MERVILLE
sition. Le marin appela lie Soraerville une ile glacée qu'il découvrit : Un bienfait n'est jamais perdu.
Voyageurs. — En bons anglais, les époux Somerville voyagèrent beaucoup sur le continent. Ils parcoururent plusieurs fois la France, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie où ils finirent par se fixer.
AuTOBioGRAPmE. — Madame Somerville a laissé des mémoires, Personal recollections ^ qui ont été complétés et publiés par sa fille Martha. Ce livre, fort intéressant, est épuisé. La Revue britannique avait commencé, dans le temps, à en publier des extraits qu'elle a brusquement suspendus.
J'emprunterai aux Mémoires seulement deux anecdotes et les noms de quelques dames qui se sont occupées de science.
Laplace donna à diner à Arcueil à M. et à Madame Soraerville. En causant avec sa voisine, il lui déclara que deux femmes seulement avaient étudié sa Mécanique céleste, « Elles étaient, chose singulière, toutes deux écossaises ; l'une s'appelait mistress Greig et l'autre, c'est vous, Madame. »
Certaines dames de Paris s'occupaient alors de politique et la coterie légitimiste était très rebelle. On l'avait surnommée robes de résistance (en français, dans le texte).
Mrs Sabine a traduit le Cosmos; elle a fait aussi des calculs de magnétisme pour son mari.
Mrs Marcet est l'auteur de ces Conversations de chimie qui ont révélé le jeune Faraday à lui-même.
M^e Biot a traduit de l'allemand un livre scientifique. La traduction a paru sous le nom de M. Biot.
Caroline Herschel a été l'aide de son frère William, le grand astronome; elle est morte centenaire.
Adda Byron, devenue Lady Lovelace, a décrit la machine à calcul de Babbage.
Mme Lavoisier a gravé les dessins du Traité de chimie et, après la mort de Lavoisier sur l'échafaud, elle a réuni plusieurs de ses mémoires et a écrit la préface de leur collection.
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Sur le lard, la veuve de Lavoisier a épousé Rumfoni; cette nouvelle union n a pas été heureuse.
W^* de Rigny a préparé seule à TEcole polytechnique son fn»re, Tamiral.
Nous nous bornerons là, quoique la liste soit plus longue. Du reste, nous parlons ailleurs de ces dames.
La MÉCAMOiE céLESTK. — Au livrc de Newton a succwlé la Mécanique céleste de I^place où, en cinq volumes, les mouvements de tous les astres sont minutieusement détaillés, en tenant compte des perturbations. On peut calculer ainsi, à laide de séries dont on prend les premiers termes, les positions des plantâtes et de la lune, plusieurs siècles à l'avance. Le marin sait alors se guider sûrement à travers les mers.
Loni Brougham,en homme pratique, eut Tidée de faire publier en anglais une nViuction populaire du livre de Laplace et il s'adressa à M»** Somenille. Celle-ci répondit : « J'estime que Touvrage n'est pas susceptible d'être vulgarisé, puis(|ue le lecteur doit connaître le calcul infinitésimal et qu*en outre laplace ne donne aucune figure. Cependant, puis^iue vous et mon mari le désirez, j'essaierai quand même, à la condition (pie la chose restera secrète et <|ue, si j'échoue, ce que je crains fort, mon manuscrit !^ra jeté au feu. » Le Mechanism of heavens fmtVanisme des cieux) a paru en 1831. Herschcl dc'^lare « qu'il a lu avec admiration ce livre écrit |)Our la [)Ostérité et qu'il regrette que Laplace soit mort. » La mécani<|ue céleste de M"' de Somenille devint vite classique et on nous assure qu'elle sert encore de text-book à Cambridge. Ce livre a son originalité propre, puisi|u'il donne, en un seul tome, l'esprit des méthodes de Laplace, les calculs fondamentaux et les ligures nécessaires.
Ce qu'une française avait fait pour Newton, une anglaise Ta fait à son tour |)Our Laplace. C'est là un échange do l)ons procédés.
Les sciences physiques. — M"»* Somcrville ne s'est pas seu-