LA DUCHESSE DE CAMPOSELICE
Etre en selle, tel est le plaisir, mais le vrai plaisir de la duchesse de Gamposelice. Cette horsewoman accomplie, dont l'ardeur, le courage et l'entrain, accross eountr?/, ont fait l'admiration de tout le monde sportif, est une écuyère très habile, qu'il est impossible de ne pas trouver charmante lorsqu'elle paraît à cheval. Il y a en elle une finesse, un sentiment, une distinction qui en font le type idéal de l'amazone élégante, de l'amazone réalisant le type de l'école française. A cheval elle est souple, gracieuse et correcte , et c'est plaisir de la voir travailler en haute école
dans le manège que le duc a fait construire dans son superbe hôtel de l'avenue Kléber.
La duchesse, qui est considérée par le monde du sport comme une individualité transcendante , a monté ses écuries sur un pied fastueux ; l'utilité et le luxe y sont réunis sous leur forme la meilleure. La duchesse de Camposelice est, comme je l'ai déjà dit , d'une crânerie et d'une intrépidité sans pareilles. Son grand bonheur est de faire franchir à son cheval des obstacles énormes : aussi, lorsqu'elle est en excursion, elle a une préférence marquée pour les terrains coupés de grands obstacles naturels. Sa résistance à la fatigue est telle, que dans une chasse on est toujours sûr, quelle que soit la difficulté du parcours, la vitesse du train, la sévérité de la chasse, de la voir la première à la prise.
Gomme l'Impératrice d'Autriche , la duchesse ne laisse à personne le soin de dresser ses chevaux. Son cheval favori est Roméo. C'est un trois quarts sang. Léger dans son ensemble, mais puissant dans son arrière-main, Roméo exécute un travail merveilleux. C'est plaisir pour les amateurs de voir avec quelle facilité la duchesse manie ce bai brun irascible et nerveux.
Roméo exécute tous les airs de manège. Rien
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n'y manque, 8l son travail est d'une finesse el d'une harmonie remarquables. On ne peul se lasser de le regarder Lorsque la duchesse Lui fait exécuter li- /i>is et le saut.
Au dedans comme au dehors, la duchesse de Camposelice monte Le premier cheval venu, et lorsque VOUS la rencontre/ dans uni! des allées cavalières du Bois, la première chose qui vous frappe, c'est la souplesse avec laquelle elle monte à cheval. Un seul que l'amazone est dans sa selle. Le cheval est parfaitement équilibré ; il obéit, on le voit, à des effets de l'ait, et le mouvement est obtenu sans effort de part et d'autre.
Maintenant que je vous ai parlé de la sportswoman, laissez-moi vous parler de la mondaine. Vous la connaissez tous pour l'avoir rencontrée à l'Opéra, au Français, où la duchesse a sa loge; au Salon, au concours hippique, partout enfin où se rencontre le beau monde. Son nom ligure dans toutes les œuvres de charité, et dernièrement encore elle envoyait un chèque de dix mille francs pour l'œuvre d'Ischia.
Quoique étrangère, la duchesse est une de nos plus élégantes parisiennes. Elle est fort jolie femme. Elle a le col allongé, harmonieux, la démarche
onduleuse et cadencée de la race slave. Est-il de plus grands yeux, est-il une carnation plus blanche et plus délicate ? je l'ignore ; mais ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il est difficile de rencontrer ailleurs une femme ayant plus de charmes et s'habillant mieux que la duchesse, qui sait mener de front la vie mondaine, où elle brille au premier rang, et la vie sportive et charitable.
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