NE CHAPITRE VI
(t) L'ÉDUCATION ANGLAISE.
L'ÉDUCATION DES CANADIENNES DE LANGUE ANGLAISE. QUELQUES CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
On a dit et répété jusqu'à satiété que l'éducation est le plus puissant facteur de la vie nationale, et cette vérité est indéaiable. Mais l’éducation, tout en étant d’une puissante influence pour le bien si elle est bien dirigée, n’est efficace qu’à la condition de reposer sur un principe vrai, et sur l'application juste de ce principe aux faits. (
Donc en abordant un système quelconque nous devons nous demander s’il est bien orienté, et jusqu'à quel point il répond aux nécessités du milieu. L'éducation, sans doute, couvre une période illimitée, mais, dans ce travail, nous devons nous borner à la vie d'école et de collège, où elle est à ses débuts. Le principe de l'éducation pour la femme est le même que pour l’homme, et le même au Canada que dans les autres pays ; le principe de l'éducation des garçons étant de les former pour les fonctions de la vie d'hommes, et le principe de l'éducation des filles étant de les former aux fonctions de la vie de femmes, et non pas aux professions ou, encore moins, aux fonctions des hommes. Les exigences de la vie moderne obligent beaucoup de femmes à se livrer à des travaux longtemps réservés aux hommes seulement, mais ces dérogations accidentelles à l’ordre naturel ne devraient pas dégénérer en système ou principe général. Pourtant, le principe est souvent sacrifié et immolé aux ‘‘ idoles du théâtre” qui égarent encore les esprits.
En éducation les idées fausses proviennent autant de l'ignorance de sa nature, que de l’aveugle ambition des parents et des professeurs, L'éducation envisagée comme la connaissance, où plutôt comme une ‘ teinture *’, d'un certain nombre de sujets, a été très désastreuse. C’est une erreur grossière d’estimer un élève d’après le nombre des sujets qu’il a étudiés et les prix qu'il a obtenus. La concurrence, toujours nuisible, est funeste en éducation ; chez les filles
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bien douées elle produit une insuvportable prétention ; les filles à l'intelligence lente perdent toute chance de se dégourdir, et les filles impressionnables se découragent, certaines qu'elles ne peuvent faire ce que leurs parents en attendent. De cette manière le progrès individuel n'est pas basé sur la capacité de chacune, mais sur l'aptitude de quelque élève bien douée qui est prise comme modèle ; les sujets sont multipliés à l'excès ; l'école au lieu d’être un moyen de développement de toutes les facultés, n'est qu’une affaire d'érudition livresque. Les filles intelligentes remplissent assez bien ce programme, et passent dans la vie ordinaire avec une bonne notion des livres, mais mal armées pour la vie, et s'intéressant à fort peu de choses. Les filles à l'intelligence lente luttent quelque temps et finalement quittent le #ig# schoo! où leurs efforts constants n'ont obtenu que peu de succès ou d’encouragement, pour tomber dans la douce routine d’une école privée où elles s’attendent à combler les lacunes des années précédentes. Mais il est trop tard déjà pour apprendre à s'intéresser à beaucoup de choses, pour se préparer à la vie, et à faire face à tous les événements. Tout cela à été sacrifié à la nécessité d'entreprendre beaucoup de sujets, généralement oubliés vite, et presque inutiles s'ils restent dans la mémoire. Quelquefois, aussi, on s’arrête trop tôt sur une spécialité, et les filles qui n’ont pu continuer la course se livrent à la musique ou à une branche quelconque des arts, avant d’avoir acquis même les rudiments d’une éducation ordinaire. Les facilités pour l'étude de la musique sont nombreuses dans les grandes villes, mais la consécration de l'âme à ce qui est bon, si essentielle à l’art, est ce nent impossible si elle ne repose sur une bonne préparati te défectuvsité se fait remarquer surtout chez les jeur -s qui se dévouent à la musique avec le désir d'arriver au p:..essorat.
L'idéal de la maîtresse est de s'occuper intelligemment de toutes ses élèves et de ieur donner la chance de développer leurs facultés ; mais un grand nombre d'élèves seront négligées dans les écoles qui visent à l’érudition livresque et où par conséquent, les élèves les plus intelligentes auront la principale attention. Ce chauffage scolaire en vue des examens absorbe toute l'attention, car la réputation de l’école est fondée là-dessus, et pour cette considération beaucoup d’autres côtés de l'éducation sont négligés.
Dans un pays aussi peu développé que le Canada, on a montré beaucoup d’imprudence en établissant un système
CANADIENNES DE LANGUE ANGLAISE 123 | di ET iles d'éducation qui perpétue le mépris du travail manuel, lequel est si | U it fus à essentiel au bien-être général. Un cours obligatoire manuel ou RAA : rétit technique devrait faire partie de l’école des filles : nous ne pouvons 4: "TR rès pas tolérer que nos filles soient instruites seulement des sciences ; f' h ! mic intellectuelles, et quand nous voyons à quel point la formation du FN ie | goût est due à l’école, un enseignement snanuel s'impose rigoureu- Fi TRR être sement. Le dessin enseigné régulièrement est d’une grande impor- À: k l'Aies “hi tance ; et une fille ne peut se dire instruite, même dans le sens le plus HE 4 sat restreint, si elle ne sait se servir, et si elle n’aime à se servir de ses À Ve mains soit pour la couture ou la cuisine. Des expositions de dessin IL et et de couture, auxquelles concourraient les écoles publiques et les 1149 PP écoles privées, seraient d’une très grande utilité, le jardinage est L (l be une autre spécialité importante de l’école. Il est facile d’avoir un seb jardin pour toute une classe, alors qu'il est impossible d'en donner s aùl un à chaque élève. Des idées de toutes sortes naissent et se déve- : Mais loppent par la vue des plantes ou autres objets de la nature, et ) de personne ne peut devenir l'amant de la verte nature si on ne lui a Ë és. pas enseigné, dans sa jeunesse à reconn”ître dans la nature une À UE source de plaisirs infinis. | tiles Un autre mauvais côté existe dans le système des récompenses trop qui consiste à donner des prix à la première élève, dans une suite PSP de sujets, non pas à raison de la qualité de l'ouvrage, mais parce pee qu’elle a été première, tandis que les autres, aussi intelligentes et Ha presque aussi capables, n'ont point de récompense. Donner des | les prix à toute élève qui 4 fait des progrès généraux, qui a atteint EC Loi une bonne moyenne de points dans tous les sujets, est plus conforme ni due r au bon sens et prévient une quantité des mauvaises conséquences É: 11 Russ dérivant du système des prix. su LR Il y aurait beaucoup de réformes possibles si on modifiait les épreuves d'examen; dans l'Ontario, par exemple, le travail des vs écoles publiques et des écoles privées est déterminé par les pro- ; tés ; grammes du ministère de l'Education; les écoles privées elles- ‘F4 ts mêrnes sont bien tenues par prudence de tenir compte du seul Es # Avis k critérium public d'aptitudes qui existe dans le pays. En matière (20 Manté scolaire l'examen devrait être simplifié ; une connaissance solide des k j épi: mathémathiques élémentaires et des éléments des deux langues, et DEA d la composition anglaise, seraient des sujets à la porte de toutes les écoles, et celles-ci seraient débarrassées des entraves qui paralysent #14 Po beaucoup d’entre elles ; ou bien les exigences seraient remplies par (8 ee un exar:2n semblable à ceux des coïlèges d'Oxford et de M ‘bridge, Ed
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examen pour lequel un certain nombre de sujets facultatifs donnent droit à un certificat. Il n’y a point de sujet particulier qui soit très important en lui-même; une langue bien apprise dans ses éléments est plus instructive que trois mal apprises, et il n’y a rien de plus pernicieux pour l'esprit que d'être bourré de plusieurs sujets simultanément. Toute maîtresse, —du moins toute , :aîtresse d'école privée, —connaît ce refrain : ‘* M—— déteste tant son arithmétique qu'il faudra en cesser l'étude ’, mais ‘mme les filles, ordinairement, n'aiment pas ce qu’elles trouvent difficile, et par conséquenf ce qu’elles devraient surtout s’appliquer à étudier, il ne serait pas sage à : donner trop d'attention à leur goût ou dégoût en la matière.
Le grand problème n’est pas intellectuel, mais moral et spirituel. Le défaut d'espace, cependant, rend impossible tout examen de cet aspect de la question.