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Il y a eu, dans l’histoire de la colonisation du Canada deux points importants : 1° l’assujettissement direct de la colonie naissante à la couronne de France, 2° l'occupation du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario par les Loyalistes de l’Empire-Uni.
La cession du Canada à l'Angleterre, la perte par celle-ci, de ses premières colonies d'Amérique et le subit accroissement de la population canadienne, grâce à l’arrivée d’un nombreux contingent de colons anglais demeurés fidèles à l’Empire, sont trois événements qui ont exercé une influence presque égale sur l'avenir du pays, et qui ont le plus contribué à lui assurer la place éminente qu’il occupe dans l'empire britannique.
Telles sont les grandes lignes de la colonisation du Canada jusque vers la fin du dix-huitième siècle. Voyons maintenant quels éléments sont venus grossir sa population durant le siècle qui expire et quels éléments s’annoncent pour le siècle nouveau.
L'arrivée au Canada des Loyalistes de l’Empire-Uni, fut suivie d’une immigratior importante de sujets britanniques venant directement de la mère patrie. Le comté de Glengarry, dans l'Ontario, fut colonisé par L: L:tagnards écossais qui lui donnèrent son nom ;
les émigrants Éc. is s’établirent aussi en nombre dans la Nouvelle-
Écosse, et lord Selkirk amena des colons Écossais à l'Ile de Prince- Édouard. Lorsque, en 1814, la paix fut rétablie en France, beaucoup de personnes que la guerre avaient ruinées ou considérablement appauvries, vinrent au Canada, attirées par de généreuses concession< ‘le terres et d’autres avantages offerts par le gouvernement. En . 330, la population du pays dépassait un million ; et bientôt, la vapeur avec tout le développement industriel qui en est la conséquence, vint donner une nouvelle et vigoureuse impulsion à cet accroissement déjà si rapide. Le Canada a été vraiment privilégié en ce qui concerne les débuts de sa colonisation tant par les Français que par les Anglais. Le pays naissant avait besoin de colons énergiques qui ne lui firent point défaut, et qui, tout en contribuant au développement des ressources et des richesses du pays, surent sauvegarder leurs propres intérêts.
C'est lorsque l’on commence à encourager l'immigration en vue d'intérêts purement commerciaux que l’on voit apparaître les dangers, les abus, et les maux qui y sont trop souvent attachés. Ceux qui s'occupent de promouvoir l’émigration sont exposés à oublier que ce n’est ni l’écume, ni la lie d’une population qui forment une classe d’émigrants désirables, mais bien le surplus, la surabon-
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dance de la partie saine de la société. Ils doivent en même temps, se garder de céder à la tentation de considérer l’émigration comme un moyen de débarrasser cette société des individus inutiles, paresseux et incapables. Il est malheureusement trop certain que notre pays a souvent eu à souffrir de ces erreurs et que l’on y a attiré, ou tout au moins accepté, nombre d'émigrants plus qu'inutiles et quelquefois même tout à fait indignes. Cela est d’autant plus regrettable qu’en agissant ainsi, on a fait naître en certain lieu des préjugés contre l’émigration, et de ‘.1, préjugés sont lents à disparaître.
Dans l’œuvre de l'immigration il y a deux principes qu’on ne doit jamais perdre de vu:: 1° toute émigration qui aurait pour but de favoriser une partie de l'empire au détriment d’une autre partie est nécessairement injuste et déloyale ; 2° à moins que l'intérêt de l’émigrant et celui du nouveau pays qui l’adopte ne soient réciproques, les résultats ne sauraient être longtemps satisfaisants.
Afin de remplir efficacement sa mission, l'agent d'immigration doit connaître à fond le milieu d'où il tire l’émigrant et celui où il l'envoie, Il faut aussi qu'il soit bon physionomiste et puisse juger promptement si l'intérêt individuel de l’émigrant et celui du pays y ‘trouveront leur compte. Ce choix ne saurait être fait avec trop de soin. Il serait cependant relativement facile si l'émigration était plus en faveur près de la classe de gens dont le caractère offre plus de garanties sous tous les rapports. Mais il n’en est point ainsi. Généralemeut, ce sont les sans valeur, les paresseux, ceux qui n’ont rien à perdre, qui sont les plus disposés à accepter un changement quelconque ; tandis que les gens rangés, actifs, économes et à habitudes régulières hésitent, et, soit par ignorance, soit par une prudence exagérée, se tiennent en garde contre ce qui leur semble plus ou moins hasardeux.
Une autre pierre d’achoppement trop commune dans l’œuvre de l'immigration est la prétendue charité de certaines gens qui envoient aux colonies des imbéciles, des vauriens, sous le futile prétexte de fournir à ces tristes individus l’occasion d'y commencer une vie nouvelle,
En vérité, c’est une charité étrange et qui ressemble fort à un égoisme criminel, lequel pousse ces philanthropes à dégager ainsi leur propre responsabilité.
Eu dépit des efforts du gouvernement impérial et du gouvernement canadien, pendant ces dernières années, pour répandre partout
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des renseignements précis sur notre pays, il n’est point encore suffsamment connu. On semble surtout ignorer le genre d'immigration qui lui conviendrait réellement. De 1à de nombreux désappointements. On devrait s'efforcer de faire comprendre à ceux qui désirent émigrer que les deux principales classes d’'émigrants qui ont actuellement les plus grandes chances de réussir sont : 1° les laboureurs et les agriculteurs, 2° les domestiques. IL serait nécessaire aussi que l'on cherchât à convaincre ces deux classes de personnes que le
Canada est essentiellement le pays des travailleurs, un pays où un
rude travail assure une honnête aisance et même la richesse, mais aussi un pays qui n'offre à peu près aucune ressource à ceux qui redoutent, repoussent ou méprisent le travail, C’est au colon canadien surtout que peut s'appliquer cette loi: ‘‘’Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front’. À ceux qui acceptent une vie laborieuse, le Canada offre du pain et même suffisamment de beurre, mais il n’a rien à offrir aux indolents, aux paresseux et aux flâneurs. |
Les qualités les plus propres à assurer le succès, soit aux laboureurs et aux agriculteurs, soit aux simples manœuvres, aux serviteurs et aux servantes, peuvent se résumer ainsi : force physique, volonté arrêtée d'accepter toute sorte de travail, et capacité suffisante pour s’en acquitter convenablement. Ces qualités sont pour tous, même pour les médiocres un gage assuré de succès, tandis que sans elle, un spécialiste même très habile est presque fatalement certain d’échouer. Pour n’en citer qu'un exemple, il n’y a aucune classe de domestiques plus recherchée au Canada que celle des servantes générales ou bonnes à tout faire ; et ce sont les femmes et les jeunes filles de cette catégorie qui, plus que tout autre, peuvent espérer au Canada une position incomparablement plus avantageuse que celle qu'elles pourraient attendre en Angleterre.
Revenons maintenant à la première et de beaucoup la plus importante classe d'émigrants dont nous avons parlé, c'est-à-dire à celle des laboureurs et des agriculteurs en général. Cette classe est certaine d'être bien accueillie au Canada, et d’y trouver, longtemps encore, des ressources splendides et un brillant avenir assuré. Il est certainement de l'intérêt de l’ Angleterre d'encourager avant tout cette classe d'émigrants. Actuellement, en Angleterre, l’agriculture pratiquée sur une petite échelle n’est guère profitable, et c’est À peine si le fermier ou le petit propriétaire foncier peut parvenir à joindre les deux bouts. S'il veut travailler, qu'il vienne au Canada
avec ses serviteurs, qu'il y étudie et accepte les nouvelles conditions de sol et de climat, et il peut être certain d'y trouver d'immenses avantages.
Prenons par exemple le cas d'un garçon de ferme. En Angleterre, neuf fois sur dix, il n’a rien à attendre de l'avenir ; une vie d'un travail rude et opiniâtre ne pourra même trop souvent mettre sa vieillesse à l’abri de la misère, et ne lui laissera que la maison de refuge. Mais, au Manitoba ou dans l’ouest de l'Ontario, un homme qui sait labourer et prendre soin du bétail peut, dans une année ou deux, mettre assez de côté pour s'établir à son compte et se préparer une honnête aisance, .
Cependant, ni l'Angleterre, ni aucune autre contrée de l’Europe ne saurait fournir seule le nombre d'agriculteurs nécessaires pour développer immédiatement les ressources agricoles du Canada, car la rature semble avoir destiné ce pays à devenir l’un des plus riches greniers de l'univers. Le développement de ses terres à céréales est, pour le moment, le premier pas à faire dans le sentier du progrès industriel, et le pays peut s'estimer heureux d’avoir su attirer à lui, de tant de points différents, un si grand nombre d’auxiliaires d’une incontestable valeur. ,
En jetant un regard sur une statistique quelconque d'immigration, on ne saurait manquer d’être frappé du nombre de courants différents qui traversent ‘constamment l'Atlantique et se dirigent vers le Canada. Des Galliciens, des Doukhobortses, des Slaves de l'Autriche et du Caucase, se sont déjà établis et s’établissent chaque jour dans la province du Manitoba, dans l’Assiniboine et la Saskatchewan. Nous voyons des Islandais à Gimla, sur le lac Winnipeg, et des Meunonites allemands sur la rivière Rouge ; tandis que le Manitoba et l’Aiberta comportent déjà de nombreuses colonies scandinaves. De nouveaux colons anglais et irlandais arrivent chaque année et se fixent dans les différentes parties du pays. L'élément français lui-même s’accentue de plus en plus dans différents centres, sous l'influence et les auspices de la société de Colonisation et de Ra) *iement.
Ces races si variées s'implant. at côte à côte, et fournissent les éléments d’une nouvelle nätionalité canadienne ; et déjà, comme l’Australie, l’ Afrique du Sud et les États-Unis, le Canada imprime son sceau particulier sur ses enfants adoptifs. Les Celtes et les Teutons, les Latins et les Slaves sont des rameaux de la grande famille caucasienne, mais des rameaux qui ont été séparés l’un de
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l’autre, en Europe, depuis les temps préhistoriques; et s'il est
vrai, comme nous l’assurent les savants, que les meilleures races 1 sont celles qui proviennent de sujets ayant une parenté éloignée, {| nous avons tout lieu d'espérer que la race future, en ce pays, sera | vraiment supérieure. Tel qu'il nous apparaît aujourd'hui, le Canada | est encore dans son enfance ; mais, comme certains enfants, il |
accuse déjà une vitalité vigoureuse et donne des promesses d’un | développement extraordinaire. Le temps, nous en avons la ferme : il conviction, fera de notre pays, une riche contrée peuplée par une | puissante nation.
M. M. MALLOCK.
Colonisation | Quel mot sonore éveillant dans les profondeurs de l'imagination l’idée d'immenses horizons ! Et, par ce fait, quel sujet sérieux à traiter pour une plume novice en ce genre, et, surtout, diraient les malins, pour une plume féminine.
Mais parler de colonisation, c’est dire patriotisme, la plus belle, la plus noble de toutes les vertus, celle qui renferme à la fois la charité, le dévouement, l'héroïsme : ces trois sublimes sœurs que Dieu a mises au cœur de la femme et que par une nouvelle merveille de sa bonté originale, il a assimilées, divins attributs, à la nature imparfaite de sa créature.
- Tout ce qui est grand, noble et beau, la femme peut le comprendre, que dis-je ? elle en a l'intuition. Et ce que le cœur conçoit la plume peut l’exprimer. Voilà pourquoi le plus humble et le plus inhabile de tous. les écrivains du Canada n hésite pas à aborder ici cette question, soutenu qu’il est par la pensée que, peut-être, sa voix sera entendue et éveillera quelque part uu écho qui, doucement répercuté, ne sera pas sans effet pour la cause qu’il prend en main.
—Ah! diront les sceptiques, on comprend que la courageuse compagne du colon qui ne craint pas de partager les ennuis et les fatigues, lot inévitable de tout pionnier, puisse revendiquer l'honneur de faire quelque chose d’utile pour la colonisation, mais celles qui demeurent commodément claquemurées dans leurs chauds boudoirs, au sein des villes, que peuvent-elles pour cette grandiose entreprise ? Ce qu'elles peuvent? Prier, écrire, parler. Oui, parler, messieurs les profanes ne riez pas ; elles peuvent, sous l’impulsion d’une charité .ardente et ingénieuse, discuter ies moyens les plus efficaces laissés à leur disposition et seconder d’une manière discrète, mais pratique, ceux qui doivent payer de leur personne dans la bataille, Qu'on me permette de rappeler ici, la fine réplique que l’un des plus zélés apôtres du rapatriement et de la colonisation opposait, un jour, aux objections que la grande modestie inspirait à une dame
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montréalaise réputée pour sa charité : ‘‘ C’est déjà beaucoup, mes- Ù dames, que d’avoir vos sympathies et, ne dussions-nous compter sur nulle autre chose de votre part, nous aurions encore le droit de nous proclamer satisfaits. Au temps de la féodalité et de la chevalerie, quand les preux partaient en guerre, ils laissaient au logis de vaillantes châtelaines dont le rôle modeste et passif ne contribuait pas peu, cependant, au succès de leurs amis. Ce qu'elles faisaient ces dames du moyen âge? Elles priaient pour le triomphe des armes de ceux qui allaient combattre au loin, elles surveillaient les intérêts de leurs domaines, en l'absence des maîtres et, surtout, elles répandaient sans bruit le bien autour d'elles. Voilà, mesdames, ce que nous attendons encore de vous.’ Et les femmes du vingtième siècle, | non moins courageuses et bonnes que leurs illustres devancières, |
voulant se montrer dignes de la confiance qu’on a reposée en elles, apportent leur modeste concours à ceux aui l’ont sollicité.
Avec le progrès de la civilisation, il avait fallu presque une révolution pour faire comprendre aux hommes qu'ils devaient In | compter avec les femmes : la charité, elle, sans heurt, leur souffla au | à cœur que dans toutes les circonstances, ils peuvent toujours compter sur elles. Et depuis lors le féminisme n'existe plus, dans le sens sectaire et révolutionnaire de ce mot, parce qu'une moitié du genre humain a conquis le seul droit qu'elle ambitionnait, celui de faire le bier: côte à côte avec l'autre, celle qui s'intitule le sexe fort. Ce qui s'était appelé animosité, empiètement, s’épura dans le creuset d'une égalité où chacun pourtant, re ta dans les limites du rôle que Dieu lui-même semblait lui avoir assigné. L'homme sans abdiquer le sceptre qu'il tient de droit divin, et la femme, sans rien sacrifier de la grâce, qui fait sa ‘‘ personnalité ’”, joignirent leurs efforts, et la seule rivalité qui subsista entre eux fut une heureuse émulation pour le triomphe de la cause commune, le bien de l'humanité.
Et, puisque ce fut aussi dans un but humanitaire par excellence que fut fondée à Montréal, en 1883, la société de Colonisation et de Rapatriement, une femme a bien aujourd’hui le droit de mettre son modeste talent au service de là grande cause que sert cette association et de venir en entretenir ses lecteurs. Née du mouvement spontané de quelques grands cœurs, que ne pouvaient laisser indifférents la vue de nos campagnes désertées et les vastes régions qui, dans notre cher et beau pays n’attendaient pour fournir leurs richesses que des bras défricheurs, et quelques centaines d’âmes courageuses pour aller les cueillir, cette société eut pour fondateur le Dr M. Grignon.
Ses collaborateurs furent l'honorable J.-D. Rolland, J.-X. Perreault, chevalier B.-A.-T, de Montigny, chevalier G.-A. Drolet, chevalier E.-L. de Bellefeuille, L.-E. Beauchamp, Jos Brunet, H. Hurteau, T.-A. Brisson, L.-E. Carufel. Ses rapides progrès dans l'année même de sa fondation, attirèrent l'attention des directeurs de la puissante compagnie du Pacifique, qui voulurent s’adjoindre un si précieux auxiliaire dans l’œuvre qu'eux aussi encourageaient de tout leur pouvoir. Sous cette égide, on vit bientôt de hardis pionniers s’aventurer jusqu'au sein de nos forêts vierges et aller planter leurs tentes au milieu des plaines où l’herbe poussait en liberté, n’ayant jamais senti le poids d’un pied humain. Comme sous la baguette d’une fée, des paroisses entières surgirent 1à où, quelques mois auparavant la nature étalait ses sauvages et incultes beautés : les femmes se faisant un devoir de venir donner par leur présence un nouvel élan à l’ardeur qui emportait déjà leurs compagnons. Quelques-uns donnèrent des preuves d’un courage peu commun, en renonçant au confort d’une vie aisée et aux incessantes distractions de la ville, pour aller affronter les difficultés que présente toujours le fait ‘‘ d'ouvrir une terre dans un canton nouveau ’’.
S'il était permis de citer ici quelques noms, je n'aurais, vraiment, que l'embarras du choix. Ces types ne manquent pas, — heureuse compensation au mouvement qui, il y a quelques années, semblait porter les fils d'agriculteurs à déserter nos campagnes fertiles et riantes pour aller dans les grandes villes américaines enchaîner leur liberté et se parer, en échange de travaux mercenaires, d’un semblant de luxe aussi faux que chèrement payé. Ces fcilles ambitions, bientôt déçues, n'étaient que le résultat ’une éducation défectueuse. Après quelques années passées :: les bancs du collège, les travaux de la terre leur paraissaient indignes d'eux, et seule la ville leur semblait capable de fournir aux talents divers qu'ils croyaient s'être découverts, l’occasion de se dépenser.
Et ceux qui aiment leur pays voyaient avec peine cette jeunesse florissante s’acheminer vers l'inconnu et porter à l'étranger les folâtres essaims de rêves magnifiques sur lesquels devaient souffler les précoces et cruelles désillusions. Bientôt, dans ces esprits que les secrètes ambitions facilement exaltaient, les blanches floraisons des espérances sans frein, étaient remplacées par l’éclosion plus sévère dans ses tons et moins subtile dans ses aromes, des tardifs regrets. On avait pu quitter sans émotion le toit de chaume au bord duquel, au printemps, les hirondelles amoureusement bâtissaient leurs nids,
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on ne pouvait plus, sur la terre d’exil, songer à la poésie de tous ces riens jadis dédaignés, sans qu’un remords enfonçât dans le cœur l’un de ses traits empoisonnés.
Ici nous pouvons bien le dire les conférences que la société de Rapatriement et de Colonisation donne par ses agents dévoués dans nos paroisses canadiennes, ont largement contribué à endiguer ce flot d'émigration qui rendait nos campagnes désertes et faisait d’un grand nombre de nos compatriotes presque des indigents à l’étranger, quand ils auraient pu avoir chez eux de quoi être heureux, indépendants et riches. Et la compagnie ci-haut nommée, ne s’est pas contentée d’opposer une digue à ce courant fatal ; elle a de plus travaillé sans cesse à diriger vers nos climats un autre courant, destiné à féconder ces immenses domaines où la nature gardait encore tous ses charmes primitifs.
En faisant connaître au dehors les ressources agricoles de notre pays, ses richesses forestières, elle a parfaitement réussi à attirer chez nous des milliers de colons de toutes nationalités, lesquels n'ont déjà plus qu’un regret, celui de n'être pas venus plus tôt. Les Européens qui arrivent au Canada sont dans l’admiration devant l’immensité de nos horizons autant qu’ils sont émerveillés de la fertilité de notre sol. En effet, l’espace, ici, n’est ménagé à personne et nos plaines si vastes semblent offrir les richesses cachées dans leur sein à tout travailleur qui voudra les payer de son labeur. |
Il y a dans notre province de Québec de larges régions de colonisation : la Gaspésie, la Matapédia, la vallée du lac Saint- Jean, le nord de Montréal, la vallée de la Gatineau et la vallée du Témiscamingue ; puis encore, au nord d’Ontario, au Manitoba et le territoire immense du Nord-Ouest. La société de Colonisation et de Rapatriement de la province de Québec étend ses opérations de ces divers côtés, et est devenue la providence des colons, en leur désignant les meilleurs lots, en réduisant sur les bateaux ou sur la voie ferrée le transport du personnel et des matériaux ou des outils, et même en procurant aux plus pauvres, des vivres, des vêtements, des instruments aratoires.
Et c’est bien ici que la collaboration des femmes devient utile et que leur rôle de lui-même se dessine, Le Conseil National des Femmes au Canada a Géjà compris qu'on jetait les yeux de son côté et, avec le zèle intelligent qu’elles déploient à tout ce qu’elles entreprennent, nous verrons ces dames, sans doute, mettre ‘‘ leurs
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blanches mains à la roue’’! La charité, toujours ingénieuse dans une âme féminine, leur dira la part qui dans le programme doit être la leur. Ce serait oiseux de m'arrêter à de minutieux détails. Il suffit de dire à des femmes :—‘‘ 11 y a dans notre pays d’autres femmes comme vous, des ca/onnes, selon une expression pittoresque, avec de petits enfants bien pauvres, et ces humbles pourtant, ce sont eux qui feront notre patrie toujours plus grande et prospère ! ”’ ‘ Compris ” répondent mes compatriotes. Et les voilà à ï’œuvre ! Qui aurait pu nier, par exemple, l’efficacité de l'initiative féminine ou l'excellence de son entremise, en lisant les lettres touchantes de gratitude simplement exprimée que reçoivent chaque jour les directrices de l'association Aberdeen (section française). Cette. admirable société dont le but est de distribuer gratuitement des livres et journaux aux pauvres colons perdus au milieu des plaines et qui n’ont, souvent, pour toute distraction, aux heures de repos, que l'évocation des souvenirs d'antan et, peut-être d’amers regrets. Pour ceux là de quel prix inestimable doit être la brochure ou le modeste volume que leur envoie de loin une main charitable !
Toutes ces régions nommées ont un climat salubre, le sol en est d'excellente qualité pour la culture, bien arrosé et à proximité des marchés. Malheureusement, malgré le zèle incessant des apôtres de la colonisation, ces avantages ne sont pas encore suffsamment connus à l'étranger.
Je pourrais ici, en m’appuyant sur les témoignages et l’expérience d’un grand nombre, développer longuement ce point si important ; je préfère reproduire ce que l’abbé C. Dugasécrivait un jour dans une intéressante brochure sur ie Manitoba. Ces paroles peuvent justement s'appliquer à tous les coins de notre beau pays : ‘{ Je ne viens pas dire que le Manitoba est la terre promise, mais je viens affirmer que c'est une terre fertile au delà de tout ce qu’on peut en dire et que des fermiers intelligents et laborieux feront à la lettre couler des ruisseaux de lait. Déjà l'expérience en est faite. Ceux qui cherchent à déprécier Manitoba, en ne faisant connaître que ses inconvénients n’agissent pas honnêtement, pas plus qu’un homme qui ne voit que les défauts de son prochain, sans tenir compte de ses qualités. Voltaire méprisait le Canada et conseillait au roi de France de se débarrasser de ces quelques arpents de neige. Aujourd'hui des arpents de neige sont devenus un des plus beaux pays du monde. Dans les contrées les plus favorisées de la nature, on rencontre infaillibiement des inconvé-
ieuse dans nients. Le paradis terrestre est fermé depuis la chute d'Adam, ñ ne doit être il ne faut pas s'attendre à le retrouver au Manitoba. Là, comme k détails. Il | ailleurs, il y a compensation: ce que l’on perd d’un côté on le ys d’autres gagne de l’autre. Tout mortel dans le pays est obligé de tra- 4 pittoresque, | vailler ; personne ne doit s'attendre à s’y trouver grand seigneur À ourtant, ce en arrivant : mais il“y a une chose certaine, c’est qu'avec la même } prospère ! ”’ somme de travail on y arrive plus tôt à une honnête aisance que à l'œuvre ! dans beaucoup d’autres pays. Ce qui m'a toujours frappé le plus, féminine ou pendant les vingt-deux années que j'ai passées au. Manitoba, nchantes de c'était l’aisance dans laquelle vivaient ces gens sans s’adonner beau- | 1e jour les coup au travail. On reprochait un jour à quelqu'un de perdre du L se). Cette: temps: ‘ Monsieur,’ répondit-il, ‘ si nous travaillions comme ailleurs, | : itement des par ici, nous serions trop riches !’ ” | 1 1 des plaines | Je le répète, ce que M. l'abbé Dugas a écrit du Manitoba peut | ! res de repos, s'appliquer avec justesse à toutes les régions de colonisation du | ners regrets. Canada. Et seuls, ces avantages naturels devraient déjà engager un | ochure ou le plus grand nombre de nos compatriotes à embrasser cette carrière, charitable ! là plus belle et la seule vraiment indépendante qu'est celle de l’agri- hi re, le sol en | -culteur, En effet, la vie idéale n'est-ce pas cell: de l’homme des champs, | 7 proximité atteudant tout de son travail et ne devant rien à la complaisance tou- k cessant des jours humiliante ou au bon vouloir, souvent capricieux, d’un quel- Ë encore suff- qu’un devant qui il faut s’incliner bien bas, peut-être, quand on n’a | dans l’âme à son endroit qu’une estime n’atteignant certes pas la | res et l’expé- profondeur des révérences dont il faut payer sa mesquine protection. | ce point si Toutes les professions et industries sont d’invention humaine, | {| asécrivait un elles sont nées des besoins quotidiens de la vie : mais l’agriculture | Ces paroles | fut enseignée à l’homme par Dieu lui-même. N'est-ce pas entre tous | e beau pays: son plus beau titre de gloire. ‘‘ Chez les peuples anciens l’agriculmise, mais je ture fut très honorée ; en Chine elle a été de tout temps l’objet d’une out ce qu’on sorte de culte et les Romains allaient chercher leurs dictateurs à la eux feront à charrue.”’ Le cultivateur intelligent, instruit est le seul homme au | rience en est monde qui soit vraiment son propre maître. Certes quelquefois ‘‘ le en ne faisant .… travail commande’, mais l'invitation au devoir semble douce quand étement, pas elle n’est pas transmise par une voix grondeuse. son prochain, O fortunatos nimium sua si bona nôrint ! ; IF à le Canada et , (| ces quelques GAETANE DE MONTREUIL, |
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RELEVÉ PAR Miss Procron., ‘
Il est extrêmement difficile de donner une idée générale de l'immigration en Canada ; car dans tout ce qui peut être dit sur ie sujet il y a des exception: dont il faut tenir compte. Ainsi, le fait
de parler des deux classes d’immigrants dont le Canada a le plus besoin—!es journaliers agricoles et les domestiques— semble exclure tous les autres travailleurs, tandis qu’en réalité un certain nombre d’immigrants trouvent de l’emploi, tous les ans, dans presque toutes les branches de travail. Cependant l’immigrant qui est le plus cordialement accueilli et qui réussit le mieux aujourd’hui est le
journalier agricole ou le domestique, Les prairies du Manitoba et du Nord- Ouest sont encore peu colonisées et offrent à l’agriculteur, non seulement un excellent sol, mais aussi des réseaux de chemins de fer bien développés et de magnifiques cours d’eau pour transporter ses produits aux grands mc A A du monde. EX disant que l'avenir du Canada repose principalement sur l’agriculture, l’on veut parler ici de l’avenir immédiat, de l’avenir qui est l’objet principal de l'immigration à l'heure qu’ilest. Sans doute, après que le Canada se sera colonisé davantage, il se produira un immense développement de ses ressources minières et manufacturières. Aucun autre pays du monde u’offre autant de chutes utilisables comme force motrice. Dans un pays d’une aussi vaste - étendue que le nôtre ce qu'il faut avant tout c'est d'établir des moyens de communication rapides et faciles entre ses diverses régions, et, À cet effet, d'accumuler dans leur voisinage une population qui puisse, en sus du commerce étranger, assurer aux diverses compagnies de transport un trafic suffisant. Il est évident que nous ne pouvons uniquement compter pour cela sur l’augmentation naturelle de la population ; il nous faut absolument avoir
recours à l'immigration.
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IMMIGRA TION 451
La plus grande partie des immigrants sont aujourd'hui attirés par des agences spéciales, philanthropiques ou commerciales, qui, en leur offrant des facilités spéciales ou une aide pécuniaire, les décident à s'expatrier et assument une responsabilité en ce faisant. Les noms et les objets de ces agences sont indiqués plus loin.
Il y a à l'heure qu'il est une déplorable disproportion dans l'immigration des sexes, le nombre des hommes étant le double de celui des femmes, et cela bien que l’on ne trouve nulle part de femmes saus emploi ; et de Vancouver à Halifax l’on entend partout la même plainte, à savoir : qu’il n’y a pas assez de femmes pour per-
, mettre aux colons de se marier et pour faire le service de nos
maisons. Le Haut Commissaire et les agents d'immigration du gouvernement attirent l'attention, tous les ans, sur le besoin de femmes qui se fait sentir au Canada, et cependant la demande excède de beaucoup l'offre.
Relativement aux salaires, le Conseil National des Femmes du Canada a recueilli les détails suivants :—Les gages des bonnes à tout faire dans les villes canadiennes sont beaucoup plus élevés
. qu’en Angleterre et la demande est inépuisable, La demande de
servantes habiles n’est pas aussi forte, et leurs gages ne sont pas non plus beaucoup plus élevés 1ci qu'à Londres. Dans les emplois qui exigent moins de capacité, les salaires sont partout moins élevés qu'au Canada. Une fille de 16 ans, nouvellement sortie d’une institution, gagne de 5 à 7 dollars par mois dans les viiies canadiennes, et si elle a quelques connaissances dans l’art culinaire, 8 dollars. Il ne faut pas oublier que les maisons canadiennes, où une bonne à tout faire est employée, diffèrent beaucoup des maisons anglaises, et varient autant dans .leur économie interne que les ménages français et anglais. Au Canada, la bonne à tout faire s'occupe de différentes choses—dans la plupart des maisons le blanchissage est fait à la maison soit par une femme engagée à la journée ou par la bonne ; dans l’un et l’autre cas le repassage se fait à la maison. D'un autre côté, il n’y a pas de marches à laver, de grilles à entretenir, de planchers à frotter ; la plus petite maison est pourvue de tapis d'un bout à l’autre. Les appareils méca: niques pour épargner de l'ouvrage sont aussi généralement en usage, et de l’aide est ordinairement donnée Naturellement, lorsqu'un autre système est suivi et que deux ou plusieurs servantes sont employées, aucune aide n’est donnée et le service ="t semblable à celui d’un maison anglaise.
Les servantes de ferme reçoivent des gages élevés et sont en grande demande, surtout dans le Manitoba, la Colombie-britannique et les Territoires du Nord-Ouest. Les Galiciennes et les fémimes Doukhobortses ont récemment aidé à combler la lacune qui existait à cet égard. Mais l'on n'en continue pas moins À manquer de domestiques sur les ranchs et les fermes de l'ouest. La mayorité des servantes de ferme vaquent aux ouvrages ordinaires de l’intérieur, et en outre cuisent le pain et font ie beurre. J'attirerai ici
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l'attention sur l'égalité sociale qui règne souvent sur une ferme entre les différents membres de la maison. La moyenne des gages est de 10 à 12 dollars par mois.
Il y a un mouvement très pro en faveur de cette catégorie de servantes habiles, surtout dans la Colombie-britannique, où les Chinois ont été employés en grand nombre, Les gages ordinairement payés à ces servantes sont de 25 à 30 dollars par mois. La demande de gouvernantes est très faible; aucune ne devrait émigrer avant d’avoir communiqué avec quelque agent. à aux téléphonistes, clavigraphistes, sténographes et télégraphistes, la demande en dehors de l'offre locale est très limitée. Pour les commençantes aussi, la rémunération est minime. Les télégraphistes d'expérience reçoivent en moyenne 20 dollars par mois.
Aux gens de toutes classes qui se proposent d’'émigier au Canada, nous dirons : apportez tout ce que vous possédez. Naturellement, cette généralisation doit être modifiée suivant chaque cas. Il ne serait pas possible pour une familie d'apporter tous les meubles d’une maison et tout le bétail. Mais une famille qui émigre devrait apporter tout ce qu’elle possède en fait de vêtements, de linge et de
‘rideaux, et quelques-uns des menus articles d'ameublement, Mais que l’on n’achète rien, pas même des vêtements, si ce n’est des couvertures chaudes pour le voyage. L'argent, quelque minime que soit la somme, est toujours mieux employé lorsque les besoins de la nouvelle vie sont parfaitement compris, que lorsqu'il est dépensé nécessairement au hasard avant qu’un plan défini ait été adopté.
Les servantes devraient apporter exactement ce qui est considéré suffisant en Angleterre ; le même genre de robes, etc., étant requis au Canada. En équipant une jeune fille pour le service, achetez-lui le moins possible de vêtements, en ayant soin de la pourvoir d’un manteau très chaud pour l'hiver avec collet pour couvrir les oreilles. La plupart des filles devraient aussi avoir un châle pour le voyage. Les bottines et les souliers sont tous mieux faits et moins chers au Canada. Aucun droit n’est prélevé au Canada, sur le bagage des colons. Les compagnies de navigation et de chemins de fer sont très libéraies sous ce rapport. Jusqu'à Winnipeg la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique ne pèse pas le bagage, mais ceux qui se rendent au-delà de Calgary devraient emporter avec eux le moins d'effets possible ; il est accordé jusqu’à Calgary 3,000 livres pour chaque adulte. Le gouvernement britannique ne donne plus d'aide pour payer les passages des immigrants. Le gouvernement canadien, cependant, a dans ces derniers temps, à deux reprises, envoyé une matrone et fait immigrer un certain nombre de servantes. Les prix de passage sur les steumers varient suivant la saison ; la moyenne peut être portée à 5 louis, bien que généralement les taux soient plus élevés au‘printemps. Il est alloué pour bagage 10 pieds cubes, soit une boîte de 2% pieds de long, 2 pieds de largeur et 2 pieds de profondeur. La nourriture est bonne et abondante, et il n’est pas nécessaire d'apporter des provisions à bord. Des vivrès, cependant,
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pour les longs voyages sur terre, devraient être achetés aux restaurants établis dans les dépôts d'immigrants aux ports de débarquement.
Voici quels sont les prix sur les chemins de fer, en prenant Québec comme port de débarquement :
£ 5. d. £ ss d.
Montréal, 0 7 o London, 1 12 9 Sherbrooke, o 10 9 Winnipeg, 2 9 4 Ottawa, 0 17 6 Regina, 3 16 1:
Kingston, o 18 oO Calgary, 4 19 3 Toronto, 1 7 9 Edmonton, n' 72 Hamilton, 1 7 9 Vancouver, 10 13 9
Enfants entre 12 et 5 ans, moitié prix ; au-dessous de 5 ans, gratis. |
L'ILE DE PRINCE-‘ÉDOUARD, située dans la partie sud du golfe Saint-Laurent, est la plus petite province du Canada. Les principales occupations sont la pêche et la fabrication de produits laitiers. Il y a encore 45,000 acres de terres de l’État à vendre à environ 1 dollar
“de l’acre. Charlottetown est la ville la plus importante. L'île offre
un excellent champ d'opérations à ceux qui désirent s'établir sur des terres défrichées et qui ne sont pas préparés pour la vie plus rude des états de l'Ouest.
NouveLLe-Écossk.—Le climat de cette province convient parfaitement aux Européens, vu que la température est plus égale que dans toute autre partie du Canada. . La vallée d’Annapolis est célèbre pour ses fleurs et sa végétation luxuriante. La province a donné une attention spéciale à ses institutions d'enseignement, l’âge de fréquenter les écoles étant le même ici qu'aux États-Unis. A Halifax, eu égard à son étendue, il y a une forte demande de servantes,
‘ vu que c’est une ville de garnison. Il y a encore environ 2,000,000
d’acres de terre non concédée, mais la Nouvelle-Écosse -est appelée à devenir une région manufacturière, en conséquence de ses forces hydrauliques illimitées et de ses inépuisables mines de houille et de fer.
ONTARIO.—LAa province d’Ontario contient 222,000 milles carrés, soit à peu près le double de la superficie de la Grande-Bretagne, et a une population de plus de 2,000,000. La plus grande partie de la province est bien colonisée, les moyens de communication tant par chemins de fer que par eau étant faciles et nombreux. Les hivers sont moins froids que ceux de Québec, surtout le long des rives des lacs Érie et Ontario. Laculture des fruits est la principale industrie dans le district connu sous le nom de péninsule de Niagara ; c’est là une occupation dans laquelle les femmes ont obtenu du succès. Les terres qui invitent le plus à la colonisation se trouvent dans la partie nord-ouest de la province, où il reste encore des forêts à défricher,
Le prix moyen pour les terres défrichées et les bâtiments dans les meilleurs districts agricoles avoisinant les grandes villes est de 6 à 12 louis de l’acre, Des concessions gratuites de terres non défrichées sont accordées à des conditions faciles aux immigrants âgés de plus de 18 ans.
Toronto, la principale ville, est aussi le siège du gouvernement provincial et a une population d'environ 190,000 âmes, La demande des servantes de toutes catégories est très constante, les gages atteignant tine moyenne élevée. Les autres villes d’importance au point de vue du nombre de servantes qui : sont employées sont Hamilton, London, Kingston et Ottawa, la cap ale du Canada,
L'Ontario jouit d'accès faciles aux marchés du monde. Les moyens de.transport intérieur sont nombreux, étant donné qu’à une demi-douzaine d’endroits son système de chemins de fer se relie à celui des États-Unis. Son magnifique système de navigation par les lacs, les canaux et les rivières dessert non seulement son propre commerce, mais encore une grande partie du commerce des États de l’Ouest.
Quésec.—C'est la province française du Canada. Elle est située sur les rives du Saint-Laurent. Sa superficie est de 347,350 milles carrés, et sa population se chiffre par environ 1,500,000. Les principales villes sont Montréal, la plus grande ville du Canada, et Québec, l’ancienne capitale du Canada.
La demande de servantes à Montréal est très grande, et la moyenne des gages est plus élevée que partout ailleurs dans la
partie est du Canada. Les servantes expérimentées ont un vaste champ ici. Dans les canton: de l'Est les servantes de ferme sont en demande.
* La plupart des terres ont été défrichées, vu que c’est la partie du Canada où les premiers colons se sont établis. Les parties de la province qui invitent aujourd’hui à la colonisation sont le pays du lac Saint-Jean, le bas du Saint-Laurent, Gaspé et les cantons de l'Est, où les moyens de communication sont excellents. Les cantons de l'Est sont limitrophes des États-Unis.
Nouvrau-BruNswICKk.—Cette province offre un ga varié au colon, et les statistiques démontrent que son climat est le plus favorable aux Européens. La fabrication des produits laitiers, l'élevage du bétail et la pêche sont les principales occupations. Il y a 7,894,400 acres de terrain encore inoccupé. Les terres de la Couronne sont concédées aux adultes âgés de plus de 18 ans qui payent 4 louis par 100 acres, ou qui consentent à travailler sur les chemins publics jusqu’à concurrence de ce montant. Saint-John est la principale ville, et ici le Conêeil National des Femmes a un important comité d'immigration, qui aidera aux immigrantes à trouver de l’emploi comme domestiques. :
ManrrOBA est situé au centre même du continent, à mi-chemin entre les océans Atlantique et Pacifique. Les immigrants qui s’éta-
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bliront ici trouveront des écoles, des collèges, des églises et une vie sociale avancée, ce qui a lieu de surprendre dans un pays aussi jeune, Les prairies du Manitoba sont célèbres pour leur productivité en blé. Le terrain est facilement rendu cultivable, et en très peu de temps, l’immigrant nouvellement établi sur les limites de la prairie inhabitée se voit bientôt entouré d'un grand nombre de colons, Les chemins de fer qui relient l'océan Atlantique à l'océan Pacifique et les navires qui font le service sur les rivières et sur les lacs permettent de communiquer avec les marchés du monde, Les adultes âgés de plus de 18 ans peuvent obtenir un homestead (concession gratuite) moyennant le payement de 10 dollars. Les. fonctionnaires de l'État à Winnipeg, à Brandon et au lac Dauphin donneront tous les renseignements voulus quant aux terres encore disponibles, Le refuge de Miss Fowler, à Winnipeg, mérite une mention spéciale ; et les servantes feront bien de s'adresser directement à Miss Fowler ou au commissaire de l'immigration, M. McCreary. Winnipeg, Brandon, Portage-la-Prairie et d’autres petites villes qui se dév:loppent rapidement offrent un bon champ aux servantes domestiques. Il y a aussi une demande de servantes de ferme par toute la province. Les gages sont de 10 à 12 dollars par mois.
TERRITOIRES DU NoRD-Oussr.—Ces vastes territoires n’ont été colonisés que tout récemment ; ils offrent par conséquent un champ illimité ax immigrants. La partie ouest d’Assiniboine et la région sud d’Alberta jouissent d’un très beau climat ; les hivers sont doux, avec peu de neige, et les étés sont chauds et secs. L'élevage des bestiaux se fait sur une grande échelle, attendu que les animaux peuvent être laissés en pacage d’un bout de l’année à l’autre, Les principales villes sont Medecine Hat, Regina et Calgary, toutes situées le long de la voie du chemin de fer Canadien du Pacifique. Les servantes trouvent facilement à s'engager et reçoivent des gages très élevés. Il y a communication directe par chemin de fer avec Edmonton, le centre d'un district très phomn
LA CoLOMBIE-BRITANNIQUE est la province du Canada située le plus à l’ouest. Elle s'étend depuis les Montagnes Rocheuses jusqu’à la côte. La partie méridionale de la province et l’Ile de Vancouver ont un climat plus chaud que le sud de l’ Angleterre ou le centre de la France; plus près des montagnes les hivers sont rudes, mais courts ; le climat est partout sain et salubre. Ilya plusieurs milliers d’acres de terres de la Couronne, et un projet a été adopté par le ministre de l'immigration en vue de former de nouvelles colonies d’après un système de coopération entre les colons. Pour cela il est nécessaire qu’il y ait au moins 20 colons, et que chaque famille possède 300 dollars (62 louis) et s'engage à rester sur sa terre pendant une période de 5 ans. Le terrain est atsenté aux frais du gouvernement et les colons sont employés,
à salaire à construire un chemin dans leur établissement et à ériger une école. Les ressources minérales sont les plus riches de toutes les srovinces du Canada ; l’industrie de la pêche est aussi très développée. Les villes de Vancouver et de Victoria offrent un excellent champ aux servantes domestiques, avec une moyenne de gages exceptionnellement élevée. Il est devenu d’usage à Victoria d’avoir des gouvernantes. On peut obtenir des renseignements à ce sujet de M. McKinnon. Les agents du gouvernement aux bureaux d'immigration à Victoria, New-Westminster, Vancouver et Kamloops peuvent aussi fournir tous les renseignements requis quant aux emplois vacants et assureront des places aux personnes qui leur écriront l'avance.
Des renseignements sur l’immigration peuvent être obtenus des sources officielles et des sociétés philanthropiques qui suivent. Il faut aussi se rappeler que les agents des compagnies canadiennes de navigation et de chemins de fer sont toujours prêts à donner tous les renseignements désirés.