‹ Les femmes du diableChapitre 14 sur 59 · MADAME BELMONT · texte numérisé non relu

MADAME BELMONT

Les critiques du dix-huitième siècle n’avaient pas plus de peine à prouver le talent des actrices que leur beauté. Un seul mot et tout était dit. D’un seul mot on plaça madame Belmont au premier rang de la scène dramatique et du théâtre mondain : madame Belmont fut une des plus jolies femmes de son temps. Son caractère était aussi charmant que sa figure. Sa voix était un enchantement. Aussi aimait-elle à parler et à chanter. « Donnez- moi la science à condition de ne pas la

montrer : je n’en veux pas, » disait Jean-Jacques Rousseau.

Madame Belmont naquit à Givet, dans la pairie même de Méliul. C’est en souvenir de son magis. tral compatriote que madame Belmont montra de royales manières. A huit ans, elle était engagée au Vaudeville pour jouer les rôles d’enfants dans les œuvres triviales et joviales de Piis et de Barré. Quand elle fut grande, elle épousa un acteur nommé Henri. Mais ce ne fut pas sans doute son plus grand triomphe. Là où elle eut le plus de succès, c’est dans Fanchon la Vielleuse qui s’est éternisée. Pièce et actrice enrichirent bien vile le théâtre naissant.

I/Opéra jalousa le théâtre et voulut posséder l’actrice. Madame Belmont jouait alternativement au Vaudeville et à l’Opéra. Elle avait deux succès et deux appointements.

La province la demanda à grands cris. Fanchon était bonne fille : elle alla à Lyon et à Bordeaux. Mais Paris, qui est le maître toujours et toujours

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le lyran, la rappela pour l’Opéra-Comique, où elle consacra définiiivemrnt son (aient hors ligne. Alors aucune glorification ne lui manqua. Le peintre Cœurô fit son portrait, que Prudhon grava. Enfin cette Fanelion la Vielleuse et cette Françoise de Foix qu’avaient peinte Cœuré et Prudhon, celte belle compatriote de Méhul, fut l’amie intime à la vie et à la mort de cet au're Méhul léger qu’on appelait Dalayrac.

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