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CONFRÉRIES, OU ASSOCIATIONS PIEUSES

L'origine des confréries dans l’Église ne saurait être déterminée exactement, car les monuments historiques ne les mentionnent d’une manière précise qu'après le triomphe de Constantin (324). Nous savons cependant que les premiers chrétiens menaient une vie si unie et si fraternelle qu’ils ne formaient en réalité qu’une grande famille. Rien plus que la souffrance n’est, en effet, propre à rapprocher les esprits et les cœurs. Cachés dans des retraites souterraines, ils puisaient dans l'assistance aux saints mystères, He dans la réception du pain des forts, dans les encouragements qu’ils RE se donnaient les uns aux autres, la force d’affronter les dangers et f supplices qui les attendaient. Mettant en commun leur pauvreté et leurs richesses, leurs tristesses et leurs espérances, ils formaient comme une grande fraternité. ‘‘ La grâce était grande dans tous les fidèles, disent les Actes des Apôtres, car il n’y avait aucun pauvre parmi eux, parce que tous ceux qui possédaient des fonds de terre ou des maisons les vendaïient et en apportaient le prix, qu’ils mettaient aux pieds des Apôtres, et on le distribuait ensuite à chacun selon qu’il en avait besoin.’ (Act. Apost., V, 33-34-35.) Et les tyrans et les persécuteurs disaient : ‘‘ Voyez comme ces genslà s'aiment.’

Ne semble-t-il pas que c’est dans cet état de confraternité primitive qu’il est permis de rechercher le modèle, sinon l'origine, de toute association pieuse ayant un but de charité ? Sans vendre leurs maisons et leurs terres, comme : 5s pères dans la foi, les catholiques

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D'autres rapprochements sont encore plus frappants dans certains cas particuliers. (Constantin, ayant fait construire à Byzance une église dédiée aux Saints Apôtres, y établit une fraternité ayant pour mission de présider aux funérailles des fidèles. Cette confrérie s'étendit à la plupart des villes d'Orient, où elle a subsisté jusqu’en 1453. L'Union de Prières fondée à Montréal, a pareillement pour objet de pourvoir aux funérailles du pauvre. En Occident, les premières preuves de l'existence des confréries remontent au cinquième siècle. Une vie de saint Martial de Limoges, écrite vers 420, parle incidemment de ces associations pieuses.

Cependant les premières congrégations séculières ne prirent un développement réel qu’au moyen âge et surtout à l’époque de l’institution des grands ordres mendiants. En 1208, Odon, évêque de Paris, fixa une fête annuelle pour une confrérie de la Sainte-Vierge, et ce privilège fut le signal de l’extension des confréries dans l’Europe chrétienne. Depuis cette époque, les associations pieuses se sont multipliées, et il n’y a pas aujourd’hui de ville catholique dans l'univers où il ne s’en trouve quelques-unes ayant pour but soit la pratique de la charité en commun, soit la participation aux nombreuses indulgences accordées par l’Église dans certains cas particuliers. | |

L'expérience des excellents résultats obtenus par cet enrôlement spécial sous l'égide d’un saint devait inspirer aux fondateurs de cette colonie la pensée d’y établir différentes confréries. On compte, parmi les plus anciennes, celles de la Sainte-Famille, de la Bonne- Mort et du Scapulaire. Protéger les familles canadiennes, les conserver dans leur primitive ferveur en leur proposant comme exemples Jésus, Marie et Joseph, ces parfaits modèles de la famille chrétienne, tel est le but de la première de ces confréries. La seconde a pour objet d'apprendre au chrétien à bien mourir. La dévotion du scapulaire, révélée par la sainte Vierge elle-11ême, promet à ceux qui portent cette livrée en son honneur la grâce de ne pas mourir sans sacrements et une prompte délivrance du purgatoire.

Après le scapulaire viennent les autres congrégations de la Sainte-Vierge, Quiconque aime Dieu aime et vénère sa mère ; aussi ces congrégations sont-elles nombreuses et il est peu de femmes et de jeunes filles qui ne portent la médaille et le titre d’'Enfant de Marie,

L'immense charité de Notre-Seigneur pour les hommes est l’objet de la dévotion au Sacré-Cœur. Honorer le cœur de Jésus-Christ, reconnaître l'amour dont il est embrasé pour les hommes, lui faire amende honorable de ce qu’il a souffert et de ce qu’il souffre, tel est le but de la confrérie du Sacré-Cœur, de l’Apostolat de la Prière et de la Garde d'Honneur.

Le Rosaire qui tient une place éminente parmi les confréries, a été établi par saint Dominique et consiste dans la récitation répétée des plus belles prières de l’église et la méditation des mystères joyeux, douloureux et glorieux. Dès son institution, cette dévotion fut accueillie avec une faveur extraordinaire. Sa Sainteté Léon XIII lui a donné un nouvel élan par la publication des magnifiques lettres qu’il lui a consacrées.

L'adoration du Très-Saint-Sacrement fournit aux personnes pieuses l’occasion de témoigner leur amour à Notre-Seigneur Jésus- Christ d’une manière directe. Faire des heures d’adoration aux pieds de Notre-Seigneur exposé sur l'autel, l'accompagner dans les processions, le visiter pendant les Quarante-Heures, lui amener des adorateurs nombreux et fervents, tel est le but des confréries du Très- Saint-Sacrement.

Nous ne saurions, dans une aussi courte notice, mentionner toutes les confréries ; nous ne pouvons, cependant, passer sous silence celle des Dares de Sainte-Anne, qui, presque toujours, à part la dévotion à la sainte patronne, a un but de charité, comme de visiter et d'assister les pauvres.

Les congrégations d’Enfants de Marie, outre le but spirituel de s’encourager à la pratique du bien et de la vertu, ont aussi celui d'assister les pauvres et'les malades.

Nous devons renoncer à parler ici de la Propagation de la Foi et des différents Tiers-Ordres. La belle œuvre de la Propagation de la Foi, enrichie de nombreuses indulgences, et dont le but est d’aider le missionnaire par des aumônes et des prières, demanderait seule plusieurs pages, ainsi que les Tiers-Ordres de Saint-Dominique et de Saint-François d'Assise.

3° Ordres contemplatifs.

C’est dans la retraite et le silence que l’âme s'élève à Dieu. Aussi avons-nous vu toujours, depuis les premiers siècles de l’ Eglise jusqu’à nos jours, nombre de chrétiens se séparer du monde pour aller d’abord dans la solitude du désert, puis dans le silence des monastères, consacrer leur vie à la prière et à la pénitence. Implorer

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la miséricorde divine pour eux et pour les autres et 11 mériter par leurs vertus et leurs mortifications, tel est le but des ordres contem-

platifs. ‘‘ Le devoir d’un moine, dit saint Jérôme, n’est point d’enseigner, mais de pleurer ses péchés et ceux des autres.”’ Dans ces

temps de tendance à la vie purement matérielle, les ordres contemplatifs ont leur place nécessaire dans toute société, car c’est la doctrine de l'Église, dit Mgr Gaume, que tous les biens spirituels soient communs entre les fidèles, en sorte que les grâces que chacun reçoit, les bonnes œuvres que chacun pratique profitent à tout le corps et à chaque membre de l'Église (Catéchisme de Persévérance, tome IV, page 96). Nous n’avons que deux ordres contemplatifs de femmes dans notre pays : le Carmel et le Précieux-Sang.

Le Carmel, réformé par sainte Thérèse au seizième siècle, est un des ordres les plus anciens et aussi l’un des plus rigides. Les Carmélites sont peu nombreuses dans le monde entier ; cependant le Canada compte un monastère de ces religieuses, établies à Montréal depuis 1875. Vouée exclusivement à la prière et à la pénitence, la carmélite couche sur la dure et jeûne toute l’année ; aux jours de jeûne prescrits par l’Église et depuis le 14 septembre jusqu’à Pâques, elle exclut de sa nourriture le ‘ait, le beurreet les œufs. Les aliments gras ne sont permis qu'aux malades. La carmélite est une victime qui s’immole pour les pécheurs; elle veille, prie, expie, par des macérations effrayantes, pour ceux qui vivent dans la mollesse et les plaisirs, et arrête le courroux de Dieu prêt à châtier les crimes des hommes.

La communauté des religieuses Adoratrices du Précieux-Sang a été fondée à Saint-Hyacinthe, en 1861, par la Mère Aurélie Caouette et autorisée par Mgr Joseph LaRocque. Ces religieuses sont, comme les Carmélites, vouées à une vie d’oraison. Elles vivent dans le silence et la retraite et ont pour but spécial de rendre hommage au sang rédempteur du Dieu fait homme. Elles font des pénitences quotidiennes, couchent sur une planche nue, se lèvent pour psalmodier l'office, enfin elles veulent expier par leurs mortifications volontaires les crimes commis chaque jour et obtenir la conversion des pécheurs. Leur fondatrice, qui vit encore, a eu le bonheur de voir son œuvre s'étendre dans tout le Canada et même aux Etats-Unis, où elle compte deux maisons.

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