MADEMOISELLE CECILE
Selon un prophète : « Mademoiselle Cécile, d’une figure charmante, de la taille la plus noble et la plus svelte, ayant à peine quinze ans accomplis, semble destinée par la nature à remporter le prix de son art. Il parait impossible de réunir à cet âge plus de grâce et de précision, des développements plus heureux et plus faciles, une exécution plus riche et plus brillante. On dirait, au moins jusqu’à présent, qu’il ne tient qu’à elle d’exceller dans le genre de mademoiselle Heynel ou dans celui de mademoiselle Guimard ; de les
réunir l’un et l’autre, ou d’y briller tour à tour. On a remis pour son début l’acte de la Danse, où la chanteuse chante et danse. Il n’y a point d’allusion flatteuse dans le rôle qu’elle y joue que le parterre n’ait saisie et applaudie avec transport. »
Le prophète s’est trompé. Mademoiselle Cécile, qui chantait et qui dansait, fit une chiite et perdit sa voix.
CIFOLE'LLI ET CATINOX
Il y avait déjà deux comédiennes pleines de grâce au Théâtre-Italien : on appela la Cifolelli la quatrième Grâce. A cette époque-là, on ne prodiguait pas encore le mot de dixième muse ou de huitième merveille.
Gatinon était une enfant de bonne famille qui voulait jouer toutes les comédies. Elle joua si bien les Angélique et les Siivia, que la louange usa pour elle tous ses madrigaux et tons ses confetti. En effet, la poésie avait beaucoup à faire avec Gatinon : cette Angélique déclamait d'un
ton superbe; cette Silvia dansait à un degré supérieur.
Et Catinon composait elle-même ses ballets et ses pirouettes!
Aujourd’hui les temps sont-ils moins prodigues de Câlinons ?