TONDIT 10\ OF.S F KM MRS
do ilissoiution inoralo ol it>liui(Miso; on v Irouvo tous los artirlos do co oodeliccp- .oioux; on v voit (|iiols ooiisoils, oniôsiKs soilmiioiis du \n\\\\ laiii^a^o, dolonnitvreiit les loiiinios dt's dovcMis (pii liMir loni la vio sinon loujonis licm'onso, dn moins lojijours honoraldo.
Avoiiios par la pliilosophio ((uo les vertns o|)pos(''os à la naturo sont l'aussos, elles roçnroni encore de la mode cette leçon, que lapparence même de la fidélité a lairtle la dnperie et prête an ridienle. Anssi non-scnlemcnt la foi conjngalo fnt-flle méprisée, mais l'amonr Ini-méme lorsqne, par sa constance, il ponvait lessemhler à la vertn. On ne Ini snt ancnn gré d'être illégitime, parce qn'il était sérienx ; el la vraie |)assion fnt proscrite comme nn devoir, |)nisqn'ello était une doulenr. Tont ce qni dans une liaison n'avait |)as l'aspect d'nne fantaisie fugitive se trouva condamné au tribunal du savoir-vivre ; la (idélité devint un scandale...
... Je ne parlerai de la Révolution que pour montrer l'influence qu'elle a exercée sur la situation des femmes et sur leur esprit.
Il est juste et nécessaire d'observer que plusieurs années avant qu'elle éclatât, le reflet des vertus de Louis XVI, le tardif et dernier progrès de la raison, un commencement d'expérience, quelques livres prophétiques avaient déjà produit sur les mœurs un salutaire effet. Rousseau avait rangé les mères de son parti; la seule présence d'un enfant dans l'intérieur d'une famille y répandait un air plus pur, et corrigeait dn moins les époux de l'ostentation dn vice...
... Au moment de la Révolution, la conversation était la grande affaire des Français...
... Une femme qui n'était épouse que de nom, mère sans enfants puisqu'elle ne les élevait point, maîtresse d'user son temps à sa fantaisie, devait avoir de grands avantages dans cette lutte oisive et brillante. Il ne fallait pas une instruction bien étendue pour savoir tenir un cercle, relever un entretien prêt à tornber, parler à chacun de ce qui pouvait le faire valoir. Ce talent fut longtemps pour les fenmies la source de leur plus grande importance, l'objet de leur énudation la plus ambitieuse. Que leur fallait-il pour y exceller? Une légère notion des choses, une grande prestesse à saisir le côté inattendu d'une pensée; cette adresse qui déguise l'ignorance au moyen d'un bon mot, en se réservant le droit de la confesser dans nn autre moment avec une naïveté qni la rend charmante : voilà ce qui suffisait au succès d'une soirée, et pendant un temps la vie des fenunes à Paris (et Paris réglait la France) ne se composa que de soirées...
... Quand la Révolution vint surprendre une société ainsi préparée, on ne la prit d'abord que comme une occasion nouvelle de causer. Nombre de personnes pensèrent que tout allait se passer en conversation...
... Les terribles effets d'une Révolution si grave, commencée si peu gravement, donnèrent une foite secousse aux âmes; et quand lésâmes sont ébranlées, quelles (pie soient les fautes, l'expérience n'en est pas absolument perdue. Aussi a-t-on vu, au bout de Irès-peu de temps, les femmes rendues à la nature déployer des
i:)0 LF.S FKMMKS D'APRfiS LES ArTEURS FRANÇAIS.
M'iliis (loiil tiii ne les eût j)as crues capables. Soil en France, soit au dehors, elles ont evL'itt' rinUTrl par leur dévouement, par leur inlcUifioncc à surmonter une pauvrclt' inallenduo, à l'aire briller un layon de bonlienr là où sans elles on n'eût trouvé que détresse et découragement. C'est aux femmes surtout qu'on doit le changement heureux qui s'est opéré dans les mœurs françaises. En présence du danger, redevenues mères, filles, épouses, elles ont oublié les délaissements, |)ardonné les trahisons, accepté la communauté du malheur, et par là redonné de la puissance à des liens qu'elles reconnaissaient pour sacrés dès qu'il fallait mourir ensemble.
Depuis cette époque, on a pu observer dans notre nation et chez beaucoup de femmes une disposition plus réfléchie qui préparait un retour aux idées morales et religieuses. Le malheur en réveillait le besoin au fond des cœurs; et la perséculion, aussi odieuse qu'absurde, qui s'acharna contrôles croyances pieuses eut au moins ce premier effet d'inspirer un grand dégoût pour toutes les licencieuses moqueries qui l'avaient préparée.
A la suite de nos calamités, si l'expérience eût porté sur le champ les Français vers cette forme de gouvernement qu'elle vient enfin de leur donner, je ne doute point que les femmes, préparées pour le devoir par la souffrance, n'eussent accepté avec empressement la direction qu'elles doivent maintenant recevoir de l'influence du nouvel ordre de choses. Mais toutes les phases du mal n'étaient |)oint parcourues : une situation plus calme, presque aussi dénuée de morale,^ vit remplacer un sanglant désordre, et la position des fenmies se trouva encore une fois compromise et faussée. La tradition des usages était ronqiue, les bienséances annulées, l'opinion muette, la société dispersée...
... Du temps seul la société attendait ses lois, et la jeunesse son éducation : c'est pourquoi celle des filles ne fit pas alors tous les i)rogrès que leur promettaient l'expérience et le malheur. Les mœurs étaient devenues plus naturelles, les relations intimes plus affectueuses; la mère et la fille se montraient |)arttfut ensemble. On ne rougissait plus dans un ménage de se connaître ni même de s'aimer; au sein des familles, le cœur i)lns à l'iiise finissait (piebpiefois par se féliciter des revers aux((uels il devait sa libirté. Oue Aos réflexions solides, des iiiincipes religieux, une opinion publupu' (jni nialheuieusement ne se foi'me (pi'avcc |)eine là où les institutions sont vacillantes, (pu* tous ces appuis de la raison se fussent unis à celte révolution touchante des sentiments, et les feunnes auraient vu fixer leur sort selon le devoir (ît le droit...
Il faut h' dire, à leur justification, combien de diflicultés présentait inie si (•orrq)lèle:- éforme! Dans les tenq)s de dissensions civiles, la |»oliti(|U(>, en détei'uiiniiiil r;illilii(ic t\i' la société, influe directement sur les individus. Les lionnnes n'étiiicnl pas non |»lus alors très-éclairés sur' leirr avcrrir, ni mérrre sirr' rrrr préx'iit (pr'ils ('X|)loitaicnt sans le bicrr juger'. On rri; savait plus (piel gouveriieriierrt désirer-: l(!s j)assioiis générales, les convictiorrs systérnatitpres; senrblaieiil avoir disparu des alfaiics pidilifprcs; on rr y était plirs giridé cpre par' l'irrlérét (»n I liabitndc : la Iraiicc, <'ii rni mol, rrc savait pins (|U(' |)eiiser'. (lonunent les renmres
CONDITION DKS IKMMKS. lot
aiiraieiU-ellos olc l)lll^ ilécidces? Que poul lo plus l'aiblo, (luaiul le plus lorl est iiicorlaiu?...
... Les leinnies nétaietil plus les Fi'au(;aises d'aulrel'ois...
... La plupart îles romans il'alors lurent écrits parties l'eiuuies. (le pleure de compositions faciles (jui admettent le va<;ue dans les sentiments et l'hésitation dans les croyances, ces conlidences d un cœur agité qui tout à la l'ois se passionne et s'interrojje, et qui ne connaît point d'autre alternative que le doute ou l'eiitrainenient, convenaient sans doute à une époque d'incertitude et d'oisiveté, où labsence de traditions et d enthousiasme, de respect pour le passé et de foi dans la nouveauté n'avait laissé à l'evistencc ni règle ni but assuré. Dans un temps de passage, les esprits trouvent encore plus d'appui et de certitude dans des iictious que dans des réalités. Trompé par les événements, on se lie plus à ce qu'on imagine qu'à ce que l'on voit. Cette disposition d'àme qui s'étendait aux femmes devait donc tourner au profit de ces sortes d'ouvrages qui font, ainsi que la dit madame de Staël, une transition entre la vie réelle et la vie imaginaire...
... Disons-le sans crainte, la Révolution a eu sa morale; car elle a remis en valeur les idées sérieuses, et c'est aussi un genre de restauration (ju'il ne faut pas dédaigner. La raison des femmes y a gagné, il serait par tro[) pénible de la voir retondjer encore ; c'est bien assez que deux fois elle ait failli nous donner ce triste spectacle. Après le temps qui suivit la Terreur, elle pensa succomber de nouveau sous l'influence du pouvoir absolu. Lorsque dans sa défiance il s'efforçait de ramener les hommes à des intérêts purement individuels, lorsqu'il ranimait par calcul les sèches prétentions d'une vanité suraimée, lorsqu'il se défendait si savamment des tentatives de l'indépendance de la pensée, il risquait de replonger la société française dans le désœuvrement et la personnalité : quand les hommes sont oisifs, les femmes sont puissantes, et leur |)uissance les corrompt. Ainsi l'ennui eût de nouveau banni la morale... mais le temps manqua heureusement. D'ailleurs les dangers de la guerre, exposant sans cesse les jours de ce qu'on avait de plus cher, tinrent en haleine la nature et l'amour : cruellement froissés, l'une et l'autre firent enfin résistance, et la ])lainte des mères et des épouses fut le premier cri de la liberté...
Aujourd'hui une route droite et paisible est offerte, aux femmes; franchement, le passé les a trop souvent compromises pour qu'elles s'obstinent à le regretter.
M'"*' De Rémusat.
® La nature semblait avoir mis les femmes dans la dépendance, et les eu avoir retirées : le désordre naissait entre les deux sexes, parce (jue leurs droits étaient réciproques. Nous sommes entrés dans le plan d'une nouvelle harmonie; nous avons mis entre Ics femmes et nous la haine, et entre les honunes et les femmes, l'amour. . Momesquiel'.
^ Si l'on parcourt les pays et les siècles, on verra prescjue partout les femmes adorées et opprimées; L'hdmme qui jamais n'a nian(|ué une occasion d'abu-
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scr de sa t'oicc, en roudant hommage à leur l)caiit(3, s'est partout prévalu de leur faiblesse. Il a été tout à la fois leur tyran et leur esclave. La nature ellemême, eu formant des êtres si sensibles et si doux, semble s'être bien plus occupée de leurs charmes que de leur bonheur.
® La société ajoute encore pour les femmes aux maux de la nature. Plus de la moitié du globe est couverte de sauvages; et chez tous les peuples les femmes sont très-malheureuses. L'homme sauvage, tout à la fois féroce et indolent, actif par nécessité, mais porté par un goût invincible au repos, ne connaissant presque que le physique de l'amour, et n'ayant aucune de ces idées morales qui seules adoucissent l'empire de la force, accoutumé par ses mœurs à la regarder comme la seule loi de la nature, commande despotiquemcnt à des êtres que la raison fit ses égaux, mais que la faiblesse lui assujettit. Les femmes sont chez les Indiens ce que les Ilotes étaient chez les Spartiates, un j)euple vaincu obligé de travailler j)0ur les vain(picurs. Aussi a-t-on vu sur les rives de l'Orénocpie des mères, par pitié tuer, leurs lilles et les étouffer en naissant. Elles regardaient cette pitié barbare comme un devoir.
Chez les Orientaux, vous trouverez un autre genre de dcspotisuic et d'empire, la clôture et la servitude domestique des fennnes, autorisées par les mœurs et consacrées par les lois...
L'Asie entière est couverte de ces prisons oii la jjcauté esclave attend les caprices d'un maître...
Là, des nuiltitudes de feimnes rassendjlécs n'ont des sens et une volonté que poiuini homme. Leurs trionq)hcs ne sont que d'un moment; et les rivalités, les haines, les fureurs sont de tous les jours. Là, elles sont obligées de payer leur servitude même par l'amour le plus tendi'e ou, ce qui est |)lus affreux, par l'image de l'amour qu'elles n'ont pas. Là, le plus humiliant despotisme les soumet à des monstres qui, n'étant d aucun sexe, les déshonorent tous deux. Là, enlin, leui- éducation ne tend (pi'à les avilir, leurs vertus sont forcées, leurs plaisirs même tristes et involontaires; et, après une exislencc de (iuel(|ucs années leiu' vieillesse est longue et affreuse.
Dans les pays lempéiés où h; climat, donnant moins d'ardeur aux désirs, laiss(î jdns d(; conliance aux verlus, les feunues n'ont |)as élé privées de leur liberté; mais la législati(tn sévère les a mises partout dans la (lé|ieii(lMiice. Tantôt, elles furent condanniéis à la retiaile et séparées iU's plaisirs connue des affaires. Tantôt, mie longue tutelle semblait insulter à leur raison. Outragées dans un climat par la polygamie (pii leur donne pour couq)agnes habituelles leurs rivales; asservies dans im autre; à des uumkIs indissolubles (|ui souvent joignent pour jamais la douceur à la férocité, et la s(!nsibililé à la baine; dans l(>s pays où (dies sont le jtlus lieiM(!Uses, gêué(!s dans leuis désirs, gênées dans la disposiliiiii de lriir> biens, |iriv(''es de leur \(tl(i;ilé même dont la loi les dépouille, esclaves de I (ipiuioM (pn les domine avec <i'.n|iire, et leur l'ait un crime de I apparence même; environnées de toutes parts de juges (pn sont en même tenq)S
CONDITION DKS F KM MHS. ir>r,
leurs sôiliuiours et leurs tyrans, cl (jiii, après avoir j)réparé leurs i'aules, les en punissent par le déshonneur, où on usurpt» le droit de les flétrir sur des soup- (:ons; tel est à peu près le sort des fournies sur la t(>rre. I/honinu^ à leur égard, selon les climats et les âges, est ou indiflérent ou oi)prcssein\ Mais elles éprouvent tantôt uiu' oppression froide et calme, qui est celle de l'orgueil; tantôt une oppression violente et terrible, qui est celle de la jalousie. Quand on ne les ainu^ j)as, elles ne sont rien : (]uand on les adore, ou les tourmente. Elles ont presque à redouter égaleiueut et l' indifférencié et l'amour. Sur les trois quarts de la terre, la nature les a placées entre le mépris et le malheur.
Thomas.
Chez les républicains, les femmes ne sont que des ménagères. Mais les femmes sont pleines de lumières, de sens et d'expérience. Lorsque la nation n'existe point encore, ou bien lorsqu'elle n'existe plus, c'est alors qu'il faut les consulter: car, étrangères aux liens du patriotisme, elles tiennent merveilleusement les doux liens de la sociabilité.
Voilà leur véritable empire à Paris. Elles sont riantes, douces et aimables, tant quelles représentent. Dans l'intérieur domestique, elles font payer à ce qui les environne la contrainte qu'elles s'imposent dans le monde. Elles ont affaire aux maris les plus débonnaires du globe ; elles se piquent de perfectionner leurs vertus patentes et de les subjuguer de toute manière. Il est néanmoins une classe de femmes très- respectables : c'est celle du second ordre de la bourgeoisie. Attachées à leurs maris, à leurs enfants, soigneuses, attentives à leurs maisons, elles offrent le modèle de la sagesse et du travail. Mais ces femmes n'ont point de fortune, cherchent à en amasser, sont peu brillantes, encore moins instruites. On ne les aperçoit pas, et cependant elles sont à Paris l'honneur de leur sexe.
Mercier.
^ Les femmes sont, si j'ose le dire, une seconde âme de notre être, qui, sous une autre enveloppe, correspond intimement à toutes nos pensées, qu'elles éveillent ; à tous nos désirs, qu'elles font naître et partagent ; à nos faiblesses, qu'elles peuvent plaindre sans en être atteintes. L'homme est-il malheureux? il demande à son âme une force dont il a besoin pour résister aux souffrances physiques, aux douleurs morales, encore plus difficiles à supporter. Mais ce secours, ne venant que de lui, participe nécessairement de l'abattement qui se communique à tout son être. Appellera-t-il sa seconde âme? c'est alors qu'il retrouve ces femmes dignes d'être adorées, ces femmes qui, sous des formes enchanteresses, lui apportent un calme inattendu ; lui font sentir, par tous les points de son existence, que, paraissant autres que lui, elles sont encore lui. Sans cesse il trouve à ses côtés ces anges de la terre, qui font pressentir la consolation avant même de l'avoir offerte, qu'on croit d'avance avant d'être persuadé, et qui semblent un asile contre le malheur.
® La force étant de notre côté, les femmes sont nées esclaves ou soumises.
\:a ivs F F. M mi: s d'apuks les; AiTKrRS français
Dépendantes de nos passions, de nos caprices ; attendant les lois que leur dicteront la Tornie des gouvernements, la religion, la morale, les préjugés; ici, déifiées; là, compagnes et égales; autre part, asservies ou méprisées, on les voit garder toujours, dans ces différentes situations leurs qualités distinctives, leur inépuisable patience, leur courage inconcevable. On ne voit ])oint leurs défauts s'augmenter dans le malheur et Ihumilialion. Dk Skglu.
es Les femmes d'un raug inférieur et nées pauvres n'ont de ressources que 'le travail, les talents ou les vices. M"'' Clairon,
Et les hommes donc?
® La coutume qu'on appelle Loi saliqite a exclu les femmes du royaume de France, et ce n'est pas, comme le dit Mézerav, qu'elles fussent incapables de gouverner puisqu'on leur a presque toujours accordé la régence.
Voltaire.
® Dans presque toutes les contrées, la cruauté des lois civiles s'est réunie contre les femmes à la cruauté de la nature. Elles ont été traitées comme des enfants imbéciles. Nulle sorte de vexations que, chez les peuples policés, l'homme ne puisse exercer impunément contre la fenuTic. La seule représaille (jui déj)ende d'elle est suivie du trouble domestique et punie d'un mépris plus ou moins marqué, selon que la nation a plus ou moins de mœurs... Femmes, que je vous plains! 11 n'y avait qu'un dédommagement à vos maux, et si j'avais été législateur, peut-être l'eussiez-vous obtenu. Affranchie de toute servitude, vous auriez été sacrées en quelque endroit que vous eussiez paru. Diderot.
^ La société, qui rapetisse beaucoup les hommes, réduit les femmes à rien.
Chamfort.
ES Les femmes sont des bêtes de somme chez les sauvages, des animaux de ménagerie chez les bai'bares, alternativement despotes et victimes chez les |>euples livrés à la vanité et à la frivolité. Ce n'est (pie dans les pays où régnent la liberté et la raison qu'elles sont les heureuses compagnes d'un ami de leur choix, et les mères respectées d'une famille tendre élevée par leurs soins.
Di: Tracv.
£S3 La société refuse à la femme les grandes occu|)ations de resjMit et l'exercice des passions j)olitiques. L'éducation p!"(!inière, dont elle est victime», la rend jiresque toujours impropre aux travaux de la science, elle préjugé en onlrc lui rend toute action pnbli(pu! impossible ou l'idicule. On lui |)ermet de cniliver les arts, mais les émotions (|u ils (ixcitent ne sont pas sans daiigei', rausiérilé des nio'urs est peul-êtie plus dillicile à un caractèi'e asccticpie cpi'à tout antre. l/;nnoni\ considéré sous ses ra|ip()r[s grossieis, n'est (pTune IcMlalinn don! on est à moitié délivré quand ou lougil de Tépiouver, on peut le sniinonter smiis sonlIVancc moi'ale. l/ainour, considéré connue lidi-al de la vie, ne laisse point di' repos à
CONDITION DES FKMMKS. 155
ii'iix (jiii en sont privés. C'est l'àiiio qui est attaquée dans sou plus divin sanctuaire par de nobles instincts, par de niai>iiili(pies désirs. Elle ne pourra clierclier à les satisfaire (pi'en se donnant le eliauge, en se laissant abuseï' j)ar de fausses appareiues et de iiienleuses promesses. Sous chacun de ses |)as s'ouvrira un altiuie. Lente à sortir du preniiei', atlaeliée par sa naluir luèuie à de l'unesles illusions, elle retombera ilans mi second, dans un troisième, jusqu'à ce (jue, brisée dans ses chutes, épuisée par ses combats, elle succombe et s'anéantisse. Parmi les lennues corrompues, j'en ai vu peu qui le fussent par besoin des sens; à celles-là un époux jeune et stu})ide peut sui'lire; beaucoup, au contraire, avaient cédé à des besoins de cœnr que l'esprit ne dirigeait pas et que la volonté ne
savait pas vaincre
En réduisant les fennnes à l'esclavage pour se les conserver chastes et fidèles, les honnncs se sont étrangement trompés. Nulle vertu ne demande plus de force que la chasteté, et l'esclavage énerve. Les hommes le savent si bien qu'ils ne croient à la force d'aucune femme. Geougk Sand.
es Ln enfant vient de naître. «. Qu'est-ce? qu'est-ce? demande-t-on avec angoisse. — C est une fille. » Pendant combien de siècles, chez combien de nations, ce mot : C'est une tille! a-t-il été une parole de désolation, même un signe de honte !
® Une contradiction étrange se manifeste à nous dès que nous ouvrons les annales du monde. Partout les femmes sont à la fois honorées et méprisées.
Ehnest Legouvé.
£53 Nos rues sont attristées pendant le jour par la vue de pauvres ])etites filles | en baillons, se tenant, pieds nus, pâles, cliétives, accroupies dans l'angle de ,' portes (jui ne doivent pas s'ouvrir, et de là tendant la main et demandant d'une voix suppliante l'aumône que mille d'entre nous refusent contre un qui la donne, et vous vous étonnez de rencontrer le soir de jeunes femmes couvertes d'oripeaux et d'un luxe plus triste que les haillons des enfants dont je viens de parler, oflïant d'une main leur personne et demandant de l'autre le prix de ce marché! ^ Mais vous ne pensez donc à rien! Quelles mères, quelles sœurs voulez-vous donc (piaient les [)etites mendiantes de la journée, et que croyez-vous que puissent devenir celles qui ne meurent pas avant l'âge, quand elles ont fait leurs premiers j)as dans la boue de nos rues, quand elles ont débuté par la mendicité, quand les j premiers mots qu'on leur a fait bégayer ont été ceux-ci : a Un sou, s'il vous / plaît! M P. J. Stahl, /
£S La vilité des femmes est une des grandes erreurs du monde ancien.
Théophile Lavallée.
® Dans ce qui concerne les femmes, les législateurs ont peut-être commis une grande eireur : au lieu de leur constituer des droits, ils ne leur ont imposé que des devoirs. La [)uissance naturelle des femmes est toujours cej)endant restée