I. \ PRINCESS] DE METTERNICH lu
leries, celui où la pousse de temps à autre l'excentricité native qu'elle tienl de son père, le feu comte Maurice Sa ndor ; le côté de la paix, relui qu'admiîvni ses amis dans sa retraite seigneuriale en Autriche. G'esl là qu'il fait bon la voir profiter des loisirs que lui laisse le monde des cours, ses pompes ses (i'u\ n
Sans rien perdre de ses qualités natives, la princesse de Metternich, en effet, en se reconquérant elle-même aujourd'hui, a donné un antre cours à sa vie. Là femme qui, au milieu de la vie à outrance de l'Empire, trouvait encore le temps d'apprendre à écrire à ses filles et de leur tenir la main pour leur l'aire tracer des coulés et des pleins, domine plus exclusivement chez elle. Certes elle est restée la coquette raffinée, excellant dans cet art de l'individualisme en matière de toilette qui est le fin du fin de l'élégance; au besoin elle joue encore la comédie comme au temps de ces Commentaires de César du marquis de Massa et où elle se montrait à Gompièene sous le costume crime cantinière, d'un cocher et delà chanson; elle ne dédaigne pas par intervalles de cultiver ce don de l'imitation qu'elle possède a un si haut poinl el qui lui faisait, il y a quinze ans, parodier Thérésa à l'ébaudissemenl du Taris
de l'Empire; elle a même renchéri en imaginant de mimer des scènes tandis qu'on l'accompagne nu piano; mais tout cela sans tapage, sans boniment, beaucoup plus pour elle-même que pour les autres.
A certains intervalles , il faut à la princesse une bouffée de Paris, de ce Paris dont on ne peut se passer une fois qu'on l'a connu, et c'est alors qu'elle effectue un déplacement de quelques semaines sur les bords de la Seine, comme celui qu'elle effectuait au moment où je traçais cette esquisse. On tue alors le veau gras dans les salles à manger du beau monde pour fêter ce retour.
Mais, en général, la princesse vit bien plus à la campagne qu'à la ville. Aux champs, elle s'occupe de ses fleurs et chasse à tir avec délices. Son fusil, jadis, était célèbre dans les tirés impériaux ; loin de Paris, elle lui conserve sa renommée. Son tir est rapide et juste, quoique un peu trop nerveux. Fille du comte Sandor, dont les prouesses hippiques sont restées légendaires en Autriche, la princesse de Metternich n'ignore aucun sport; elle patine d'une façon accomplie, monte à cheval et mène en sportswoman de race.
Au total, on sent que la princesse, arrivée à son
I, \ PRINCESSE 1)1. Ml. T 11. K \ ICI!
automne, se préoccupe de s'aménager un bivur aimable, intime el sans frimas. Bile sera plus Lard, bien plus lard, la plus séduisaute des aïeules, ol lorsque ses cheveux auronl blanchi, un croira seulement qu'ils sont poudrés.