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LA FEMME INDIENNE DES PROVINCES DE L'OUEST

Dans l'Ouest canadien, c’est-à-dire au Manitoba, dans les territoires du Nord-Ouest et en Colombie-britannique, il y a 46,289 Indiens, dont 10,061 seulement sont païens. Le reste appartient à l’une ou l’autre des églises chrétiennes, l'église catholique romaine comptant le plus grand nombre d'adhérents, soit 16,606 membres. Les Indiens viventsur des ‘‘ réserves ’’, en divers points de l’immense étendue de pays que nous venons d'indiquer, et le gouvernement en prend un soin tout à fait paternel. Voilà un quart de siècle que le gouvernement a adopté ce système, et les résultats de ce quart de siècle de contact avec la civilisation ressortent avec tout autant d’'évidence ! de l’état actuel de la femme indienne,

comparativement au passé, que de toute autre réforme accomplie. Les Indiens appartiennent à différentes tribus, dont les principales sont les Cris, les gens du Sang, les Sioux, les Pieds-noirs et les Piégans. Toutes les tribus ont leurs coutumes particulières qui toutefois sont identiques en principe, ne différant que dans le détail. Il est donc évident que dans cette courte esquisse, on ne peut guère que jeter un coup-d’'œil rapide sur quelques caractéristiques de nature générale.

Afin de pouvoir mieux nous rendre compte de la situation \ actuelle de la femme indienne, il importe de se rappeler l’état où elle se trouvait il y a un quart de siècle, avant que la civilisation eût commencé à faire sentir son influence. Son sort était vraiment bien dur. La pratique de la polygamie était générale. Plus un Indien était riche—sa richesse consistant surtout en chevaux—et pius il recherchait ou plutôt achetait de femmes ; car les parents vendaient leurs filles ; celle-ci devenaie: :es femmes de ceux qui offraient le plus grand nombre de chevaux en retour. Les prix variaient de deux à vingt chevaux, suivant les attraits de la fiancée. Il est possible que l'amour jouât un certain rôle dans quelques-unes de ces unions, et de fait, il n’était pas rare de voir le prétendant faire la cour à son amante, mais tout de même il en fallait faire l'achat ; et aux yeux du sauvage,

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