‹ Les femmes de sportChapitre 36 sur 42 · LA COMTESSE DE SAINT-ROMAN · texte numérisé non relu

LA COMTESSE DE SAINT-ROMAN

r premier rang des amazones qu'on rencontre chaque malin dans les allées cavalières du Bois, figure la comtesse de Saint- Roman. La comtesse de Sainl-Homan est, avec la baronne de llothwillcrs , une des rares femmes avant le sentiment du cheval. Sans être tout à fait jolie, il est impossible de ne pas trouver la comtesse charmante lorsqu'elle est à cheval. Il va en elle une finesse, un sentiment, une élégance et une souplesse qui fait d'elle l'idéal de l'amazone élé-

gante.

L'alezan qu'elle monte presque régulièrement est un cheval de pur sang, dont la comtesse obtient le travail le plus fin et le plus harmonieux. Aussi il faut la voir faire aux cavaliers qui la croisent les lionneurs du Bois, en leur laissant le passage libre par une volte ou un changement de main, aussi facilement exécutés que le geste par lequel une maîtresse do maison indique un siège à un visiteur.

Américaine de naissance , la comtesse de Saint- Roman est devenue française par son mariage. Fille d'un officier, elle a épousé un lieutenant de vaisseau qui compte, quoique ayant quitté fort jeune la flotte, de beaux et brillants états de service.

La comtesse, qui est une sportswoman de race, suit assidûment les chasses de Chantilly et du château de Bonnelles; toujours la première à l'hallali, elle ne quitte la selle que lorsque tous les huniers sont rentrés. Elle est douée d'une énergie remarquable; le fait suivant vous en donnera une idée : La comtesse de Saint-Roman, nui est née Slidell, avait à peine seize ans lorsqu'elle quitta l'Amérique. Elle accompagnait son père, qui s'était dislingue, comme officier supérieur, dans l'armée des Etats du Sud lorsqu'un navire des États du Nord se mit à sa poursuite, et l'ayant atteint, voulut l'arrêter. Au

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