LES DOMESTIQUES
Au Canada corime ailleurs, la question des servantes a acquis une grande importance, et vu ie petit nombre de familles riches, on n’a besoin d’ordinaire, que d’une seule domestique appelée ‘‘ servanie générale ’’. La plupsrt des maisons n‘'employant qu’une seule domestique, il s'ensuit que le nombre de femmes de chambre bien dressées comparé à la demande qu'on en fait, est des plus limité. La grande répugnance que semble éprouver les Canadiennes pour le service domestique provient de différentes causes dont la plus grande est peut-être la facilité avec laquelle ces jeunes filles peuvent obtenir de l'emploi dans les magasins, manufactures, imprimeries et autres établissements 5semblatles, où elles n'ont qu’un certain nombre d'heures consacrées au travail durant le jour seulement, le genre de travail leur donne assurément plus de liberté et d'indépendance.
De !’Est et de l'Ouest nous arrivent des demandes spontanées de serviteurs. Voici ce que nous dit un fabricant :—‘' La grande lacune de nos jours est le manque de servantes ; je puis avoir des douzaines de jeunes filles de seige à vingt ans à 2 dollars par semaine, pour le magasin où la manufacture, mais il serait très düficile de se procurer des servantes à . dollars et à 2.50 dollars par semaine, y compris la persion et un logis confortable”. Ce serait un bienfait pour un grand nombre de mères epuisées var le travail si on pouvait procurer au Canada une classe intelligente de servante, auxquelles on pourrait enseigner les principes généraux d'économie domestique. Les cours d'art culinaire et de cuiture potagère répondent dans une certaine mesure à ce besoin.
Dans l'Est du Canada, une bontie à tout faire reçoit de 8 à 14 dollars par mois, et de 10 à 20 dollars dans l'Ouest du Canada. Les cuisinières sont payées de 12 à 20 dollars par mois, excepté dans les hôtels et les restaurants où les salaires sont plus élivés. Les femmes de chambre reçoiveut de 8 à 12 dollars ; les infirmières de même. Plusieurs jeunes filles sont employées comme bonnes d'enfants ; elles accompagnent les enfants à la promenade, en prennent soin, et les amusent. Ces jeunes filles retournent chez elles chaque soir ; elles sont payées de 5 à 7 dollars. Les blanchisseuses ont de 16 à 20 dollars, maïs ce travail exige un apprentissage. La servante a son blanchissage, sa nourriture et l'éclairage en plus de ses gages qu’elle peut employer à son gré à l'achat de ses vêtements, Il est impossible de donner le nombre exact des jeunes filles ou femmes ainsi employées : car il varie d'aillenrs avec la population. On a calculé que dans tout le Canada une famille sur dix emploie une servante, mais ces doznées ne sont peut être pas authentiques.
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