SOMERVILLE
leraent occupée d'astronomie, elle a approfondi les sciences physiques.
V Etude chimique et magnétique du soleil^ d'après les raies du spectre nous a valu, à diverses dates, plusieurs mémoires, dans les Transactions philosophiques.
De la connexion des forces physiques est le titre d'un livre où M™« Somerville s'attache à montrer la liaison des différentes sciences physiques. Il a été traduit en français par M"* Meulien, avec des notes d'Arago.
La Géographie physique a eu de nombreuses éditions, dont l'une à Calcutta. Quand le Cosmos parut, le premier mouvement de M«»« Somerville fut de jeter son travail au feu, elle eut raison de se retenir. En effet, de Humboldt lui écrivit : c< Le sentiment de précision que vos habitudes de géomètre vous
ont si profondément imprimé pénètre tous vos travaux
Vous dominez dans ces régions comme en météorologie et en magnétisme. »
C'est en 1869 que M"»® Somerville a publié sa dernière œuvre Science moléculaire et microscopique.
Optimisme religieux. — Tous les livres de Mary Somerville sont empreints d'optimisme religieux. Une de ses épigraphes est empruntée à Saint-Augustin : « Deus magnus in magnis, maximus in minimis. » Elle dit ailleurs que (( par les sciences, l'homme s'élevant dans ce monde au-dessus des choses basses et périssables, se prépare à sa haute destinée dans l'autre. » Ailleurs encore : « Rien ne m'a donné une preuve aussi convaincante de l'unité de la Divinité que les conceptions mathématiques, qui, n'ayant été accordées à l'homme que par degrés, ont existé de tout temps dans l'esprit omniscient du Créateur. »
Cette chrétienne était d'une tolérance aimable ; ce n'était pas une prédicante. « Je n'ai jamais pu, assure-t-elle, supporter un sermon un peu long. »
Une centenaire. — M™« Somerville est morte à Naples, en 1872, à 92 ans. Cette quasi centenaire a travaillé sans
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fatigue jus4|irà sa dernière heure. On peut répéter pour elle le vers du poète :
Kien ne trouble sa fln, c^est le soir d*un beau jour.
La savante a eu tous les honneurs. La reine d*Angleterre lui a fait une |)ension sur sa liste civile. Victor-Emmanuel lui a offert une grande médaille d*or. Elle faisait partie de la plupart des académies. De Humboldt a affirmé que « Dans les mathématiques pures, M""* Somerville est tout à fait supérieure. » Un navire a porté son nom, mais il n'est pas revenu des mers de Tlnde.
l'u buste de Chantrey et un portrait de Surton nous représentent Mary Somenille. Elle est restée belle longtemps, avec un front un peu bas, mais large, et une ph)'sionomie régulière, calme et douce.
Il y a à Oxford un collège Somerville-Hall pour les jeunes filles. Il y a aussi à Londres un club Somerville; c*est un cercle original où les dames se réunissent seules, mangent et lK)ivent, lisent et font des conférences, loin des gentlemen. Les Françaises ne seraient pas assez cruelles pour éloigner ainsi leurs sénateurs.
BlMJOGRAFBll.
CEutrtM de Mary Somerville,
On tlie rnagneUzing power of the more refrangible §<>lar rays. 18i6 l'hilos. Tmns., pp. 132 à 139.
Mechanism of the h(*aTen4. Londres, 1832. Philadelphie, 183â.
On the connexion of the phy»icAl sciences. Londres, IH34, neuf éd. anglais4^; .Ni»w-York, 1846; trad. allemande par K.-F. Kloden, Berlin, 1835 ; Irad. fmnraisf par M"* T. Meiilien; Paris, 1838.
K\|>ériences sur la tninsmis!4i<)n des rayons chimiques à travers différents mlli«*u\. 183(N Paris, Comptes rendus de l'Ac. des Se.
On the actions of the rnys of spectrum u|M)n vegetabtes Juices. 1845-6, Trant . Phil.
Ph)sical giM)graphy. Londres, 1^48, cinq M. anglaises (Portr.) ; Philadelphie, 1848; quatre éd. américaines; une édition indienne, Benarês, 1853.
On the molecular and microticoplcal science. Londres, 1869 , 2 toI.
Sourcet pour M. S.
Pers4inal recolIccHoiis from eariy life to old âge ot Mary Somerfille. With sélection from her corres|»ondance, by her daughter lUrtha