‹ Les femmes dans la scienceChapitre 117 sur 193 · MILLET-ROBINET (M · texte numérisé non relu

MILLET-ROBINET (M

Agronome contemporaine, morte presque centenaii'e , auteur de La Maison rustique des dames ; 1859, 2 vol. in-12. — La Maison rustique des enfants, — La Routine vaincue par le progrès.

MITCHELL (Maria)

Elle suivait le monvement des astres, dans le merveilleux symbolisme de la formule mathématique.

Cette épigraphe est due à Mary W. Whithney, élève et successeur de Maria Mitcholl, à Vassar, qui a publié une notice en son honneur. De ce travail, traduit et abrégé, nous dégageons les indications suivantes.

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Pêiihfxrs de balrink et quakers. — Maria MitchcU est née dans Tilo de Nantueket, où les femmes étaient aussi énergiques 4|ue les hommes, (>arcc que ces derniers parlaient |K)ur de longs voyages de |)èchc et que les quakers dominaient. La légende rapporte qu'un des trois premiers blancs qui al>ordèrent dans Tilc était un ancêtre de l'astronome. Les femmes pouvaient parler et voter à l'église, mais la plus grande sim- |)licité leur était impos<'e ; elles se livraient au travail intellectuel.

Les Mitchell étaient de purs quakers, n'étaient pas marins et ils étaient parents de Benjamin Franklin. Le père de Maria, âgé de plus de 70 ans, aidait encore sa fille ; il maniait bien le sextant et avait déterminé la latitude du lieu ; il tenait les registres météorologiques.

Père et fille pendant l'é<:lipse. — Maria Mitchell née dans l'île, le !«' août 1818, était la troisième de neuf enfants. La famille n'était pas riche. Le |H^re dirigeait une école, était enqiloyé à Finspection des côtes et se délassait en étudiant les étoiles. Il y avait dans le ménage un glob<' céleste et un petit téles<.*o[)e. Tne éi*lipse annoncée mettait tous ces Mitchell en éveil.

Maria devint vite l'aide de son père dans ses ol>servation8 astronomiques et dans ses calculs. Dès onze ans, elle mesurait le temps au chronomètre, |>endant une éi*lipse lunain% et, au retour de l'éc^lipse, 5i ans plus tant, elle laissa ses élèves observer au télesco[>e, et voulut se l)onier encore à mesurer le temps comme autrefois.

Laborieux commencement. — Père Pierce, l'instituteur, reman|ua vite l'enfant et la |)Oussa vers les sciences. A 18 ans, elle devint biblioth(Vain' à l'AthcMueum Library, gagna ipielque argent, étudia le latin et dévora Laplace et (lauss. Klle dirlarait, dans son enthousiasme, qu'une formule mathématiipie est un hymne de l'univers (mot à commenter).

l^i^JiiÈRE coM^rrE. ~ Maria menait de front la pratique et la théorie. Pendant la nuit du 1**^ octobre 18i7, elle observa

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au ciel une petite tache nouvelle. Etait-ce une simple nc^buleuse ou une comète? Lorsque le lendemain, le verre fut de nouveau dirigé vers la tache, le petit nuage avait changé de place. Il s'agissait donc d'une comète et la jeune astronome de Nantucket l'avait découverte la première. Le P. Vice Tobsefva ensuite à Rome.

On donna le nom de Maria Mitchell à l'astre nouveau et le roi de Danemark envoya, en récompense, une belle médaille d'or.

Départ pour l'Europe. — La célébrité venait peu à peu. Aux instruments portatifs, succéda un grand télescope offert à Maria par ses admirateurs. Elle fut nommée calculatrice du Nantie Almanach et lit la connaissance des savants américains.

Ses économies étaient insuffisantes pour faire un voyage en Europe, ce voyage qu'elle désirait tant, lorsqu'un négociant lui demanda d'accompagner sa iille. En Angleterre, Mary visita John Herschel et Airv. Elle dut rendre sa Iille au nfiarchand qui avait fait de mauvaises affaires et elle continua seule le voyage, avec son fonds de réserve.

A Paris, Leverrier donna à l'Observatoire une fête en l'honneur de l'américaine. Le pape lui permit de visiter à Rome l'observatoire des jésuites où aucune femme n'était encore entrée .

Directrice d'observatoire. — De retour en Amérique, Miss Mitchell trouva sa mère malade et isolée, les autres filles s'étant mariées. Elle devint sa garde-malade et dut reprendre le poste de bibliothécaire. Après la mort de Mrs Mitchell, le père et la fille se retirèrent à Lynn, Massachusetts, achetèrent une maisonnette, v installèrent leurs instruments et reprirent leurs observations.

En 1865, on proposa à Maria, (jui avait 47 ans, la chaire d'astronomie à Vassar Collège qu'on venait d'ouvrir. Elle accepta non sans inquiétude. Il s'agissait d'un collège de femmes, pour les hautes sciences. Quinze élèves purent seules suivre le cours.

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Ia» professeur savait stimuler les disciples et elle les traitait cordialeinent. Attendait-on une ondée de météores ? Les détachements d'observatrices se succédaient sur le toit, et, dans l'intervalle, on allait boire une tasse de café chaud et se reposer au salon.

Miss Blitchell était devenue directrice de l'Observatoire, en même temps que professeur au Collège.

JiPiTEK KT Satirne. — Malgré ses leçons, Maria trouvait le temps de faire des travaux pei'sonnels et de contribuer à l'avancement <le hi science. Jupiter et Saturne étaient ses planistes favorites.

Kii lS7'i, drs qu'on commença à appliquer la photographie à l'astronomie, hi directrice ht établir un appareil à ses frais et étudia, avec ses élèves, la face du Soleil.

Nous avons déjà dit combien Maria Mitchell était l)onne. FLIle réunissait sous la cou[>ole, en un diner d'adieu, les jeunes filles qui allaient (juitter déhnitivement l'Observatoire. Le gaz remplaçait la douce lueur des étoil(»s. on remisait les instruments, on s'amusait, on disait des vers

Lakfaihussement final. — Suiïitement à 60 ans, la noble frmrne s^Mïtit une grande fatigue l'envahir et elle offrit sa démission. On la nomma professeur honoraire, avec un appartement dans l'Observatoire et le droit d'obsener lil)rement aux instruments.

Elle préféra se retirer à Linn et lit installer le télescope dans la maison de famille, mais, pendant le [irintemps de IKHil, h» corps et l'intelligence s'affaiblirent déhnitivemiMit et Maria Mitchell mourut le 28 juin.

Elle nous a donn»'» un grand exemple de simplicité et de d<»vouement à la vérité, en proclamant avec joie les lois du monde physii]un et du monde moral.

BlBLKM^IlAMIIE.

(Eucrei de .V. MilchrU.

On Jupiter and hig tntfUitfi (Afnfriran Journal of science, 1871, |.p 3.n a T»' ; \H"r>, pp. 434 à 456 ; IKIH, pp. 3K à 41». \otfi ofthe %at€UHe$ nfSatum (Idem, lH7tl, pp. 430 à 432).

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Observations and éléments of Miss Mitchell's cornet. Londres (Astron . soc. Monthly not, 1847-8, pp. 9 à 11, 130 à 131).

Minimaof Algol. (The astron. jeu rn. Cambridge, U.S.A, 1858, p. 7.)

Observations on some doubles stars (Americ. journ. of Science, 1863, pp. 38 à 40.)

Sources pour M. Mitchell.

Màdier. t. ï, p. 398.

Appleton. American biography, 1888.

Annual cyclopedia, 1889.

The sidéral messenger, t. IX, p. 49.

Chataugnan, t. X, p. 181.

Portrait. (V. notice par Miss Wilhney.)

MOGNIZ

Christophe Colomb épousa, en Portugal, une demoiselle Mogniz, dont le père avait été marin.

LiBRi. Histoire des mathématiques en Italie; t. III, note de p. 71.

MOLSA (Tarquina)

de Modène ; avait étudié l'astronomie avec Antoine Guarino et la philosophie platonicienne avec François Patrizzi.

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