faudrait examiner si les femmes, si sensibles en amitié, en amour envers
les malheureux, peuvent s'élever jusqu'à l'amour de la ])atrie qui embrasse tous les citovens, et à l'amour fiénéral de l'humanité qui endurasse toutes les nations.
Dans presque tous les gouvernements du monde, exclues des honneurs et des charges, elles ne peuvent ni obtenir, ni espérer, ni s'attacher à l'Etat par l'orgueil d'avoir joui des places. Ayant peu de part dans la propriété et gênées par les lois dans celle même qu'elles ont, la forme de législation dans tous les pays doit leur être assez indifférente
Existant plus dans elles-mêmes et dans les objets qui les attachent, et peut-être moins dénaturées que nous par les institutions sociales auxquelles elles ont moins de part, elles doivent être moins susceptibles de l'enthousiasme qui fait préférer l'État à la famille et ses concitoyens à la foi
Mais, si l'amour de la patrie est peu fait pour les femmes, l'amour général de l'humanité, qui s'étend sur les nations et sur les siècles, et qui est une espèce de sentiment abstrait, semble convenir encore moins à leur nature.
Les femmes n'égarent point leur àme au loin. Elles rassemblent autour d'elles leurs sentiments et leurs idées, et veulent tenir à ce qui les intéresse. Ces mesures si vastes sont pour elles hors de nature. Un houmie est plus pour elles qu'une nation, et le jour où elles vivent, plus que vingt siècles oîi elles ne seront pas.
On remarque en général que les femmes corrigent ce que l'excès des passions mettrait d'un peu dur dans le connncrce des hommes. Leur main délicate adoucit, pour ainsi dire, et polit les ressorts de la société. On voit (pu> leur pglitesse est une suite de leur caractère : elle tient à leur esprit, à leur linesse, à leur intérêt même. Pour les plus vertueuses, la société est un lieu de conquêtes. Peu d'hommes ont fait le système de renvoyer tout le monde content, et tant pis pour ceux qui l'auraient : mais beaucoup de femmes ont eu ce projet, et quelques-unes y réussissent. Plus leur société s'étend, plus ce genic de méiitc! se perfectionne, parce qu'alors il y a plus de petits intérêts à concilier et de caractères à réunir. C'est une machine qui se complique, et demande plus de su|)ériorité pour assortir les mouvements.
Mais aussi cette politesse si fine doit quelquefois mener à la fausseté. Ou met l'expression du sentiment à la place du sentiment môme. De là le reproche si répété contre les femmes. Il faut convenir (|ue par leur nature elles sont plus portées à tous les genres de dissinuilation. C'est la force (|ui déploie tous ses mouvements en liberté ; mais la j'aiblesse et l'art de plaire doivent observer et mesurer les leurs. Ainsi les feumies plus timides ap|)rennent à cacher les sentiments (pi'elles ont, et finissent pai' montr(;r ceux (pi'elles n'ont |)as. l/honunc p«Mil avoir de la franchise sans vertu, parce (pie souveni elle esl sans effort, et qu'elle peut être en lui le besoin d'une àme inq)étueuse el libi'e; mais la siiicérilé clie/. les fenunes, quand ell(; (!sl réelle, ne peut être (pi'un mérite. (juel(|uel'oisrhonune
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faux joue la IVaiuliise par svstèine : les lomiiies se piquent rareineiil de ce genre d'hvpoorisie, et quand par hasard elles l'ont, elles donnent leur IVanchise comme une marque de conliance pour |)laire davantage; c'est un sacrifice qu'elles font à Pamitié. Ainsi riioiume a d(^ la franchise par orgueil, la fennne en a par adresse, L un peut ilire une vérité sans autre objet (|ue la vérité ; dans la bouche de l'autre, la vérité même a toujours un but. La fausseté de l'homme va presque toujours à ses intérêts; elle n'est que poui' lui : celle de la femme va presque toujours à plaire. De ces deux faussetés, l'une vous détronq)e, l'autre vous séduit. Enfin la llatterie se trouve également dans les deux sexes, mais celle de l'honnue est souvent dégoûtante à force d'être basse; celle de la femme est plus légère, et paraît de sentiment. Même quand elle est outrée, elle est amusante et n'est jamais vile; le motif et la grâce la sauvent du mé|)ris.
Pour achever ce parallèle, il faudrait examiner encore, dans les deux sexes, les vertus rigides qui tiennent à léquité, et ces qualités vigoureuses et fortes qui tiennent au courage. Mais toutes les distinctions qu'on pourrait faire sur ces objets partiraient toujours des mêmes principes.
Telle est, dans la question de l égalité ou de la supériorité des sexes, une partie des objets qu'il eût fallu discuter et mettre dans la balance. Pour la bien traiter, il faudrait tout à la fois être médecin, anatomiste, philosophe, raisonnable et sensible, et siutout avoir le malheui' d'être parfaitement désintéressé.
Thomas.