GOUGET
Pour donner aux femmes Thabitude du travail intellectuel, il faudmit d*ahord mettre dans la ttHe des jeunes filles que leur /'ducation n'est pas finie à dix-huit ans et que la première robe de bal n'a, pas plus que le diplôme de bachelier pour les jeunes gens, la vertu de donner à leur science son parfait développement.
Ddpaxloup.
Il n'est aucun de vous qui ne préférera, pour passer la vie avec elle, une servante à une femme savante.
Dk Stkndral. Certains choisiraient une servante de la science.
Bîihtling cite, dans ses Proverbes indiens, cette progression géométrique : Je donnerais dix brahmes pour un professeur, cent professeurs pour un père et mille pères pour une mère.
On attiibue ces mots, d'une fierté cruelle, a Cornélie, mère des Gracques : * Moi, en vérité, je me glorifie bien plus de la science que j*ai acquise, que des fils que j'ai enfantés. »
Confucius a dit que la science est plus rare que la bonté et le courage.
Un peu de si-ience peut rendre une femme pédante, beaucoup de science la rend modeste.
MixiÈMs.
Le préjugé attaque la femme qui s^occupe d'études sérieuses.
NV^t-il pas à craindre que la femme qui aura pris goût aux plaisirs intellectuels, n'y consacre une trop grande partie de son temps...?
Je répondrai que le même danger existe, bien plus grand, pour celle qui a C4)ntracté l'habitude des entretiens et des occupations frivoles.
Marir Suvcfcai. Des Préjugés, pp. 197 et 198. (Pseudonyme de Marie Romieu.)
Molière, en France, a fait le même désordre par sa comédie des Fem- M#f satantes. Depuis ce temps-U, on a attaché presque autjmt de honte Ml Mvoir des femmf*s qu'aux vices qui leur sont le plus défendus. Lorsqu'elles se sont vues attaquées sur des amusements innocents, elles ont compris que. honte |>our honte, il fallait choisir celle qui leur rendrait davantage et elles se S(»nt livrée?» aux plaisirs.
M AD. DE LAsariT. Ré f exions sMr les femmes.
Il faut que la femme comble les vides du passé, qu'elle répare ce que
de longues années de servitude et de tutelle lui ont donné d'infériorité
factice. Pour cela, l'instruction est indispensable ; elle est aussi toute
puissante.