‹ Les femmes de sportChapitre 32 sur 42 · BARONNE ALPHONSE DE ROTHSCHILD · texte numérisé non relu

BARONNE ALPHONSE DE ROTHSCHILD

baronne a déjà ses deux BUes mariées; L'une à son cousin de Vienne; l'autre, M,u Béatrice, véritable image de sa mère, à M. Michel Bphrussi. G'esl une des jeunes beauties Les plus accomplies «lu La haute société française.

Très simple <\dn> sa toilette — preuve de goûl étant donné le coffre où elle pourrait puiser, — La baronne semble témoigner qu'elle n'a pas besoin d ressources de sa couturière pour triompher partout. Son visage lui suffit. Aussi, Lord Palmerston, qui connaissait, disait-il qu'on avait vu les trois niervrilles de l'Angleterre lorsqu'on y avait rencontre la baronne de Rothschild, à cheval, sous un arbre : les femmes, les arbres, les chevaux, constituant les trois grands sujets d'orgueil de la Grande-Bretagne.

LA COMTESSE l'ILLET-WILL

LA COMTESSE HLLET-AYILL

La comtesse Pillet-Will qui est la fille de M. Briatte, conseiller référendaire à la Cour des comptes, n'est pas seulement une mondaine à outrance qu'on voit dans toutes les fêtes de la société parisienne ou aux mardis du Français, c'est encore une sportswoman intrépide dont les exploits sportiques sont connus de tout le monde.

Quoique la comtesse Pillet-Will soit habile à suivre une chasse ou ordonner l'attaque d'un ragot, je préfère vous la présenter comme femme de cheval. Elle avait cependant crâne allure le jour où je l'ai

rencontrée au Fond-d' Argent poursuivant de toute la vitesse de son alezan le sanglier à son tiers an, qu'on était allé cherché sur le rapport de Charlemagne au Carre four-au-Chevreuil .

Je la vois mieux galopant son superbe bai brun dans l'allée des Poteaux qu'au milieu de ce vautrait, dont le comte Pillet-Will, son mari, est le chef d'équipage. C'est pour cela que je la crayonne comme femme de cheval. Et puis, je peux mieux voir comment elle comprend le cheval et si elle possède cette finesse et cette distinction que je crois indispensable pour être une amazone accomplie.

C'est vers dix heures du matin ordinairement que la comtesse arrive au Bois. Elle est toujours accompagnée de son mari et de quelques amis rencontrés sur la route. Quel que soit le cheval qu'elle monte, elle le conduit avec aisance, et il est impossible de ne pas la remarquer. Le costume de cheval va très bien, du reste, à son allure décidée, et personne ne sait mieux qu'elle se servir d'un cheval pour son plaisir et sa distraction. Il y a en elle une finesse, un sentiment innés qui font qu'elle monte réellement à cheval. Son travail est aisé et elle a une manière de faire qui lui est propre et qui n'appartient à personne.

La comtesse Pillet-AYill n'est pas seulement une

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MADAME BISCHOFFSIIEIM

Chaque matin, au Bois, quelque lumps qu'il fasse, qu'il pleuve, qu'il voulu ou qu'il neige, l'on voit passer, légère et fuyante

comme celle de la légende , la silhouelle d'une toute gracieuse amazone. Pas 1res grande, mais adorablement l'aile, le teint éclatant, les yeux noirs el veloutés, une masse de cheveux sombres noués sur la nuque à l'américaine, très correcte en son amazone collante de drap noir qui monlre

sa taille élégante ; le chapeau fixé au front et immobile, quelle que soit la vitesse, Mme Bischoffsheim est la personnification delà «femme de sport». Elle monte comme Élisa, et la coupe de son habit de cheval égale en correction savante les amazones de l'Impératrice Elisabeth, qui ont acquis une réputation européenne. Cela est d'une sobriété absolue et cela souligne les moindres détails, fait valoir la grâce harmonieuse et, mieux que les parures les plus fanfreluchées, atteste la beauté modelée, pour ainsi dire, dans un maillot sombre.

Toute petite, elle monte de préférence un très grand cheval : sans doute par amour de la vitesse ou des contrastes. Et, chose étrange ! M. Bischoffsheim, qui accompagne presque toujours sa jeune femme, affectionne un tout petit poney dont les jambes menues s'agitent fiévreusement, ayant bien de la peine à suivre son compagnon géant.

Mmc Bischoil'sheim est une nerveuse, mais comme elle est Américaine, ses nerfs n'ont point la fragilité des nerfs parisiens. Loin d'être une délicate et une sensitive, c'est une infatigable. Car ses promenades matinales ne l'empêchent point de suivre toutes les fêtes , de sortir presque chaque soir : au théâtre quand elle n'est point en soirée; de faire chaque

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