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LES ORDRES ACTIFS—CONFRÉRIES, ETC

Le Tiers Ordre de Saint-François.—Saint François d’ Assise a étonné toute l’Italie en établissant, en 1221, à la suite de ses autres institutions monastiques, un ordre à l'usage des gens du monde qui, tout en restant chezeux, pouvaient adopter celles des règles générales de l’ordre qui ne sont pas incompatibles avec leur genre de vie. Ce nouvel ordre se répandit dans toutes les contrées civilisées avec une merveilleuse rapidité. Les hommes et les femmes peuvent y entrer; parmi ses membres, de siècle en siècle, on rencontre les noms les plus illustres. (Christophe Colomb, Michel-Ange, le Dante et Raphaël étaient des Tertiaires; sept Papes, beaucoup de princes et de souverains, y compris la douce margrave de Hongrie, Élisabeth et sa tante et homonyme de Portugal appelée la bien-aimée. La cause principale, peut-être, de son immense extension, c’est parce que cet ordre eut toujours un attrait pour les mass. Les PP. Récollets l’introduisirent au Canada au dix-septième le, mais le Tiers-Ordre ne fut rétabli à Montréal que depuis cinquante ans. Jusqu'à l’arrivée des PP. Franciscains, il resta sous la direction des Jésuites. La moitié de ses membres les plus actifs sont des femmes. Les Tertiaires ne portent ordinairement que la corde et le scapulaire, mais dans les réunions et dans les circonstances solennelles, ils revêtent l’habit brun de Saint-François et en sont revêtus après leur mort. Leurs obligations, en dehors des prières et des réunions régulières, prescrivent l'observation stricte de la loi de Dieu et des devoirs sociaux et domestiques: la justice tempérée par la charité dans les relations iournalières ; abstention de tout blasphème ou de toute mauvaise conversation ; renoncement volontaire aux théâtres, bals ou autres amusements ; abstention de tout costume riche ou grotesque ; soulage:nent des pauvres et des malheureux; pratique exemplaire des devoirs religieux et assistance zélée aux pasteurs spirituels ; voila brièvement l’esprit du Tiers-Ordre dont le centre est à Montréal avec ramifications dans différentes villes et dans plusieurs paroisses voisines.

Les Enfants de Marie constituent peut-être la plus considérable des congrégations. C’est une manifestation de l’honneur rendu par les catholiques à la Mère de Dieu, la plus noble des créatures, la plus puissante des intercesseurs ; honneur inférieur à celui qui est rendu à Dieu, mais réel et tangible. S'il était possible de se procurer des statistiques exactes, on serait surpris du nombre des Enfants de Marie, car cette organisation existe dans la majorité des 1,500

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ŒUVRES RELIGIEUSES. 307 paroisses du Canada et dans toutes les écoles conventuelles ; dans chacune le chiffre des membres varie de vingt à trente et plus. Toutes les divisions sont affiliées à la Prima Primaria de Rome. Elles sont régulièrement organisés avec des officiers, un conseil et un directeur spirituel. On peut signaler des congrégations importantes à la cathédrale Saint-Michel, aux paroisses Saint-Pierre et Sainte-Marie de Toronto ; à l’église de l’Immaculée Conception à Winnipeg ; à la basilique et chez les Jésuites à Québec ; à Saint- Jacques, Saint-Patrice, à l'église Saint-Pierre des Oblats, à Saint- Vincent de Paul, de Montréal ; à Saint-Patrice et Saint-Joseph d'Halifax ; à Lévis, à Terrebonne, à North Bay, à Hamilton, à la Beauce, à Buckingham, à Chambly, à l'Islet. Plusieurs des couvents des principales villes ont des affiliations spéciales pour leurs anciennes élève; ou autres personnes qui veulent s’y associer. Elles sont présidées par un religieux. On trouve des associations de ce genre au couvent du Sacré-Cœur et des sœurs de la Charité à Halifax ; au Sacré-Cœur de Saint-John (Nouveau-Brunswick) ; aux Ursulines de Québec ; au couvent de Lorette à Toronto ; au couvent de ia Congrégation à Montréal et à celui de Saint-Roch et au Sacré- Cœur de Montréal. Les membres se réunissent une fois par mois pour la messe, la communion et pour une instruction du révérend directeur ; on discute aussi à ces réunions les affaires de la société et les membres peuvent proposer de nouvelles œuvres de zèle ou de charité. La première affiliation de cette sorte remonte presque à la fondation de Montréal ; la congrégation des externes ou enfants de Marie tenait ses réunions dans la vieille écurie en pierre de la rue Saint-Paul où la sœur Marie Bourgeois ‘‘la plus touchante figure des annales coloniales ’ dit Parkman, avait établi ses écoles. Comme es affiliations se recrutent généralement dans les classes supérieures de la société et comme il est essentiel que toutes les classes soient imprégnées de la salutaire influence de cette organisation, il s’est créé, dans beaucoup de cas, des congrégations pour les ouvrières. Il en existe à Winnipeg, Halifax et Québec. Dans toutes les situations, l'enfant de Marie est appelée à donner l’exemple autour d'elle. En entrant dans l'association elle entreprend d’honorer la mère de Dieu par la pratique de ses vertus, en particulier par la pureté, l'humilité, la charité et par l’accomplissement rigoureux de ses devoirs sociaux et domestiques. De cette façon, l’écolière et la grande dame, la maîtresse et la servante, une fois entrées dans la confraternité, sont engagées à prendre Marie, la vierge bien-aimée, pour modèle et pour idéal.

L'Association des Saints-Anges mérite aussi d’être citée. Elle se

compose d’enfants trop jeunes pour appartenir à la précédente association, mais ils aspirent à y entrer et ont le même objet en vue.

La Société de la Sainte-Famille appartient à l’histoire. Elle fut introduite à Montréal par le Père Chaumonot, un des premiers missionnaires jésuites, et se développa avec la coopération du clergé de

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Saint-Sulpice et de Jeanne Mance, un des pionniers de notre cité, fondatrice des sœurs de l'Hôpital de Saint-Joseph, dont les traits vivent dans le bronze de la statue de Maisonneuve qui s'élève sur la Place d'Armes de Montréal. Cette société s'établit à Québec sur l'invitation de Mgr Laval de Montmorency, une des plus illustres et des plus frappantes figures de d'histoire religieuse primitive du Canada. Les réunions se tenaient au monastère des Ursulines, théâtre de tant de vicissitudes, comme le raconte elle-même la mère Marie de l’Incarnation, dans se. lettres spirituelles qu'elle nous a laissées. Depuis 1759, les assemblées ont lieu à la Basilique où des centaines de dames se réunissent tous les mois. Ii y a aussi une section nombreuse à l'église du Sacré-Cœur à Québec. L'église catholique saisit admirablement ce qui convient aux circonstances, et cette société convenait particulièrement à la condition d'’enfance où se trouvait le Canada à sa fondation, quand la conservation de la famille était le point capital. Cette ‘lévotion se répandit parmi les Hurons et les autres tribus qui apprenaient à considérer la famille de Nazareth comme l'idéal familial. La confraternité, qui comprend trois classes : hommes, femmes et enfants, s’est répandue dans tout le Canada ; mais, ici encore les statistiques font défaut. A Montréal, le centre le plus important est Notre-Dame, la paroisse primitive, aux souvenirs innombrables ; à Sainte-Anne la société de la Sainte-Famille compte neuf cents membres dirigés par des PP. Rédemptoristes qui furent les premiers directeurs de l'association lors de son établissement en gelgique. L'objet de l'association est

‘‘ d'honorer Jésus, Marie, Joseph et de fournir à ses membres de puissants moyens de salut’, d'élever le niveau moral de la vie de famille. Les obligations sont entièrement spirituelles. (On n’exige pas de contribution.

L'Association des dames de Sainte-Anne est une association de femmes chrétiennes désireuses le s'appliquer et de s’entraider à la pratique vertus et des devoirs de leur état dans le patronage de Sainte- 1e, de la Vierge bénie et immaculée dont elles se proclament les cufants dévouées. L'objet de cette association est entièrement spirituel bien que la charité pour les pauvres e. soit l'âme. Seules les femmes mariées peuvent y appartenir. La société est très nombreuse si on en peut juger par les quelques statistiques reçues. Une section importante existe à Montréal à la chapelle de Lourdes sous la direction des Sulpiciens ; elle compte 800 membres; à Saint- Vincent de Paul, Montréal également, 700 membres. D’autres sections fonctionnent à l’église rédemptoriste de Sainte-Anne ; à Saint-Jean, Québec ; à Sandwich, Ontario, et dans plusieurs paroisses de campagne, notamment à Sainte-Thérèse-de-Blainville, l Assomption, Buckingham, Saint-Jérôme, Saint-Félix-de-Valois. Les réunions régulières ou semi-mensuelles se tiennent toujours sous la direction d’un prêtre.

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La Société des Mères Chrétiennes est à peu près analogue, mais beaucoup moins répandue au Canada, Elle a été fondée en 1850, à Lille, France, par Mme Wilhelm, femme du président du tribunal civil, pour combattre l'indifférence religieuse en sauvegardant dans le foyer l'influence chrétienne. Il existe au Canada, à Mildmay, Ontario, un centre florissant de cette institution, qui s'y est propagée des Etats-Unis.

La confraternité du Très-Saint-Rosaire qui est affiliée au Rosaire vivant dépend de l'ordre des Dominicains qui l'ont fondé. L'église doit à saint Dominique le rosaire sous sa forme actuelle. Bien des enfants illustres de l’'rglise ont vu leurs noms inscrits sur les registres de cette congrégation qui exige de ses membres chaque jour la récitation d'un tiers au moins du rosaire. Elle compte au Canada des milliers de membres.

Le Rosaire Vivant divise les quinze dizaines entre quinze associés qui conviennent de les réciter chaque jour, en méditant au commencement du mois sur le mystère que rappelle chacune. Ils forment ainsi une chaîne vivante de prières. Les membres visitent les autres membres malades et travaillent pour les pauvres. Quelquefois, ils s'occupent du service de l'autel. Il en est ainsi à Saint-Patrice de Montréal, où, il y a quarante ans, le vénéré P. Dowd avait fondé une importante section. Les membres de cette confrérie prennent ordinairement-part en corps à la procession de la Fête-Dieu. Ils constituent un groupe important composé des femmes de toutes les conditions sociales.

Association du Très-Saint-Sacrement.— Tout un groupe d'associations a surgi de ce mystère fondamental de la foi catholique, la présence réel'e, Dieu avec nous, dans le divin sacrement de l'autel. Leur fin <tant purement spirituelle, ces sociétés sout à l'égard des confréries ce que les ordres contemplatifs sont aux ordres actifs. Le centre de cette société est l'église du Saint-Sacrement à Montréal, où les PP. du Saint-Sacrement ont institué l'adoration perpétuelle.

Garde d’honneur.— Comme son nom l'indique, cette société veille jour et nuit auprès du Saint-Sacrement ; ses membres s’arrangent pour qu'il y en ait toujours arciqu'un au pied de l'autel, Ce que l'on appelle l'agrégation est une société dont les membres sont affiliés à la garde d'honneur et participent à tous leurs mérites et prières. Les membres s'engagent à propager de toutes les manières possibles l'adoration de Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie ; et, àl’exemple du divin maître, de prendre comme règle inviolable de conduite, la vérité, la justice et la charité.

Le Tiers-ordre du Saint-Sacrement.—Se compose de ceux qui désirent s'unir aussi intimement que possible à la congrégation du Saint- Sacrement en observant toutes les règles qui ne sont pas incompatibles avec leurs devoirs d’état.

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L'Œuvre des Semaines Eucharistiques a pour but de fournir les objets extérieurs nécessaires à l’exposition du Très Saint Sacrement. Ses membres fournissent des fleurs fraîches, des cierges de cire et tout ce qui peut embellir le sanctuaire pendant les heures de jour et de nuit où se fait l’adoration perpétuelle. Les membres se divisent en treize groupes qui sont chacun de service pendant un certain nombre de semaines et durant ce temps participent à toutes les prières, les messes et les bonnes œuvres de la congrégation. Les directrices des groupes constituent un comité de fonctionnement avec une présidente et un directe religieux ; ce comité siège tous les mois.

L’'Œuvre de l'exposition mensuelle est établie dans plusieurs paroisses et cathédrales. Un certain nombre de personnes conviennent de se réunir une fois par mois au pied de l’autel pour faire une heure d’adoration. Les prières sont souvent dites en commun. Les membres sont divisés en groupes dont chacun choisit une heure, de façon qu’il s’en trouve toujours un groupe pendant toute la journée en adoration devant le Saint Sacrement. Naturellement cette association, comme les précédentes n’est pas composée de femmes seulement, bien qu’elles aient la direction de la société, l'élection de la présidente et des personnes d'office.

L'Œuvre du Tabernacle a pour objet de confectionner et de fournir aux églises pauvres des vêtements sacerdotaux et autres objets du culte. Il y a une section importante de cette société à la Basilique de Québec, une à Faint-Roch, une à Lévis ; à Montréal il en existe une au couvent de la Coigrégation Notre-Dame, rue Saint-Jean- Baptiste, et rue Saint-Alexandre au couvent du Sacré-Cœur. C'est grâce aux contributions et au travail de ces associés que les chapelles des missions du Nord-Ouest, le missionnaire qui transporte son autel portatif, et même auprès de nous, les églises pauvres, reçoivent ce qui est essentiel au service de l'autel.

La société de l’Autel est une œuvre charitable qui s'occupe du soin de l’autel de la paroisse ou de la cathédrale. Quelquefois elle n’est qu’une particularité d’autres pieuses associations; d’autres fois elle a d’autres fins pieuses, elle est la société d'assistance et de l'autel de Sainte-Marie à Winnipeg, institution combinant le soin de l’autel et l'assistance des pauvres ; la société de l'assistance et l’autel de l’eglise Saint-Joseph à Chatham (Ontario). Toronto a piusieurs succursales, à la cathédrale Saint-Michel, aux églises Saint-Basile, Sainte-Marie et Saint-Pierre.

Les confréries qui suivent n’admettent les femmes qu'à titre de membres ; il y a un si grand nombre de ces associations qu’il n’en sera fait mention que d’un certain nombre.

Les confréries du Scapulaire.—Le scapulaire brun le plus communément porté est celui du Mont Carmel ; il procure à ses fidèles l’association spirituelle avec l’ordre des Carmélites. Il les revêt de la

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livrée de Marie symbolisée : petits morceaux d’étoffes brunes que portent les membres en signe d'affiliation et comme rappel du devoir imposé : l'observation d’une vie chrétienne exemplaire. Cette confrérie est répandue partout.

La Propagation de la Foi et la Sainte-Enfance, toutes deux pour les missions étrangères sont, en grande partie soutenues par la générosité des femmes.

La Bonne-Mort ou Confraternité de la Bonne-Mort, oblige ses membres à prier tous les jours pour les mourants, à demander pour euxmêmes et les autres membres, la faveur d’une mort chrétienne. La confrérie est très considérable. Le siège de la société est à l’église des Jésuites à Montréal. La confrérie du Précieux Sang est une pieuse association qui invoque le Christ agonisant pour les pécheurs à l’article de la mort.

La contrérie des Ames abandonnées est une conséquence de la doctrine et des prières d’intercession pour les morts. Son centre est à Montligeon, France, où une église splendide a été érigée. Les femmes ont beaucoup fait pour propager cette œuvre au Canada.

L'archiconfrérie du Cœur immaculé de Marie, association pour la conversion des pécheurs par l’intercession toute puissante de la mère de Dieu qui nous permet d'atteindre le médiateur suprême, le Christ Jésus.

L’archiconfrérie àe Notre-Dame de Secours Perpétuel.—Sous la direction des PP. Rédemptoristes à Sainte-Anne, Montréal, est destinée à honorer Marie par l’imitation de ses vertus et à implorer son secours pour ceux qui en ont besoin en cas de tentation ou d'épreuves extraordinaires. ,

Toutes ces organisations comptent des millions de membres.

La ligue du Sacré-Cœur et de l’Apostolat de la prière est la plus moderne des associations spirituelles, car elle rencontre les besoins spirituels du travailleur qui est si occupé qu’il ne peut offrir tous les matins à Dieu ses prières et ses souffrances de la journée? C’est le seul devoir que la Ligue impose à ses membres. Il est vrai qu'il y a deux degrés supérieurs qui exigent chacune une dizaine de rosaire et une communion réparatrice mensuelle, en commun autant que possible. Fondée en France en 1844 par le jésuite Henri Roumière, la Ligue compte maintenant, de par le monde, trente millions de membres ; au Canada elle comprend sept cent cinquante mille hommes, femmes et enfants. Le corps dirigeant, connu sous le nom de ‘‘ Promotrices’’, se compose habituellement de femmes sous la direction d’un prêtre. Il y a quinze mille promotrices dans les onze cents centres canadiens affiliés. La promotrice est une per-

sonne qui s’efforce tous les jours de promouvoir la gloire de Dieu et d'assurer le salut des âmes, la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, et les autres dévotions approuvées par l’Église, ense servant des pouvoirs que lui confèrent ses supérieurs. Elle dirige un gro’*pe de quinze affiliées à qui elle distribue mensuellement des billets leur rappelant leurs obligations. Elle fait circuler aussi dans ces groupes le Messager, organe officiel de la ligue qui, publié en 35 langues, a au Canada une circulation de 29,000 exemplaires environ en français et en anglais Au Gésu, il y a deux sections distinctes: section française et section anglaise qui sont le noyau de plusieurs bonnes œuvres, par exemple, la bibliothèque gratuite de Montréal, dont il est parlé au long dans d’autres pages de cet ouvrage et qui est l’œuvre de la section anglaise ; on peut en dire autant du club des Matelots . 1tholiques dont le comité primitif se recrutait en grande partie parmi les promotrices. Les promotrices avec leur bureau et leur directeur tiennent des réunions mensuelles. Une contribution annuelle de 10 sous par tête couvre les dépenses. Le but de l'association est d'étendre le royaume de Dieu sur cette terre, par l: dévotion à Jésus-Christ ; les insignes ou rubans portent avec l’image du Sacré-Cœur, ces mots : ‘‘ Que votre règne arrive”. Contrairement aux autres sociétés pieuses, celle-ci ne s'adresse pas exclusivement aux dévots. La femme épuisée, qu'elle soit reine ou paysanne, l’homme d'affaires, le travailleur, l’homme délicat, le soldat, peuvent remplir les légères obligations qu’elle impose. C’est ainsi qu’une grande partie de l’équipage de l’infortuné //aine, était enrôlé sous la bannière du Sacré-Cœur et d’après les nouvelles qui viennent des champs de bataille d'Afrique, on trouve des deux côtés, mais surtout dans les régiments anglais, des membres de la ligue. La reine d'Espagne est promotrice, son fils est associé En un mot la ligue ne va pas chercher ses membres dans les cours royales seulement, elle les prend dans toutes les classes de la société et si leur idéal spirituel n’est pas très élevé elle leur dit: ‘‘ peu importe, commencez toujours et suivez les autres’. Et c’est ainsi que le globe est entouré de chaînes d’or aboutissant aux pieds de Dieu. La grande idée est de répandre l'amour et l’adoration de Jésus-Christ, le Dieu fait homme.

Dans cet aperçu, il n’a pas été possible de faire autre chose que de tracer les fins principales des confréries dont le but commun est l'amélioration spirituelle de leurs membres et du prochain. Il n’est pas non plus été possible de faire de distinction entre Anglais et Français, bien qu'on puisse faire remarquer que si les Canadiensfrançais catholiques rivalisent entre eux de zèle et de dévotion, les catholiques d’origine anglaise, écossaise et irlandaise ne restent pas en arrière. Les statistiques sont peu nombreuses mais significatives, car elles montrent qu’il n'existe pas en somme de paroisse catholique ni peut-être de si.iple mission qui ne possède l’une ou l’autre de ces associations. Il a pu se commettre des oublis dans cette nomenclature et dans certains cas, comme pour les écoles du dimanche, les statis-

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ŒUVRES RELIGIEUSES 313 tiques étaient trop restreintes pour donner une idée convenable de l'importance de ces œuvres qui, de fait, restent généralement entre les mains de religieux.

Nous en avons cependant indiqué suffisamment pour prouver que partout où le clergé catholique travaille avec un zèle infatigable et modeste, à élever le niveau moral de la population à la hauteur des enseignements du pur christianisme, il a incontestablement les femmes pour coopératrices infatigables. A cet égard l'influence des associations mentionnées est considérable. Elles concentrent l’activité individuelle et y ajoutent la force de l'exemple. C'est en enrôlant et en perfectionnant les unités qui composent ces organisations que la famille s'élève, et l’État en subit une réaction salutaire. Jusque dans les centres les plus éloignés, dans les fermes et dans les villes, parmi les tribus indienne, comme dans les grandes agglomérations cette œuvre s'accomplit silencieusement et sûrement.

Il est impossible dans cette section de l’œuvre de l’église cathoïique de faire toucher du doigt de nombreux résultats qui ne peuvent être estimés au moyen de procédés mécaniques. Nous n'avons pas songé à énumérer les œuvres adjointes de charité ou de dévouement qu’accomplissent ces organisations. On admettra, toutefois, que cet aperçu indique un groupement sincère d'efforts tendant à accroître la somme de bien, de noblesse et de vérité dont le Canada est appelé à profiter,

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