‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 66 sur 194 · I;VM01 11. — LK MAIUACK. ^ I.V MATERNITÉ · texte numérisé non relu

I;VM01 11. — LK MAIUACK. ^ I.V MATERNITÉ

elle a rouné sous la lente dWbraluun, et dans ces couches mêmes où les patriarches goûtaient tant île joie qu'ils oubliaient la mort île leurs mères.

CllATEAUBHIAND.

JS] ... Pour être jaloux, |>;ir air ou par dcpil,

Il uo faut ixMul d'anionr, rauiour-propre sutfil.

Andrieux.

g3 Je ne sais quels sont les effets de la jalousie d'un homme sur le cœur de la temme qii'il ainu>. De la part d'un amoureux qui ennuie, la jalousie doit inspirer un souverain déyoïit qui va mè'me jusqu'à la haine, si le jalousé est plus aimable que le jaloux, car l'on ne veut de la jalousie que de ceux dont on pourrait être jalouse, disait madame de Coulanges.

Si l'on aime le jaloux et qu'il n'ait pas de droits, la jalousie peut choquer cet orgueil leminin si tliliicilc à ménager et à reconnaître. La ja'.ousie peut plaire aux femmes qui ont de la fierté, comme une manière nouvelle de leur montrer leur pouvoir.

La jalousie peut plaire comme une manière nouvelle de prouver l'amour. La jalousie peut choquer la pudeur d'une femme ultra-délicate.

La jalousie peut plaire comme montrant la bravoure de l'amant, ferrum est quod amant. Notez bien que c'est la bravoure qu'on aime, et non pas le courage à la Turenne, qui peut fort bien s'allier avec un cœur froid.

f^ A l'instant où naît la jalousie, chaque perfection que vous ajoutez à la couronne de l'objet que vous aimez, et qui peut-être en aime un autre, loin de vous procurer une jouissance céleste, vous retourne un poignard dans le cœur. Une voix vous crie : Ce plaisir si charmant, c'est ton rival qui en jouira.

® On a regardé la jalousie comme une affection mâle et noble. Ce sont de pareilles bévues qui mènent si longtemps des millions d'hommes.

Cet honneur jaloux date apparemment des temps réels ou supposés de l'enfance du monde; il provient de l'isolement où les hommes étaient alors, de l'isolement où se sont trouvés les hommes de certaines contrées.

Dans un ordre établi, dans une morale raisonnée, la jalousie n'est qu'une faiblesse ou une sottise. Mettez de l'importance à la possession quand vous aimez; mais alors vous aimez avec confiance, vous n'êtes point inquiets, vous n'avez point besoin d'être jaloux. Si vous n'aimez pas avec confiance, vous n'aimez pas. Si vous aimez sans être aimé, cessez d'aimer. Cela est très-difficile quelquefois ; aussi la jalousie est une faiblesse, quand elle n'est pas une sottise.

Mais, dira-t-on, l'on aime sans estimer. Alors l'amour est une démence, et je ne sais point de lois morales pour les maniaques.

Mais enfin la jalousie est dans la nature. Que m'importe? Les haines les fureurs, 1 ingratitude sont aussi dans la nature.

Les restes inconsidérés d'un noble enthousiasme faisaient de l'honneur une déité mystérieuse. Les passions seules réglaient alors les opinions. Ce n'était

r.OC LES FEMMES D'APRÈS LES AUTEURS FRANÇAIS.

plus rhoiineur, première loi de l'homme de bien ; c'était la manie de l'honneur : et Ton consacrait comme des lois sociales les sottises (jue cet honncur-là mettait à la mode. L'homme le plus vertueux était déshonoré pour des fautes qu'il n'avait pu ni partager ni prévoir. Il était compromis, si quoique étourdi venait compromettre, ou soupçonner, ou calomnier sa femme. Ce caprice d'un hoimcur trop sévère, pour être toujours juste, paraît cesser parmi nous; mais beaucoup de peuples en suivent encore les écarts.

On prétendra que ces préjugés, peu équitables, mais respectés, servaient à maintenir les mœurs et l'union domestique. Je ne le nie pas : c'est un moyen, comme tant d'autres que nous avons trouvés ou conservés : comme la sécurité qu'on obtient par la mutilation des eunuques; comme le déshonneur des fds pour le crime du père, dont la conduite leur était apparemment soumise ; comme les tortures, qui ne laissent pas de faire découvrir quelques conqîlices ; comme les avantages que l'anatomie retire de nos exécutions sanglantes, digne reste des codes barbares.

^ Nos jalousies sont ridicules parce qu'elles sont insensées. Si d'ailleurs elles montrent quelque force dans l'amour, ce n'est que celle d'un amour erroné, d'un amour sans noblesse. La jalousie ne convient qu'à l'animal qui ne rélléchit point; elle est dans l'instinct plus que dans la volonté. Ses soupçons, ses démarches, tant d'excès, d'impuissance et d'angoisses, sont d'un cœur étroit, incertain, extrême, et qui échappe aux lois d'une raison infirme. 11 est de justes précautions : l'inquiétude, le désir de s'assurer du vrai, sont alors une affaire et non point une passion ; c'est souvent prudence ou nécessité, ce n'est pas jalousie. Mais dans le véritable amour on n'a rien à craindre, à savoir, à découvrir : une belle âme ignore ces sollicitudes.

^ Si la jalousie annonce ([uelque force, c'est la force d'un amour insensé. Lorsqu'on aime en conservant la raison, nécessairement on estime ce qu'on aime, et l'estime doit exclure toute idée de perfidie. Sknancouu.

® Il y a deux sortes de jalousies : l'une grossière, qui tourmente l'objet aimé de ses défiances perpétuelles; l'autre délicate, (jui est une défiance de soi-même et ne fait souffrir que le jaloux. A. (iuvAnu.

®3 Tout ce que j'ai |)u observ((i' de cette fameuse passion de ranioiu", tant célébrée, me persuade que sa fornu; la plus fréijuente et la plus saisissable est la jalousie. L'amour tranquille est indolent; il s'endort volontiers, volontiers il passe du sommeil à la mort; cnlin il ne se mène pas généralement connue on voit dans les livres et sur les théàties, et c'est une aflection (pii est plus forte et jtliis turbulente dans l'esprit que dans le cceur. Je crois bien <pie, si on lisait iii()iii> (le loiiiaiis, il y aurait moins d'amoureux. Mais la jalousie, voilà vrainicnl nn(t l];iinnie.

J'en conclus (|ne l'amour est, au fond, un Irès-vif senlimcnt d'adoration poîîr nous-niêmc. Un veut avoir un esclave et èlie un di<!U, (ît ce (pii lèse cette sou-

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