FEMMES IROQUOISES
Aujourd'hui, cette tribu réste debout ét::forte, en piein cœur du Canada, où les terres qui lui ont été concédées, il y a un siècle, pour fidèles services rendus au gouvernemerit impérial, sont ‘encore connues sous le nom de la Réserve des Six-Nations, sur la Grande rivière. :
Ii n’est guère nécessaire de dire que les femmes de cette race iroquoise sont supérieures, sous plusiéurs rapports, à leurs sœurs sauvages moins fortunées qu'on rencontre au Canada, Des femmes à qui le passé a légué un sang noble et pur, et qui tournent vers l'avenir un esprit ouvert aux avantages de l’éducation ; des femmes
. dont les grand’mères étaient des mères de guerriers, et dont les
filles auront pour fils des hommes qui se frayeront un chemin jusqu'aux premiers rangs dans la grande arène professionnelle et politique du Canada ; des femmes dont les habitudes de laborieuse prospérité, la prévoyance et la moralité, sont une force pour leur nation, quand cette nation est justement au tournant de la voie vers la civilisation et l'avancement ; pareilles femmes ne sont pas de celles dont les mains et l'esprit restent oisifs, et qui n’ont aucun souci des gloires de la veille où des conquêtes du lendemain. L'Iroquoise d'aujourd'hui reconnaît la responsabilité de sa situation et fait de sérieux, persistants efforts pour profiter des avantages qui se présentent. Elle s’est déjà rendue maîtresse des arts de la cuisine, de l’aiguille, du ménage, et vous n’avez qu’à assister à l'exposition industrielle qui a lieu tous les ans dans la Réserve des Sauvages—exposition ouverte à la concurrence de tous les Indiens du Canada—pour vous laisser convaincre par des arguments très matériels, que l'Iroquoise ne le cède à sa sœur blanche en rien de ce qui appartient à l'office, À la laiterie ou à l'armoire à linge. Elle fait le pain de froment le meilleur, le plus léger ; —-au reste, les hommes de la maison se plaignent fort d'être ainsi forcés de manger cette pâte de nouvelle invention à l'exclusion de leur pain de mais depuis longtemps honoré et toujours cher à leur palais. Son beurre jaune est doux et ferme ; ses conserves de fruits sont aussi belles à voir que délicieuses au goût. Le fait est que, dans cette dernière industrie, elle se surpasse et fréquemment l'emporte sur les blanches, ses concurrentes, de la ville voisine de Brantford, où se tient annuellement l'Exposition agricole du Sud de l'Ontario. Ses couvre-pieds piqués en mille multicolores morceaux assemblés, ses vêtements pour enfants, ses broderies et autres ouvrages de fantaisie, y attirent l'attention, souvent même du public