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la coutume qu'ont les blancs de donner une dot est un signe de faiblesse et de folie. Enoutre, les charmes d’une jeune fiancée, aux yeux du Peau-rouge, ne répondaient pas toujours à l'idéal des blancs. Il préférait souvent la quantité à la qualité.
‘“ Wives were chosen as we choose old plate, Not for their beauty, but their weight.”
La cérémonie du mariage était aussi primitive que la toilette de la fiancée, toilette qui, parmi certaines tribus consistait en une jupe d’'écorce de cèdre. La principale disposition du contrat de mariage se résumait à une promesse de la part de la femme ‘‘ d’être chaste, obéissante, laborieuse et de garder le silence ’’. Après le mariage, la situation de la femme était encore pire qu'auparavant. Son seigneur et maître ne travaillait jamais, ou plutôt le sport, la chasse, la pêche et la vie de trappeur, voilà quel était son travail. Quant à la femme, c'est sur elle que retombait soute la besogne, quelque dure qu’elle fût, ho
A l’époque de la chasse au buffle, plus un Indien avait de femmes et plus il était riche, en raison du plus grand nombre de robes de buffles que ses femmes pouvaient apprêter.' Le divorce était aussi facile que le mariage. Le mari était-il fatigué de sa femme, il lui était facile de la vendre à un autre. Dès que la mort frappait une famille, on mutilait les femmes, pour quelque raison inexplicaile, en leur balafrant la figure avec un couteau, et les pauvres êétresdécrépits, courbés, balafrés tels qu’on enr ncontre encore aujourd’hui sont un témoignage “ivant de cette horrible pratique qui n’existe plus. La femme Indienne trouvait toutefois une compensation à son malheureux sort dans le fait qu’elle était reine au foyer domestique ; qu’elle exigeait et recevait une sorte de respect chevaleresque ec que, parmi les Algonquins, dont les Cris sont un rameau, elle avait même seule le droit de déclarer la guerre ou de faire la paix.
Et maintenant, après un intervalle de vingt-cinq années, qu’est devenue la femme sauvage ? Celui qui visite aujourd’hui l'Ouest canadien rencontre des demoiselles aux yeux brillants, à l’air heureux, bien que, les matrones, il faut l'avouer aient encore l'air hagard et fatigué. Les écoles industrielles, établies pour l’éducation des jeunes filles indiennes et les efforts des missionnaires ont
produit leur effet. On donne encore des crevaux, des bestiaux ou d’autres biens en échange d’une femme, mais la polygamie n'existe plus, sauf parmi quelques-unes des tribus les moins civili-
sées. La plupart des mariages sont aujourd'hui sanctifiés par une cérémonie religieuse, et dans la mesure même où l'exploitation agricole à laquellé"les hommes se livrent, les porte à substituer des maisons d'habitation à leurs anciennes tentes (tepees), ainsi le cotillon d’écorce de cèdre fait gs à la robe propre et simple de façon moderne.
L'Indien a maintenant un mobile sufinant qui l’engage à travailler; mais cela n’a nullement dégrevé la femme indienne deses ferdeaux. Force lui est encore de porter la plus forte somme de labeur, et plus même que sa part légitime. L'Indien, quand il va à la pêche sur-le lac congelé, reste inartif pendant que sa femme pratique une ouverture dans la glace épaisse et compacte; il retourne au logis à cheval, libre de tout fardeau, tandis que sa femme le suit à pied, chargée du pesant produit de la pêche ; tue-t-il un jeune bœuf, c’est la femme qui le dépouille, le traîne au logis, apprête la viande et fait sécher le cuir, Les écoles industrielles donnent insensiblement le coup de grâce à cet état de choses en enseignant les méthodes de ménage’ conformes à la civilisation. Les sauvages se délectent encore de bouilli de chien ou de rôti de raton de prairie ; mais la cuisine n’a rien à perdre par suite de l enseignement que ces filles ont reçu à l’école ; tandis que la couture, la broderie et même les ouvrages de fantaisie, pour ne rien dire des produits artistiques de la plume et du crayon, tendent à transformer l'habitation des Indiens l:s plus civilisés. On y trouve au ;urd’hui des machines à coudre, des horloges, des orgues et autres instruments de musique.
La croyance aux charmes et aux philtres survit encore parmi les femmes indiennes, tout comme parmi les européens, mais elle est en voie de s’éteindre plus rapidement parmi les Peaux-rouges que chez les ‘‘ visages pâles ’, Les femmes fument tout autant que les hommss et boivent du thé, ct il n’est pas rare de les voir absorber quinze à vingt tasses de cet ‘‘ unique breuvage intellectuel ”, dans le cours de la journée, Ce breuvage se prend sans lait ni sucre, et on ne l’absorbe qu’en raison de ses qualités toxiques.
Toute étude de la femme indienne serait incomplète, à moins de dire un mot des papooses ou enfants. Les mères entourent leur progéniture de la plus tendre affection, Leur manière de porter les jeunes enfants est fort singulière, Le petit est attaché à une planche, les pieds soigneusement enfoncés dans de la mousse ou . du foin tendre, et tout le corps amplement protégé par des couver-
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