L'AMOUR- LE MARIAGE— LA MATERNITÉ
§ 1l'A M Ol'lî
Chateaubriand affirme avec, raison (|ii(' :
« Ce que nous appelons proprement amour parmi nous est un sentiment dont l'antiquité a ignoré jusqu'au nom. Ce n'est que dans les siècles modernes qu'on a vu se lormer ce mélange des sens et de l'àme, celle espèce d'amour doiil lamifié est la partie morale. »
P. S. Stahl ajoute :
« L'amour est d'invention moderne. Les anciens n'ont point, à pro|)remenl parler, connu Tainour : anssi ont-ils tous, et avec un concerl auquel il n'a manqiu'; (jn'une voi\ (celle d'Homère, il est vrai, (prilélène trouva indulgent), maudit et, (|ui pis est, insulté et la femme et l'amoui'. »
A cette (loul)l(' remarcpu; il <'sl hon de luire sm-céder mi avis euqirunlé à la HoKliefoucauld ; à savoir, (jue :
« L'amour j)rét(! son nom à un nombre infini de conunerces qu'on lui allribue, et où il n a non j)lus de j)art (|ue le doge à ce (pii se |)asse à Venise. »
Dûment avertis de l:i seule;, et avant d'aboider la définition, apprenons eucoi'e sur la foi d'excellenis juges à nous délie i' de ceux epii oui ciii à la possibilité de définir cette chose, ce senlimenl, celle passicui, qui, selon les premiers, serait imiéfinissable :
' Voir l(; iiioiiciii iiiiiiiili' l.'Awinir (liez li'S atirifnx.
l.'\M">li;. I.i; M VKi ACK. — LA ^IMKHMTl^. tiOtl
r»3 II en est du vérilaltio amoiii' iimmuio ilo rappaiitioii des esprits : tout le nioiule on parle, mais peu de i^eiis imi ont vn. La Uochefoucvuld.
8;g3 l'en de i^ens >avent ce <pie e'ost qne l'anionr, et, parmi ceu\ qni le savent, il en est l>ien pen ipii le disent. M""' Gui/ot.
8^ L'amour est, je crois, un poonie enlièremcul personnel. Il n'y a rien qui ne soit à la fois vrai et faux dans tout ce que les auteurs nous en écrivent.
IUlzac.
^ Ce que c'est que l'amour ".'
Question qnd faudrait peut-être pouvoir adresser à Dieu lui-même, parce que Dieu seul pourrait y répondre...
® L'amour — bien suprême! disent les uns. Le pire des maux! s'écrient les autres.
Il est un vieil air d'opéra dont les paroles charm nites me reviennent à l'esprit toutes les fois que je suis sur le point de médire de l'amour :
... Si raniour ne causait que des peines,
Les oiseaux amoureux ne chanteraient pas tant.
Oui sait î c'est peut-être aux chansons, c'est peut-être aux oiseaux qu'il faut demander ce que c'est que r amour. P. J. Stahl.
^ Tout le monde parle de l'amour. Chacun suppose l'avoir éprouvé, une fois au moins, en quelque rencontre de jeunesse, et se croit le droit d'affirmer dans l'âge mûr, suivant que ses souvenirs lui en ont laissé une image riante ou fâcheuse, quelamour est une charmante faiblesse, excusable dans les années d'inexpérience; ou bien que l'amour est une ardeur des sens aussitôt éteinte que satisfaite; ou bien encore que c'est la chimère des imaginations romanesques, et qu'on s'égare et se perd à la poursuivre. Mais la passion, la passion de l'amour qui la coinuie? Un homme peut-être dans un siècle; et celui-là, voudra-t-il saura-t-il dire ce qu'il a ressenti? Et s'il le dit, qui le comprendra?
Dam EL Stern.
^ H est tout aussi diflicilc de déiinir l'amour que le bonheur ; ce sont deux sentiments que chacun éprouve et exprime d'une manière différente : ils échap • |)cnt, par conséquent, à l'exactitude de l'analyse. SAiNr-PROiPER.
ta Amour, amour, qui pourra sonder un seul de tes mystères? Depuis la naissance du monde et son éclosion sous ton aile, tu les suscites toujours inépuisables dans les cœurs, et tu le;s varies. Chaque génération de jeunesse recommence comme dans Eden, et t invente avec le charme et la puissance des premiers jours. Tout se perpétue, tout se ranime chaque |»rinteiu()s, et chaque coup de tes miracles est toujours nouveau. Le plus incompréhensible et le plus maoique des amours est encore celui que l'on voit, et, s'il est possible, celui (uie l'on sent ■
•JiO M:s FK.MMtS D'.VPIIKS LKS' AUTKIUS FRANÇAIS.
mais (le luiis, le p'us parlait pourtant et le plus simple, à les bien comparer, sera toujours celui qui est né le plus sans cause. Sainte-Beuve.
® L'amour, qu'est-ce, et comment vient-il?
('omme on a écrit là-dessusl et comhien inutilement! !^«i le récit, ni l'analyse n y sert, ni la comparaison.
£S3 X'amonr est lamour, une chose qui ne ressemble à aucune. Michelet.
f§3 — Qnesl l'amour? Ali! prcl à le nommer,
Ma bouche, en le niant, craindrait de hlasphénicr.
bui seul est au-dessus de tout mot «jui l'exprime ;
Eclair brillant et pur du l'eu (|iii nous anime...
Il est... il sciait (ont, s'il ne devait finir.
Si le cœur d'un nioitcl |iiiiivaiL le contenir;
Ou si, send)lable au l'<'n dont Dieu lit son emblème,
Sa llamnie en s' exhalant ne j'étonllait lui-même.
iiAMAHTIiNE.
® Nous nous promenions dans les allées du jardin :
— Qu'est-ce que l'amour? — lui demandai-je.
Il réfléchit un instant; puis, traçant au hasard sur le sable avec une baguette (ju'il avait à la main, des lignes entre-croisées qui ne ressemblaient à aucuns caractères lisibles, il me dit :
— Lisez. Michel .M.\sson.
D E F I :s rr I G .N s
® L amour est une passion entrepreneuse de grandes choses.
Monta ic.m:.
fë3 Amour est UM cliainieiu'.
lb»^s\l!l).
Eg? L'amoiM' est Je ne sais «pmi, (pii vient de je ne sais où, et (pii linit je ne sais conuneiit. M"" de Sr.roÉRi.
^ L'amour est un désir d'être aimé de ce (pi'on aime. IUissy-Rabutin.
® L'amour est le dispensateur d'un bien près de (jui la gloire et la richesse .sont des poupées I La Kontalne.
£^ L'amour est le ])remi(M' plaisir, la plus douce et la plus llatteuse de toutes les illusi(»ns. M""' de Lambeiit.
gs^ L'amour : c'est le plus grand de tous les plaisirs lors(pi il est violent cC^I la plii^ sotte de toutes les occupations lors(|u'elle est niedioci'c. De Jh;i',.Ms.
^ L'amour est le premiei' auleiu' du uenre humain. VADVENAluaiES.
{g3 l/amoiM' e>^t rélnJTe de la nature (pie I ima^nialion a brodée.
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