‹ Les Femmes du Canada [microforme]Chapitre 198 sur 287 · QUE · texte numérisé non relu

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Sœurs adoratrices du Précieux Sang.—Ordre cloîtré et contemplatif, communauté d’origine récente, d’origine essentiellement canadienne fondée par Mile Aurélie Caouette, dans sa ville natale de Saint- Hyacinthe, province de Québec, en 1861, sous l’épiscopat de Mgr. LaRocque. De merveilleuses manifestations des faveurs divines, inutiles de rapporter ici, marquèrent les origines de cette nouvelle institution destinée à honorer la Passion de Notre-Seigneur et son Précieux Sang. La mère Catherine Aurélie a vécu assez longtemps pour voir s'élever des maisons de son ordre dans les principales villes du Canada et des États-Unis, bien que l'isolement y soit presque aussi grand que chez les carmélites. Les sœurs peuvent converser à visage découvert à la grille du parloir. Elles instruisent les néophytes, préparent les adultes aux sacrements et font des retraites aux femmes laïques. La journée, comme chez les carmélites, est employée à la prière, à la méditation, à la récitation des offices et au travail, qui est de première nécessité vu que les maisons doivent pourvoir à leur propre subsistance bien qu’elles reçoivent du public des dons volontaires. Leurs moyens de vivre s’accroissent de travaux de couture, de broderie et de confection d’objets du culte. Les jeûnes et autres pénitences sont rigoureux ; les heures de repos sont courtes, le lit se compose d’une planche en été, d’un matelas d’un demi pouce d’épaisseur en hiver. A minuit les sœurs se lèvent et revêtent une robe rouge en souvenir de Celui qui ‘‘ était seul à fouler le vin’”’. Elles restent une heure en contemplation devant le tabernacle en souvenir de l’heure d’agonie de Gethsémani. Toutes les lumières sauf une sont ensuite éteintes et les sœurs retournent à leur cellule en chantant le miserere—ce cri sublime de supplication pour le monde qui justement à cette heure—nage dans le plaisir ou le crime. L'ordre possède un symbolisme spécial emprunté aux Écritures; chaque monastère s'appelle Bethany, Gethsémani ou Emmaüs. Les sœurs portent tracés sur leur voile les instruments de la passion qui sont aussi reproduits sur les enroulements des murs de la chapelle. Tout rappelle le grand mystère de la rédemption. Cette communauté remplit la même mission

de prière et de sacrifice que les carmélites, mais avec moins d'isolement ; car tout le monde peut venir solliciter son assistance et ses conseils. Le Carmel est le désert ; le monastère du Précieux Sang est le cénacic.

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