ROYER
ROYER (CLéHENCC
Elle est presque uo homme de géoie.
E. Kenan.
Clc^mence-Aujj^iisliiio Royer est née à Xanles, le 21 avril 1830, d*imc famille légitimiste et religieuse, dont elle devait abandonner les crovances.
Kilo a habité Lausanne où elle a débuté par un cours de logique [)0ur les dames, [>endant les deux hivers 1859 et 1860. L'été suivant, Timportante question de rinipôt étant mise au concours par le canton de Vaud, la petite demoiselle au chapeau de paille remonte à sa montagne pour étudier les éi*onomistes et elle partage le prix avec le fameux Proudhon.
Clémence Royer a accusé depuis sa forte personnalité, dans plusieurs directions. Savante universelle, vivante encyclopé<iie, elle s'est montrée presijue simultanément philosophe, économiste, physicienne et naturaliste. Peu disposée à se ranger dans les cadres consacrés, elle a des négations radicales, s^insêtre ni socialiste ni positiviste. « Je ne me laisserai jamais mettre en lx)uteille, je ferais sauter le l)Ouchon », dit-elle.
Klle jouit peut-être en Améri(|ue de plus de réputation (|u'on France, où nous n*admettons pas au même degré la liberté des i<léi»s. I>e |R»tite taille, avei* son front large. M*' Royrr laisse la complexité des choses agir sur l'esprit, maiselle applique ensuite une dikluction rigoureuse. Klle attaque de vieilles opinions, retourne h»s hy|)othêses et en particulier celle de Liplace. Klle trouve «pi'on n'a pas besoin de courage [>ourdire la vérité et qu'il ne faut pas abus<Tdes mathématiques, dont la terminologie nouvelle l'effraie.
(hi a |Kirh' à divers<»s reprisi»s de (Ilémence Royer |)Our rinslitut, auquel elle ne songe guère, connaissiint les préjugés. C'est certainement un <*erveau |Miissaul. \j^ corps est latigut's mais la ikmisi'h? n»ste libre (»t fièn».
Au moment où nous mettons sous presse, on pré|>;ire un banquet en l'hoiuieur de M"* Royer.