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masculin. Et cependant, tandis que vous regardez, que vous admirez, que vous vous émerveillez de son adresse, elle est probablement là près : de vous, debout, avec son visage brun, placide et qui paraît sans intelligence, ses brunes et adroites mains non gantées, la taille élancée mais vigoureuse enveloppée à l’iroquoise, une ‘jupe courte en drap bordé de sa lisière à plusieurs couleurs, et par-dessus en calice voyant, une robe plus courte encore à simple corsage, les cheveux noirs proprement tressés et retenus sous un mouchoir rouge, les pieds enfermés dans de grossiers souliers de cuir, et ayant pour seuls ornemeñts un collier de verroterie verte ou jaune et une paire de boucles d'oreille dorées. ; A côté d'elle est sa fille qui depuis iongtemps déjà a mis de côté la jupe de drap, la courte robe mal taillée, la pittoresque coiffure. Mam'’selle Iroquoise est très probablement vêtue d’une robe de laine de coupe récente. Elle est gantée, coiffée d’un chapeau de paille à: brillant ruban et ornée de quelques jolies fleurs. - Elle ressemblerait tout à fait à la fille du prospère fermier canadien, n'étaient son teint foncé et sans couleur, ses manières d’une réserve extrême et son joli accent, un peu incertain, quand elle condescend à vous parler dans votre langue. De son côté, elle non plus n’a nas été élevée dans l'oisiveté ; la mère peut avoir fait les couvre-pieds et 1e bon beurre, mais la fille est probablement en service ou euseigne dans une des écoles régionales. Et puis, si elle appartient à l’une dés cinquante-deux familles nobles qui composent le gouvernement: iroquois, elle a le droit divin, en sus de ce grand droit de la femme celui de former les générations nouvelles, qui appartient à la mater nité, le droit divin de transmettre le titre de la famille, lorsqu'elle est dans la ligne de filiation directe ; car c’est par la mère, non par le père, qui se transmet le titre du chef, et c'est Jà une éclatanie contradiction de l’erreur si répandue qui attribue aux Indiens du mépris pour leurs femmes. Qu'on ajoute à cela le privilège que . possèdent les femmes titrées de prendre la parole dans le grand conseil de leur nation, qu’on note la déférence aveu laquelle les vieux chefs écoutent, lorsqu'une femme, plus osée que ses sœurs, 4 jugé nécessaire de se faire entendre sur quelque question publique ; et le lecteur admettra, je crois, que ce n’est pas chez toutes les races civilisées que l’on rend honneur à la femme comme le font ces hommes sévères, les vieux chefs, les mis et les braves, chez les
Lépru ré des Six-Nations.
E. PAULINE J OHNSON (Taxaroncoax A).
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