livres
» Le comte de Fei sen était porté sur la liste des pensions secrètes pour 150,000 livres. »
Et il y a des gens qui s’étonnent que Jacques Bonhomme ait fini par trouver ce fardeau trop lourd et l’ait rejeté avec une certaine brutalité !
La reine accoucha d’un second fils le 27 mars 1785.
C’est à cette époque que le scandale de l’aftaire du collier se produisit. Bien qu’on ait écrit d’innombrables volumes pour et contre la reine, à ce sujet, la vérité ne s’est point fait jour encore.
D’après la version officielle, une intrigante, nommée la comtesse de la Motte, voulant exploiter à son profit la passion quelle connaissait au cardinal de Rohan pour la reine, lui aurait fait acheter à deux joailliers célèbres un collier de perles magnifiques, d’un très-grand prix, qui, disait-elle, avait séduit la reine. Dès qu’elle fut eu possession du collier, M“* de la Motte conduisit l'amoureux cardinal dans un bosquet un peu sombre où se trouvait une femme que le cardinal de Rohan prit pour la reine. Quelques jours après, la comtesse de la Motte disparaissait emportant 1e collier. Les joailliers, qui n'avaient touché qu’une -partie de la somme, s’adressèrent à la reine; le vol fut découvert et le cardinal arrêté.
D’après d’autres versions, la reine aurait joué un tout
autre rôle dans cette affaire. Quoi qu’il en soit, le cardinal
fut déféré h la grande Chambre, assemblée par lettres patentes du roi I ® Louis, par la grfice de Dieu, roi de France et de Navarre, à nos amés et féaux conseillers, les gens tenant notre cour de Parlement, a Paris, salut. Ayant été informé cjue les nommes Bœhmer et Bossange auraient vendu un collier au cardinal de Rohan, u 1 insu de la reine, notre très-chérie épouse et compagne, lequel leur aurait dit être autorisé par elle à en faire l’acquisition, moyennant le prix de seize cent mille livres, payables en différents termes, et leur aurait fait voir, à cet effet, de prétendues propositions qu’il leur aurait exhibées comme approuvées et signées par la reine; que ledit collier ayant été livré par lesdits Bœhmer et Bossange audit cardinal, et le premier payement convenu entre eux n ayant pas été effectué, ils auraient eu recours h la reine; nous n’avons pu voir, sans une juste indignation, que l’on ait osé emprunter un nom auguste et qui nous est cher a tant de titres, et violer, avec une témérité aussi inouïe, le respect dû à la majesté . royale. Nous avons pensé qu’il était de notre justice de mander devant nous, ledit cardinal, et, sur la déclaration qu’il nous a faite, qu’il avait été trompé par une femme, nommée la Motte de Valois, nous avons jugé qu’il était indispensable de nous assurer de sa personne et de celle de ladite dame de Valois, et de prendre les mesures que notre sagesse nous a suggérées pour découvrir tous ceux qui auraient pu être auteurs ou complices d un attentat de cette nature, et nous avgns jugé à propos de vous en attribuer
la connaissance, pour ôlre le procès par vous instruit, ju"é, la grande Chambre assemblée. »
Le cardinal de Ilolian fut déchargé de toute accusation, La clameur publique accusa la reine. Le méconientemcnl du roi fut tel qu’il ordonna au cardinal de ne pas sortir de chez lui pendant trois jours, de se rendre ensuite à l'abbaye de la Chaise-Dieu jusqu’à nouvel ordre, enlln, de donner surle-champ sa démission de grand aumônier.
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Cependant l’orage grondait, la Révolution était immi- ^ nente. Les troupes étaient cantonnées autour de Paris; la foudroyante parole de Mirabeau retentit comme un tocsin aux oreilles du roi le d mai 1780 ; puis vint le 14 juillet, qui vit s’écrouler la Dastille. Puis, les tumultucusesjournées des d et 6 octobre.
La famille royale est ramenée de Versailles à Paris, par une foule affamée qui demande du pain et croit être sitrc de l’abondance i>arce qu’elle possède le boulanger et la boulangère.
I.e roi, mal con.seillé, résolut de fuir la France. Dans ce but, il s’entendit avec le marquis de Douille qui fut chargé
' (le préparer cette malheureuse fuite, et d’accomplir celte ^maladroite résolution. On sait que, reconnu au moment où les postillons attelaient de nouveaux chevaux à la voiture, le roi fut arrête à Varennes par le fils du maître de poste Drouet. Deux commissaires, Pélhion et Barnave, avaient été envoyés par l’Assemblée pour surveiller et ramener à Paris la famille royale fugitive. Barnave fut touché de l’infortune, de l’esprit et de la grâce charmante de Marie-Antoinette.
Une amie dévouée restait seule à la reine, la princesse de Lamballe. Marie-Antoinette , entretenait avec elle une correspondance active, à laquelle nous empruntons quelques fragments :
« Le roi vient de m’envoyer cette lettre, mon cher cœur, pour que je la continue ; sa santé est très-bien rétablie, grâce à sa forte constitution.
» Le calme avec lequel il prend les choses a quelque chose de providentiel, et la bonne Élisabeth est touchée de cela comme d’une inspiration qui vient d’en haut. Le dérangement qu’il vient d’éprouver a à peine été connu du public. Vous avez su sans doute l’étrange aventure qui s’est passée à la Comédie le mois dernier, le tapage et les applaudissements à mon apparution avec mes enfants; on a battu ceux qui voulaient faire du train et contrarier l’enthousiasme du / moment, mais les méchants ont bien vite le moyen de 1 prendre leur revanche.
^ » Onpeut voircependantparlàcequeseraientlcbon peuple