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tous les coupables, baptisant dans les eaux purificatrices ceux qui se repentaient sincèrement, remettant leurs péchés et les e.ngageant à prendre la voie nouvelle du salut. Toute la Judée accourait au-devant du prophète. Les Pharisiens eux -mêmes étaient émus de l’éloquence sauvage et des accents énergiques de saint Jean-Baptiste, llérode, le tétrarque de la Judée, qui estimait saint Jean, l’appela prés de lui.
Mais le haptiseur ne se présenta pas en courtisan devant Hérode. Il lui déclara qu’il devait renoncer à un amour incestueux et se séparer immédiatement de sa nièce Hérodiade, qu’il avait épousée après avoir répudié sa première femme. Le tétrarque fut ébranlé par les rudes remontrances de saint Jean; mais la belle Ilérodiade ne tarda pas à reprendre son empire habituel sur ses sens. Elle alla même jusqu’à exiger de la faiblesse d’Hérode la mort du réformateur, qui avait stigmatisé ses
vices. Hérode céda. Un bourreau trancha la tête de saint Jean-Baptiste et l’apporta sanglante à Hérodiade au milieu d’un festin. Nous avons trouvé sur ce sujet un chef-d’-œuvre littéraire; c’est un admirable passage de la Chrîsliade de l’abbé de la Baume, dont la publication, au dix -huitième siècle, fut vouée aux flammes par le Parlement; nous en ferons profiter nos lecteurs. L’abbé de la Baume expose ainsi la scène entre Hérode et Hérodiade :
« Déjà les tables sont dressées dans un magnifiqucsalon au milieu des vastes galeries, et couvertes des mets les plus exquis; le roi et Hérodiade s'asseyent sur des lits de drap d’or, ombragés d'un pavillon volant de couleur de pourpre. Les courtisans se placent ensuite selon leur rang. Alors Hérode prenant la coupe royale pleine de vin, et se tenant debout : « Courtisans, dit-il, que ce jour, mémorable par la divinité de César, soit à jamais heureux pour nous et pour nos descendants; » il dit, et portant légèrement la coupe à la bouche, il boit et la remet à Hérodiade qui, après