LA RAFFANELLI
C’était la femme de Bartolo-Raffanelli, comme la Mandini était la femme de Figaro-Mandini, ces deux Bouffons qui jouaient au théâtre de Monsieur II Barbier e di Siviglia de Paësiello. On n’en était pas encore à Lablache et à Rubini, on n’en était pas encore au Barbier de Rossini, mais on n’en était pas loin : Paësiello est un père très- naturel de Rossini. Rossini n’a fait la révolution que dans l’instrumentation.
La Raffanelli n’était pas grande chanteuse et
FIN DE L’ALPHABET
ne représentait pas tout à fait une reine, mais elle portait le nom de Raffanelli, et ce nom en i enchantait les Parisiens.
Les Bouffons italiens étaient des enfants gâtés ; il est vrai que la troupe était belle et l’orchestre divin, si j’en crois les Saint-Victor et les Roqueplan du temps. Les Bouffons de Monsieur passaient pour la troupe la plus intéressante de Paris lyrique; car il y avait trois grands théâtres lyriques à Paris; le Grand-Opéra, le Théâtre- Italien, et ce théâtre de Monsieur qu’on appelait communément les Bouffons.
Les femmes des Bouffons étaient alors les signoras Baletti, Mandini, Limperani, Raffanelli, Morichelli, Storace, Cotellini, Daira, Tomenoni, et la petite Simonet, qui était Française, comme la grande Baletti était allemande.
Les hommes étaient, outre Raffanelli, le grand comique, et Mandini, l’acteur de toutes les femmes, Viganoni le ténor, Rovedini le bouffe, Mengozzi le ténor léger.
I, R S FEMMES RU DIATH.E
Au milieu de tous ces romans du théâtre, pardonnez une page d’histoire dramatique. Vous avez le tableau des Bouffes au commencement de la Révolution; on les appelle encore la troupe de Monsieur. Dans peu de temps Monsieur va émigrer et se mettre à la tête d’autres troupes.