MOTI.N
236 LES FKMMKS D'Al'Ui-S LKS AUTEURS FRANÇAIS.
Celles (jii'on n'aime point ou (jui n'ont point d'amour Sont des corps sans beauté, ou des Ijeaulés sans àme.
^ En amour l'innocence est un savant mystère.
^ L'amour est un cniant nu, sans fard, et sans crainte, Qui se plaît qu'on le voie, et cpii luit la contrainte.
^ Il n'est homme ici-bas
Qui soit exempt d'amour non plus cjue de trépas.
^ L'amour n'est qu'un enfant dont on se peut défendre. Et riiomuie qui fléchit sous sa jeune valeur Hend par ses lâchetés coupable son malheur. Il se défait soi-même et soi-même s'outrage, Et doit son infortune à son peu de courage.
Regnie».
® C'est une passion — l'amour — qui mêle à bien peu d'essence solide beaucoup de vanité et rêverie fiévreuse. Montaigne.
^ Certes, c'est lâchement (|u'un tas de médisants, Imputant à l'amour qu il abuse nos ans. De frivoles soypçons nos courages étonnent ;
Tous ceux à qui déplaît L'agréable tourment (pie ses flanunes nous donnent
Ne savent ce (ju'il est.
S'il a de l'amertume à son conunencemenl,
On se peut assurer Qu'il est maître équitable», et qu'enfin il console Ceux qu'il a l'ait pleurer.
Maliilhue.
^ L'inclination est une chose efl'cclive on la raison na point de part; car il se trouve (uichniefois (pic la raison veut une chose, et notre inclination nue autre; et, quoique nous connaissions «(ue ce que nous aimons est moins ainuible que ce que nous n'aimons pas, nous ne laissons cependant |)as do l'aimer. Mille elTcts prodigieux de cette inclinalion aveugle en pionvenl évidemment la force. On a vu des liormnes de grand es|trit aimer des fennnes qui n'en avaient |)oinl, et des femmes de beaucoup démérite favoriser d(!s liommes méprisés de tout le monde, tandis (pi'elles en méprisaient d'antres (pii étaient digmvs d'eslinu'.
iyÇi Une grande haine <pii siic,c(',(i(' à un grand anKuir mai'(pn' encore de l'iunoin' caché.
Z<^ L'amoni' ainu;, de sa nature, lellenient le secret et le mys((''re, (pr(ui peni diri! (puî tout ce (pii n'est ni secret ni mystérieux n'est point amoni'.
.M""' m; S(Uin;i;i.
L'AMOLU. — LU MAUIAGK. - LA MATEU.MTÉ. 2r)7
^ Bien souvonl raïuoiir à la mort nous inario.
JODKLLI:;.
^ Ah! vous no oonnaissoz ni l'amour, ni ses traits. On j»oul lui résister quand il eonnuoneo à naître, Mais non pas le bannir (juand il s'est rendu maître. Et qiie l'aveu d'un père engageant notre loi, A lait de ee tyran un légitime roi.
Il entre avec doueeur, mais il règne par l'onze. Et quand l'àme ime fois a goûté son amorce. Vouloir ne plus aimer, c'est ce qu'elle ne peut, Puisiju'elle ne peut plus vouloir que ce qu'il veut. Ses chaînes soûl pour nous aussi fortes que belles.
£s3 Un cœur qui veut aimer et qui sait comme on aime, N'en demande jamais licence qu'à soi-mètne.
® Qui se croit aimé aime bientôt après.
^ On a peine à haïr ce qu'on a bien aimé, Et le feu mal éteint est bientôt rallumé.
^ Avant d'aimer on ne vit point encore. On ne vit plus dès qu'on cesse d'aimer.
® Aimez! aimez ! tout le reste n'est rien.
^ Lorsque l'amour s'empare de deux cœurs
Pour rompre leur coamiercc et vaincre leurs ardeurs,
Employez les secrets de l'art, de la nature.
Faites faire une tour d'une épaisse structure.
Rendez ses fondements voisins des sombres lieu.x,
Élevez ses sommets jusqu'au.K voûtes des cieux,
Enfermez l'un des deux dans le plus liaut étage.
Qu'à l'autre le plus bas devienne le partage.
Dans l'espace entre eux deux, par différents détouis,
Disposez plus d'argus qu'un siècle n'a de jours,
Empruntez des ressorts les plus cachés obstacles.
Plus grands sont les revers, plus grands sont les miracles:
L'un pour descendre en bas osera tout tenter ;
L'autre aiguillomiera ses esprits pour monter;
Sans s'être concertés pour une fin send)lable,
Tous deux travailleront d'un concert admirable,
A leurs chants séducteurs Argus s'endormira.
Des verrous par leurs soins le ressort se rompia,
De moment en moment enjambant l'intervalle.
Enlin ils feront tant qu'au milieu du dédale,
Imp^Mceptiblement ensemble ils se rendront,
Et, malgré vos ellorts, ils se rencontreront.
P. CoRNEll-LE.
UULNAUl.'r.
LKS FKM.MtS DAPHKS LKS ALTblLIlS TIIANÇAIS. ^ IMus cl"aiuour, purlaiil plus de joie.
li'aïuoiir est doniu' |)oiir aimer ce qu'il v a de ineilleiir. ^ ... IK'las ! il n'est point d'éternelles amours. ® On n'a reçu du ciel un cœur que pour aimer.
ÎS3 On ne tient [las longteni|)s contre un amant soumit'.
® L'anioui', par le respect dans un cœur eucliainé, Devient plus violent plus il se voit gêné.
E^ L'amour n'a Itien souvent qu'une douceur trompeuse.
La I omaine.
JJOSSUET.