‹ Les femmes de sportChapitre 24 sur 42 · LA VICOMTESSE DE G1LLY · texte numérisé non relu

LA VICOMTESSE DE G1LLY

Si le sport toxophille, qui est très prospère en Angleterre, est fort peu pratiqué en France, il ne faut pas en conclure que nous ne comptons pas des archers de premier ordre. Dans le Pas-de-Calais, dans le Nord et dans la Franche- Comté, il existe des compagnies de tireurs à l'arc qui peuvent sans crainte se mesurer avec les plus habiles champions de l'Ecosse.

Ce sport était fort en honneur aul refois à la cour

de Napoléon III. L'impératrice, qui était une sports-

woman émérite, avait fait établir sur l'une des pelouses du Parc de Compiègne un tir à l'oiseau qui existe encore. Pendant que l'Empereur chassait le faisan, elle tirait à l'arc avec ses amis; et dans ces tournois fashionnables, les femmes étaient toujours en majorité. C'est là que, toute jeune fille, la vicomtesse de Gilly fit ses débuts.

Sans être de la force d'Aster d'Amphipolis , qui, pour se venger du dédain de Philippe de Macédoine, lui envoya dans l'œil une flèche sur laquelle il avait écrit • A ïœil droit de Philippe, la vicomtesse de Gilly est peut-être une des plus habiles tireuses à l'arc qu'on ait jamais vue.

Pendant le séjour qu'elle fit, il y a quatre ans, à Holyrood, la garde du corps écossaise de la reine Victoria - Royal Company of Archers - organisa un grand concours de tir à l'arc, auquel prirent part le célèbre toxophille M. Ford, miss Reunie, le duc de Buccleuch, l'un des premiers gentilshommes d'Ecosse, et plusieurs autres amateurs, lauréats des grands concours, qui ont lieu chaque année en

Angleterre.

Les distances élaient 80, 60 et 30 mètres. Le total des points se comptait sur les trois distances. Six douzaines de flèches étaient accordées a chaque

Page 1