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Dans la PROVINCE D'ONTARIO, en 1884, le suffrage dans les affaires communales et municipales fut conféré aux femmes hors de puissance de mari dans les mêmes conditions qu'aux hommes. Toute femme propriétaire, qu'elie soit ou non sous puissance de mari, est appelée à donner son vote au sujet des règlements de finance lorsque ces règlements soumis à l'électorat (Lois refondues, 1887). Toute femme dont le nom est inscrit sur le rôle des contributions est éligible à la charge de commissaire d'écoles publiques et autorisé à voter à l'élection des comniissaires. Mme Stowe Gullen, docteur en médecine, fut la première femme élue à cette charge. En 1898, Mme Boomer fut nommée à la commission scolaire de London (Ontario). Ces droits furent reconnus à la demande de la Pominion Woman's ÆEnfranchisement Association, des Conseils locaux des Femmes, et de la Women's Christian Temperance Union. La Dominion Woman's Enfranchisement Association réussit en 1892 et 1893 à faire adopter deux mesures autorisant l'admission des femmes à l’étude et à la pratique du droit. Un projet de loi introduit par M. Waters au cours de plusieurs sessions consécutives, n’attira guère l'attention jusqu’à 1890 ; appuyée alors par une délégation de la Dominion Woman's Enfranchisemeut Assouiation, ia mesure fut présentée pour discussion, mais ensuite mise de côté. Deux projets de loi ont été préparés par la Women's Christian Temperance Union et présentés à la chambre ; l’un conférant le suffrage dans la sphère communale et municipale aux femmes sous puissance de mari dans les mêmes conditions qu'aux femmes hors de puissance maritale ; l’autre conférant le suffrage dans la sphère législative à toutes les femmes dans les mêmes conditions qu'aux hommes. Les deux furent rejetés, — 16 contre 53.
Dans la PROVINCE DU MANITOBA, en 1891, le suffrage cn matière communale et municipale fut accordé aux femmes. Toute femme contribuable qui se trouve dans les conditions requises par l'article 360 du chapitre 100 des Lois refondues a droit de vote dans les affaires scolaires et peut être portée aux charges. Les femmes propriétaires votent sur les règlements municipaux au sujet desquels les contribuables sont appelés à se prononcer. En 1892, une loi pour la reconnaissance des droits politiques de la femme fut présentée à la chambre, mais bien vite rejetée par un vote de 28 contre 11.
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Dans les TERRITOIRES DU NORD-OUEST, les femmes hors de puissance de mari jouissent du suffrage en matière communale et municipale (em. O. ; Con. 1894), et en matière scolaire toute contribuable est appelée à voter et peut être portée aux charges.
Dans la PROVINCE DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE, un projet de loi pour la reconnaissance des droits politiques de la femme fut rejeté en 1893 par une forte majorité. En 1899, une mesure semblable fut de nouveau soumise à la chambre et ne fut rejetée qu’à la majorité d’une voix. En 1888, le suffrage en matière communale et municipale fut conféré aux femmes hors de puissance de mari et propriétaires (Co. Acts, Vol. 1, Ch. 1888). Dans les matières scolaires, la femme de tout locataire ou propriétaire (aussi bien que le locataire ou le propriétaire même) possédait le suffrage, mais n'était paséligible aux fonctions (1891, ch. 104). Dans une grande mesure sous la pression du conseil local Victoria, cette loi fut amendée en 1897, de manière à autoriser l'élection de femmes à la charge de commissaire d'écoles. En 1897, le suffrage en matière communale et municipale fut conféré à toutes les femmes contribuables dont les noms étaient inscrits sur les listes d’électeurs. Seuls les propriétaires sont appelés à voter à l'occasion de règlements communaux ou municipaux engageant la responsabilité financière de la commune ou municipalité.
Au parlement du Canada, une pétition demandant le suffrage égal pour les deux sexes, signée par les officiers de la Women's Christian Temperance Union, au nom des membres de cette association, fut présentée en 1894 par sir James Grant (à la chambre des Communes), et par l’haorable M. Scott (au Sénat); la pétition était accompagnée de mémoires des provinces. M. Mills donna avis de la présentation d’un vœu en faveur d'une extension du suffrage féminin, mais ne le soumit jamais aux Chambres. Le projet de loi de suffrage électoral de M. Dickey renfermait un article conférant le suffrage aux femmes (veuves ou filles) hors de puissance maritale. Le projet de loi ne subit que sa première lecture. M. Davin, de so“ propre mouvement, présenta un vœu en faveur de l'établissement du suffrage féminin dans les mêmes conditions que celui des hommes. Quarante députés votèrent pour la proposition ; cent-cinq contre.
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Une pétition demandant la reconnaissance des droits politiques de la femme, signée par un grand nombre d’électeurs au fédéral, établis dans les diverses parties du Canada, fut présentée, en 1896, à la chambre des Communes et au Sénat par la Women's Christian Temperance Union. Ce fut la dernière tentative faite au pælement fédéral, et comme depuis cette époque une nouvelle mesure a été adoptée en vertu de laquelle les listes d’électeurs au fédéral sont calquées sur celles des diverses provinces, la lutte devra, en consé-
quence, se faire dans chaque province séparément.