‹ Les femmes du diableChapitre 10 sur 59 · MARIE ANTIER · texte numérisé non relu

MARIE ANTIER

En 1711, on vit venir dans la capitale la plus

belle fille de la province. Marie Antier était son

nom. La beauté de sa voix égalait presque la

beauté de sa figure. Marie ne se contenta pas d’être belle, elle voulut chanter, a Comme si ce n’était pas assez d’être Vénus, on veut être une sirène. » Vénus Antier s’en alla demander des leçons à cette fameuse Marthe Le Rochois qui avait

élevé les opéras de Quinault à la hauteur des tragédies de Racine débitées par la Champmeslé.

Marthe Le Rochois résolut de faire de Marie Antier une Armide capable d’enlever tous les Renauds. Je ne sais si le vieux Lulli en tressaillit dans sa lyrique tombe, mais la belle et nouvelle Armide avait une voix admirable, une taille élevée et imposante, une physionomie fière et noble ; tout ce qu’il faut pour être princesse, magicienne et divinité. C’était le beau temps des Armides !

Armide Antier épousa un Renaud qu’elle avait naturellement enchanté. A son mariage, en 1726, la reine de France, la femme de Louis XV le Bien-Aimé, qui aimait bien les beaux talents, gratifia Armide d’une tabatière enrichie de dia- • mants, avec le portrait de Sa Majesté. Passe encore pour le portrait et les diamants : mais la tabatière ! Est-ce que les belles d’Opéra prisaient? C’éfeit beau genre.

Marie Antier éternua au théâtre pour la dernière fois en 1741 . Les divinités la bénissent !

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