‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 65 sur 194 · IMPERATRICE DE RUSSIE · texte numérisé non relu

IMPERATRICE DE RUSSIE

Klle ;n;tit nit'iité son siinioni do Grande, gr.iiulo dans le ciime, grande dans lo vice, ;;rande dans l'empire, grande dans ladmiralion, mais grande aussi dans Tliorreur des honiines. Elle avait civilisé, elle avait illustré, elle avait étendu l'empire, mais elle avail perverti la Russie. Quand l'histoire n'affectera plus de se séparer de la conscience, elle dira si une femme infidèle et conspiratrice, maîtresse et complice des assassins de son mari, usurpatrice du trône, marâtre de son fils, meurtrière à froid d'un compétiteur involonlaiie de l'empire, conquéi-ante par ruse de la Crimée, spoliatrice par violence de la Pologne, présentant aux regards de son peuple douze favoris successifs, étages comme des cariatides obscènes sous les marches du trône, impie en France, hypocrite à Moscou, fomentant la révolution dans ses doctrines et la proscrivant dans ses actes, femme à trois faces et à trois langages, barbare avec les barbares, libérale avec les philosophes, révolutionnaire avec les peuples, contre-révolutionnaire avec les rois, comédienne souvent, tragédienne quelquefois, actrice toujours, mais grande actrice ; l'histoire, à ce point de vue de l'honnêtelé morale, qui est le point de vue de la véritable politique, dira si une telle femme doit être comptée au rang des bienfaitrices de son peuple ou des corruptrices de rhumanité.

Lamartine.

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