MADAME BISCHOFFSHEIM
après-midi de longues marches, courant les fournisseurs, visitant lespetites amies, se montrant aux i aciaSj et bien souvent, lorsque le temps u'est pas
(n»p mauvais, se faisant suivre par sa voilure plutôt ([ue de s'y enfermer.
Habile à tous les exercices du corps, elle danse comme une Allemande et elle patine comme un Orleyan. Et comme elle est heureuse quand l'hiver se fait dur et que les petits lacs congelés du Bois font étinceler sous le soleil pâle de janvier leur surface unie et brillante! Mais cela est rare désormais : nous n'avons plus d'hiver. Les traîneaux se remisent sous leur housse de laine et les patins coquets dorment au fond des armoires, oubliés et démodés.
Mmc Bischoffsheim possède, aux Champs-Elysées, un superbe hôtel, qui est une merveille de goût artistique et de grâce coquette. Sacrifiant ce qu'il faut au chiil'onnage moderne, l'aimable femme l'a cependant empli de toutes les richesses de ce dix-huitième siècle, qui est celui des chefs-d'œuvre. Meubles adorables en leur rococo harmonieux, tapisseries féeriques et tableaux de maîtres trouvent leur place dans cette série d'appartements coquets, tout pleins de bibelots, bondés de jolies choses, où chaque détail décèle la femme et l'artiste.
Le portrait de la maîtresse de maison, peint par Bonnat, resplendit dans l'un des salons, retraçant fidèlement la grâce du modèle, éclatant et doux en son coloris harmonieux, en ses lignes parfaites.