HENRIETTA MUIR EDWARDS
olitiques ; L fédéral, el
en 1896, 7
Christian CHAPITRE IV.
lement 1 N e are a été PROFESSIONS ET CARRIÈRES. © léral sont en consé-
Doté au début d’un fonds de traditions de l’ancien monde, le À VARDS. Canada est demeuré une des parties les plus conservatrices de | l'empire britannique. La vie, pour les premiers colons, était une lutte sans répit engagée contre le milieu “ physique, et ne laissant que peu de loisirs pour l’enfantement et le développement des idées. Ceux en petit nombre qui devançaient leur époque, étaient trop … clair-semés pour lancer un mouvement ; exigeant l’action collective, et les cou- > tumes anciennesse perpétuèrent. Même aujourd'hui, la population est lente à céder à la poussée en avant, et les questions déjà résolues ailleurs restent “ pendantesau Canada. L'éducation supérieure de la femme est une question actuelle, et sa libre admission aux professions libérales ne serait pas en harmonie avec l'esprit du pays.
L'éducation en commun des garçons et des filles a depuis long- “temps été de règle dans les écoles primaires et secondaires de ‘plusieurs provinces, et dans les écoles normales les élèves du sexe féminin ont afflué ; mais il n’y a pas plus de dix-huit ans que, — la ‘première au Canada, — une femme reçut le grade de bachelier ès “lettres et sciences (Z2.4.) de l’université de Mount Allison, un "| modeste établissement du Nouveau-Brunswick.
Le premier effet du relèvement de l'éducation donnée à la 1] femme a été de lui faire une position plus euviable dans une profession reconnue comme étant de son domaine. Depuis bien des J “aunées l’enseignement élémentaire dans le pays avait été confié, presque entièrement aux femmes, et l’enseignement secondaire et es collèges, tout aussi entièrement laissé aux hommes. Ces condi- ‘{
tions si défavorables au développement normal de la jeunesse tendent à disparaître. Il est vrai que peu d'horames consentent à accepter des positions dans les écoles élémentaires; mais les femmes, en nombre de plus en plus grand sont employées dans les #ig/ schools (écoles supérieures) et les co/legiate institutes (collèges).
Les généralisations au sujet du professorat au Canada ne sont pas possibles. Il n'existe malheureusement pas de loi d'éducation émanant du parlement fédéral; chaque province a son système d'instruction publique, et géneralement se refuse à reconnaître le certificat d'aptitude pédagogique même de plus haut mérite obtenu | en quelque autre partie du pays. A cette absence d’uniformité dans | les conditions requises, il faut ajouter de grands écarts entre les | appointements d’instituteurs ou d’institutrices de même capacité et de | même formation. Dans les provinces de l'Est, où la moitié des | femmes qui prennent leurs grades universitaires se livrent ensuite à | l’enseignement, on rémunère ies institutrices au taux du tiers de ce
que reçoivent les instituteurs faisant le même travail. Dans la
Colombie-britannique, au contraire, le sexe n’entre pas en ligne de | compte lorsqu'il s’agit de déterminer la position ou de fixer les appointements de l’instituteur ou de l'institutrice. Le salaire | la plus faible est payé dans la province de Québec, où quelques instituteurs ou institutrices reçcivent quatre-vingt-dix dollars par | année, et où une commune rurale a fixé à cent-vingt dollars le | maximum des appointements des instituteurs d'école primaire. A |
Montréal, des femmes dans des conditions exceptionnelles, reçoivent des appointements variant de six cents à neuf cents dollars par année. Les appointements les plus élevés sont payés dans l'Ontario et la Colombie-britannique, les institutrices dans les #igh schools et les collegiate institutes y obtenant jusqu'à quinze cents dollars par année. Dans l'Ouest du Canada, donc, la situation des femmes est è assez satisfaisante, et les excellentes positions qu’elles occupent à DE l'Ontario Medical College for Women, donnent l’espérance de choses \ encore meilleures pour l’avenir. Mais ce n’est que dans la province de Québec que des femmes ont été appelées à faire partie du corps enseignant d'une université. Au collège McGill, affilié à l’université du même nom, une femme a occupé une chaire pendant cinq années ; et, en septembre dernier, une directrice et plusieurs femmes professeurs entraient en fonctions au collège des Femmes Royal V'etoria. Toutes ces femmes font le même travail et sont sur le même pied que les professeurs de l'université. En somrie, toutefois, il faut dire
a jeunesse nsentent à
que le professorat est encombré et que la perspective n’est pas riante. Les institutrices sont surmenées et peu payées, et il y a relativement
es femmes, | di x À > ; us peu d'espoir d'avancement même pour les mieux préparées et les Is le ; RE « £ mieux douées des institutrices. il lèges). |
Une autre vénérable occupation des femmes, c'est ie soin des malades, qu’on a élevé au rang de profession par l'établissement d'écoles spéciales rattachées aux grands hôpitaux. Cette profession est devenue tellement lucrative, honorable et même fashionable, qu'il est à craindre que les personnes d’un esprit inquiet et mécontent n'y cherchent un refuge pour échapper à leur propre malaise, plutôt qu’une occasiou de rendre des services. Toutefois, la phase actuelle n’est que temporaire; et d'autre part, dans les hôpitaux, dans le service à domicile, dans les établissements de bienfaisance, dans l’ordre des Infirmières Victoria, on trouve des femmes des mieux douées et des plus dévouées, qui par les soins qu’elles ont donnés aux malades et aux indigents, ont beaucoup aidé à faire disparaître les préjugés hostiles à l'admission des femmes à la profession médicale.
En 1867, Mme Stowe, docteur en médecine, graduée du A/edical nl College for Women, de New Vork, étonna Toronto en s’établissant k là comme médecin. Plus tard elle étonna de même le personnel dirigeant de l'Université en faisant inscrire sa fille à l’ecole de Médecine de Toronto. Miss Stowe prit ses grades en 1883 ; et
» l’année suivante Miss Smith obtenait le grade de docteur en méde- … cine à l’université de Queen, Kingston. Les écoles de médecine, es, reçoivent …. toutefois, voyaient les étudiantes d’un mauvais œil, et les dollars per . femmes se portant de plus en plus vers l’étude de la médecine, le ns l'Ontario collège de Médecine d’Ontario pour les Femmes fut établi. Ici, ph schools et les étudiantes reçoivent la plus grande partie de leur éducation, dollars par 2 qu'elles complètent par quelques leçons suivies à la faculté de s femmes Cal Médecine de l’université de Toronto. De cette manière, les femmes occupent à se préparent à subir les examens pour les grades conférés par ce de choses l’université Trinity et l’université de Toronto. Cette union étroite s la province . avec les universités, jointe à l'expérience acquise dans les hôpitaux tie du corps de la ville, est un complément de la préparation nécessairement insufl’université + fisante que donne une institution restreinte sans attache avec de cinq années ; 0 grands établissements.
nmes profes- ES Dans la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick, on a toujours yal V ctoria. Ron eu les vues les plus libérales eu ce qui regarde l'éducation des femmes. e même pied . Les premières à se faire inscrire aux universités furent admises sans is, il faut dire … discussion, sans hesitation. Quelques-unes seulement ont passé par
da ne sont l'éducation nn système onnaître le rite obtenu ormité dans s entre les pacité et de moitié des nt ensuite à 1 tiers de ce . Dans la en ligne de le fixer les Le salaire ù quelques dollars par t dollars le rimaire. À
les écoles préparatoires aux professions et pris le grade de docteur en médecine, mais celles-là sont encouragées et ont même du succès dans leur pratique. Dans le Manitoba, les Territoires du Nord- Ouest et la Colombie-britannique, les bureaux de médecins accordent des autorisations aux femmes aux mêmes conditions qu'aux hommes, et celles-là ne souffrent d'aucun désavantage dans l'exercice de leur profession.
Des événements récents ont déterminé l'exclusion des femmes de la seule école de médecine qui leur fût ouverte dans la province de Québec. Les facultés de l’université McGüll préparatoires aux professions n’ont jamais admis de femmes 2.pirantes aux grades universitaires. Mais depuis plusieurs années elles se sont fait inscrire comme étudiantes à la faculté de médecine de Zishop's College, et ont joui de tous les privilèges accordés aux hommes. Au début, ces femmes recevaient leur formation pratique au /ontreal General Hospital, le plus vaste champ de clinique du Canada. Bientôt, toutefois, le personnel dirigeant de l'hôpital, à cause d’objections théoriques à la présence de femmes en qualité d'étudiantes en médecine, retira la permission. L'hôpital Royal Victoria refusa également d'aämettre les étudiants femmes, et seul l'hôpital Western, un modeste établissement, leur est ouvert. Maïs cette institution n’a que cinquante lits, et les règlements du collège des médecins et chirurgiens de Québec et du General Medical Council de la Grande-Bretagne et l'Irlande exigent que les aspirants aux grades de la profession médicale aient suivi les cliniques d’un hôpital pourvu d’au moins cent lits. Par suite de l'impossibilité dans laquelle se trouvent les femmes de s’assurer une pratique suffisante dans les hôpitaux pour pouvoir obtenir l'autorisation d'exercer, les gouverneurs du Bishop's College ont dû, à contre-cœur, interdire aux femmes les cours avancés de la facuité de médecine et les examens du doctorat. Ainsi, à moins que le personnel d’un des grands hôpitaux ne soit induit à permettre aux femmes de participer ‘‘aux facilités exceptionnelles de clinique et d'enseignement pratique ’’ assurés aux autres étudiants, ou, à défaut de cela, à moins que l'hôpital Western ne soit doté et agrandi, de manière à répondre aux exigences des //edical Acts du Canada et de la Grand-Bretagne, il ne sera pas possible pour les femmes de Québec de prendre le grade de docteur en médecine dans leur propre province. Ce mouvement de recul s’est produit à un moment où les femmes médecins et chirurgiens avaient triomphé des préjugés, non seulement du
docteur en du succès du Nordaccordent x hommes, ice de leur
es femmes a province toires aux ux grades ait inscrire lege, et ont début, ces 1l General
Bientôt, ‘objections s en médeégalement estern, un tution n’a et chirure-Bretagne profession moins cent es femmes ir pouvoir
Bishop's les cours doctorat.
pitaux ne x facilités ”’ assurés l'hôpital bndre aux retagne, il e le grade jouvement édecins et ement du
public, mais des membres mêmes de la profession. L'hiver dernier, pour la première fois, la Æontreal Medical Society recevait un mémoire préparé par une femme, et à une réunion subséquente, un règlement fut passé autorisant l'admission dans la société de femmes qui seraient dans les conditions exigées. L'auteur du mémoire, Mme Abbott, docteur en médecine, après avoir pris ses grades au Bishop's College, passa plusieurs années à Vienne, y complétant ses études universitaires. Il y a quelques mois, elle fut nommée aide du conservateur du musée de pathologie de l’université McGill, et elle a déjà assez fait pour justifier sa nomination. Mme Abbott n’est pas seule; plusieurs femmes médecins ont reçu la même formation, se sont montrées praticiennes habiles et soigneuses et ont conquis la confiance du public.
Dans les professions secondaires qui se rattachent à la médecine, savoir, l’art dentaire et la pharmacie, les femmes sont entrées en petit nombre, mais sans qu’on leur fît d'opposition. Il en est de ces professions comme des métiers et de l’agriculture; quelles que soient les facilités offertes pour acquérir la formation première et se préparer aux examens exigés pour l'admission à ces carrières, le suctès final, dépenn crement de l’habileté (du tour de main) du praticien.
Il n'est pas nécessaire de parler longuement des femmes engagées dans les autres professions libérales. A l'heure qu'il est il n’y a qu’une femme avocat au Canada. Miss Brett Martin prit le grade de bachelier en droit civil (Z.C.Z.) à l’université de Toronto, en 1° ,et celui de bachelier en droit (Z.Z./.) en 1899. Afin de lui f : ‘mettre de se faire inscrire sur la liste des avoués et des avocats, les lois de la province et les règlements de la Zaw Society d'Ontario durent être amendés. Miss Martin fait aujourd'hui partie d’un bureau bien connu d’avocats de Toronto. Aucune femme n’a demandé d'être admise à l'étude du droit ou d’être autorisée à exercer la profession d'avocat dans les autres provinces. Dans le Manitoba et la Colombie-britannique, l'exercice de la profession d'avocat n'est pas interdit aux femmes, mais il n'en est pas ainsi dans l'Est. L'université Dalhousie serait disposée à donner la préparation nécessaire aux femmes, mais le Barristers' Act de la Nouvelle-Ecosse letir interdit l'exercice de la profession. Dans la province de Québec, au contraire, les femmes sont exclues des facultés de droit des diverses universités. Si, toutefois, une femme acquérait la formation requise par le conseil général de l’ordre des avocats de la pro-
vince de Québec en faisant un stage de quatre années dans une étude d'avocat, rien dans la loi ne l’empêcherait d'être admise à l'exercice de la profession. Mais, comme on tient compte de la coutume dans l'interprétation des lois, il est probable que l'esprit traditionnel l’emporterait, et que la femme aspirante à l'exercice de la profession d'avocat dont le cas serait soumis en premier lieu, verrait sa demande rejetée.
Plusieurs communions religieuses, suivant en cela l'exemple de l'Eglise primitive, ont rétabli l'orr ‘e des diaconesses; et des femmes, sous la direction du clergé, sont chargées particulièrement de certaines œuvres religieuses. Même dans les pays les plus radicaux, peu de corps religieux ont admis les femmes au ministère ; au Canada, par conséquent, où i:s sect:s conservatrices sont en majorité, il s’écoulera bien des années avant que les femmes soient préparées à exercer le ministère et reçoivent l'ordination ecclésiastique. A l'heure actuelle, poussées par le zèle religieux, quelques-unes s'en vont dans les missions ou se font admettre dans quelque communauté. Les femmes à la tête de mouvements de réforme, qui unissent l’amour de l'humanité à la faculté d'organisation, font beaucoup de bien en rapport avec les diverses sociétés. Quelquesunes douées d’éloquence et de spiritualité, ont mainte occasion de parler en public sur des sujets de morale.
Les femmes qui font de la littérature, de la musique ou des arts leur profession, ne rencontrent pas non plus d'empêchements dans l'exercice de leurs talents. Maïs le pays, dont la population est peu considérable, n'offre pas un champ vaste pour l'exercice de talents plus qu'ordinaires. C’est ainsi que la cantatrice canadienne la plus célèbre chante rarement dans son pays ; les tableaux des peintres canadiens les plus habiles ornent les salons étrangers ; les meilleures œuvres littéraires paraissent d’abord à Londres et à New Vork. Mais toutes ces productions sont du Canada et pour le Canada, estimées et honorées par les Canadiens pour leur mérite présent et les espérances qu'elles donnent pour l'avenir.
Sans se montrer agressives, sans se rendre importunes, quelques Canadiennes par la réflexion, par leur claire vue des choses, par les services réels qu’elles ont rendus, ont préparé la voie pour celles qui vont les suivre, et fait reconnaître le droit de toutes de se livrer au travail auquel elles sont aptes.
Montréal. CARRIE M. DERICK.
ne étude exercice me dans ditionnel rofession demande
emple de t de cerradicaux, 1 Canada, 1jorité, 1l éparées à ique. À unes s’en e commuorme, qui tion, font Quelquesccasion de
vu des arts ents dans on est peu de talents ne la plus es peintres meilleures ew Vork.
e Canada, présent et
s, quelques ses, par les pour celles de se livrer
)DÉRICK.
PROFESSIONS ET CARRIERES 67
à COMPILATION,