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-§5 Ce ([lie je lopioolio à l;\ toiiune, ce nost point il'èlrc ce (lu'olle est, mais (le so laiio, de so laisser taire ce qu'elle ne doit pas être. C'est qu'au lieu de se mettre à côté de celui qu'elle aime pour l'aider dans la h daille de la vie, c'es^ qu'au lieu de lui l'aire voir le clieniiu, elle le lui barre, n'imaginant pas qu'arrivé jusqu'à elle il puisse lui rester un pas à faire.
E€B .le médis, non point île lanionr, mais du rau- (pi'on lui donne et de l'usage (pi'on en fait. Pour une lennne (pii conq)rend que la place du devoir doil être faite avant celle de l'amour dans le cœur d'un honnne digne d'être aimé, il en est mille qui mesurent la tendresse de leur amant à ses faiblesses; si bien que telle qui s'est éprise d'un homme pour sa valeur est capable, ô singulière perversité! de lui demander comme preuve suprême d'amour une lâcheté!
® La femme la plus niaise, si elle n'est pas amoureuse, a toujours plus d'esprit que l'homme qui l'aime.
.^ S'il est difficile de ne pas aimer une femme d'esprit, il est plus difficile encore de l'aimer avec persévérance. P. J. Stahl.
® Pour l'homme le corps est presque tout dans les relations des sexes ; pour les femmes, c'est l'àme qui est souveraine. Ernest Legouvé.
® Prenez le temps comme il vient, le vent comme il souffle, la femme comme elle est. Les Espagnoles, les premières des femmes, aiment fidèlement : leur cœur est sincère et violent ; mais elles portent un stylet sur le cœur. Les Italieimes sont lascives, mais elles prennent mesure de leurs amants avec des aunes de tailleur. Les anglaises sont exaltées et mélancoliques, mais froides et guindées. Les Allemandes sont tendres et douces, mais fades et monotones. Les Françaises sont si)iriluellcs, élégantes et voluptueuses, mais elles mentent comme des démons.
Avant tout n'accusez pas les femmes d'être ce qu'elles sont, c'est nous qui les avons laites ainsi, détruisant l'ouvrage de la nature en toute occasion.
® Une femme ne vit et ne meurt que tl'amour ;
Elle songe une année à quoi lui (l'homme) pense un jour.
Alfred de Musset.
^ 11 n'y a pas moyen d'être indifférent pour une femme qui vous aime.
&i ... Le plus beau collier :
Les deux bras d'une fpiiime aimée et que l'on aime.
Victor Hugo.
^ La voix d'une femme aimée qui vous parle à des heures de silence et de mystère, sous le ciel étincclant et sur la mer grandiose, a sur l'âme une puissance bien pénétrante et bien souveraine. Oct. Feuillet.
® Une femme est capable d'aimer, et, dans im an entier, de- ne dire ((lie dix ou douze mots à riiomme (pTelle préfère, Elle tient note au fond de son cœur
du nombre de fois qu'elle la vu ; elle est allée deux fois avec lui au spectacle, doux fois elle s'est trouvée à dîner avcclui, il Ta saluée trois fois à la promenade. Un soir, à un petit jeu, il lui a baisé la main; on remarque que depuis elle ne permet plus, sous aucun prétexte et même au risque de paraître sin<Tulière, qu'on lui baise la main.
?-: A moins d'une grande passion, prise peu à peu et dans la première jeunesse, une lemme d'esprit n'aime pas longtemps un homme commun.
^ Une femme, en prenant un amant, tient plus de compte de la manière dont les autres femmes voient cet homme, que de la manière dont elle le voit elle-même.
De là les succès des princes et des officiers.
^ On dirait que, par une étrange bizarrerie du cœur, la femme aimée communique plus de charme qu'elle n'en a elle-même. L'image de la ville lointaine où on la vit un instant jette dans une plus profonde et plus douce rêverie que-sa présence elle-même. C'est l'effet des rigueurs.
^ Femme tendre, qui cherchez à voir si l'homme que vous adorez vous aime d'amour-passion, étudiez la première jeunesse de votre amant. Tout homme distingué fut d'abord, à ses premiers pas dans la vie, un enthousiaste ridicule ou un infortuné. L'homme à riiumeur gaie et douce, et au bonheur facile, ne peut aimer avec la passion qu'il faut à votre cœur.
® .... J'ai vu l'aimable et noble Wilhelmine, le désespoir des beaux de Berlin, mépriser l'amour et se moquer de ses folies. Brillante de jeunesse, d'esprit, de beauté, de bonheurs de tous les genres..., une fortune sans bornes, en lui donnant l'occasion de développer toutes ses qualités, semblait conspirer avec la nature pour présenter au monde l'exemple si rare d'un bonheur parfait accordé à une personne qui en est parfaitement digne. Elle avait vingt-trois ans; déjà à la cour depuis longtemps, elle avait éconduit les hommages du plus haut parage ; sa vertu modeste, mais inébranlable, était citée en exemple, et désormais les hommes les plus aimables, désesj)érant de lui plaire, n'as|)iraient (ju'à son amitié. Un soir elh; va au bal chez le j)rin('e lùiidiiiand, elle danse dix minutes avec un jeune capitaine.
« De ce moment, écrivait-elle pai' la suite à une amie, il fut le m;iîlre de mou cœur et de moi, et cela à un [)()inl (pii m'eût remplie de teireur, si le bonheur de voir llermann m'eût laissé le temps de songer au reste de l'existence. Ma seule pensée était d'observer s'il m'accordait (piehpie attention.
« Aujourd'hui, la seule consolation que je |)uiss(î trouver à mes faulcs esl de me bercer de l'illusion (pi'uue lorce snpêriein'e m'a ravie à nioi-mênic et à la l'aison. .le ne puis par iincunc piuole peindre, d'une iiiamèic (pii approche de lu rêidilê, jusqu'à <pir| pdini, seulenu'ut à l'apercevoir, allèrent le désordre et le lioulevcrseuient de tout mon être. Je rougis de (lenseï- avec (pu'lle lapidilé et
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(juollo violoiu'o jotais oiUrainée vers lui. Si sa pitMiiièro parole, (iiiaïul eiiliii il me parla, eût été : « M\ulorez-voiis? » en vérité je n'aurais pas eu la force de ne pas lui répoudre : « Oui. )> J'étais loin de penser que les effets d'un sentiment pussent être à la lois si subits et si peu prévus. Ce lut an point qu'un instant je crus être enipoisoiniée.
« Malheureusenient vous et le monde, ma chère ainie, savez que j'ai bien aimé Hermann : eh bien, il me fut si cher au bout d'un cjuart d'heure, que depuis il n a pas pu me le devenir davantage. Je voyais tous ses défauts, et je les lui pardonnais tous, pourvu qu'il m'aimât.
« Peu après que j'eus dansé avec lui, le roi s'en alla; llermann, qui était du détachement de service, fut obligé de le suivre. Avec lui, tout disparut pour moi dans la nature. C'est en vain que j'essayerais de vous peindre l'excès de l'ennui dont je me sentis accablée dès que je ne le vis plus. 11 n'était égalé que par li vivacité du désir que j'avais de me trouver seule avec moi-même.
« Je pus partir enfin. A peine enfermée à double tour dans mon appartement, je voulus résister à ma passion. Je crus y réussir. Ah ! ma chère amie, que je payai cher, ce soir-là et les journées suivantes, le plaisir de pouvoir me croire de la vertu! »
Ce (jue l'on vient de lire est la narration exacte d'un événement qui lit la nouvelle du jour, car au bout d'un mois ou deux la pauvre Wilhelmine fut assez malheureuse pour qu'on s'aperçût de son sentiment. Telle fut l'origine de cette longue suite de malheurs qui l'ont fait périr si jeune et d'une manière si tragique, empoisonnée par elle ou par son amant. Tout ce que nous pûmes voir dans ce jeune capitaine, c'est qu'il dansait fort bien^.
^ Quel moment que le premier serrement de main de la femme qu'on aime î Le seul bonheur à comparer à celui-ci est le ravissant bonheur du pouvoir, celui que les ministres et rois font semblant de mépriser.
^ Quand on vient de voir la femme qu'on aime, la vue de toute autre femme gâte la vue, fait physiquement mal aux yeux.
'^ Lorsqu'on doit voir le soir la femme qu'on aime, l'attente d'un si grand bonheur rend insupportables tous les moments qui en séparent.
Une fièvre dévorante fait prendre et quitter vingt occupations. L'on regarde sa montre à chaque instant, et l'on est ravi quand on voit qu'on a pu faire passer dix minutes sans la regarder; l'heure tant désirée sonne enfin, et quand on est à sa porte prêt à frapper, l'on serait aise de ne pas la trouver; ce n'est que par réflexion qu'on s'en affligerait; en un mot, l'attente de la voir produit un effet désagréable.
Voilà de ces choses qui font dire aux bonnes gens que l'amour déraisonne.
C'est que l'imagination, retirée violemment de rêveries délicieuses où chaque pas produit le bonheur, est ramenée à la sévère réalité.
* Cette histoire ost uue sorte de pendant à celle que raconte plus iiaul la Bruyère.
'J8i M-S IK.MMKS DAIi'.KS LKS AlTKl IIS FRAiNljAlS.
L'ànu' leiulie sait l)i('n (jiie, dans le comijat (iiii \a coiimiciuei' aussitôt i\uc vous la verrez, la moindre négligence, le nioimlre manque d'attention ou de courage sera puni par une déiaile empoisonnant pour longtemps les rêveries de I imagination, et hors de Tintérèl de la passion si Ton cherchait à s'y léfugier, humiliante pour l'amour-propre. On se dit : «J'ai manqucd'esprit, j'ai manqué décourage; » mais l'on n'a du courage envers ce (|u\)n aime (pi'en l'aimant moins. Ste.ndaul.
^ Ce que les femmes aiment le plus dans l'homme, ce sont les hiessures (jumelles lui l'ont. Ans. Houssaye.
£S II faut reconnaître (pie Pamour, comme sentiment moral, est une création (jui appartient aux femmes; ainsi, aux époques où la législation les a exilées de la société, il n'y avait plus d'amour, mais seulement union des deux sexes : alors le monde était hien à plaindre, puisque la force régnait sans que la grâce pût adoucir sa rigueur. L'ancien système social a disparu au jour que la force sur laquelle il comptait est venue à fléchir, et le Nord a renversé Tédilice de la puissance romaine. Mais, tout en apportant la destruction, il y avait (|uelque chose détendre dans le cœur de ces harhares : ils rendaient honnnage aux femmes, comme à la divinité qui donne le bonheur. Celte touchante disposition acquit de nouveaux développements. Le christianisme, disciplinant la conquête, en tira la civilisation moderne. Comme il donne de la dignité à tout ce qu'il touche, il éleva la femme au rang de compagne en même temps qu'il laissait à l'époux la supériorité, puisque lui seul devait rester chargé de tout ce (jui exigeait courage et résolution.
Les rapports du cœur une lois reconnus, les femmes devinèrent bientôt (pie le plaisir de la possession ne devait plus ètie que secondaire. D'un autre côté, la retraite où elles étaient confinées, et d'où elles ne sortaient (pie pour ètie exposées aux périls des fré(|iienles guerres de la féodalité, rendait indispensable à leur faiblesse la générosiié des hommes. 11 lui fallait un prix : les femmes ciicichèrenl, et après avoir épuisé tout ce qu'elles avaient de délicatesse, elles inventèrent pour les hommes un nouveau genre de bonhem- d'autant i)lus précieux, (pi'elles en lirent la récompense des plus brillantes vertus. L'amour, tehjuejele (conçois, na(piit alois, et les femmes devinrent souveiaines du monde. Il faut le dire, elles n'usèrent de cet empire (|ue pour mieux nous aimei', et par instinct de bonheur leuicommandemenl nous était cber. Mallieineusement les preniièr(>s (l'cntrc! elles furent appelées à la cour de nos princes, où elles eurent encore h.- |)()ii\(»ii-; mais leur boniieiu- en paya quelquefois les conditions, et malgré leurs clforts (îlles ne piirenl ('cbappei' à riniluencc des lUd'uis établies dans un lieu où le liien vl l(! mal ont tour à tour pnissanc(! d(! s(î consliluei- usage. (juehpKîs femmes dégradèrent donc ramoiu'; cf-peiKhint il n'en resta pas moins un noble sentiment, car ce (pie nous appelons esprit (h; société n'evislait pas encore, et la corruption, suivant le caractère |)articulier de nos piinces, naissait ou moulait à la cour. Là même les formes chevalercs(pies inq)rimaient au désonbc de