‹ Les femmes du diableChapitre 53 sur 59 · MADAME SALLÉ · texte numérisé non relu

MADAME SALLÉ

Voltaire a chanté les charmes de mademoiselle Sallé la danseuse :

De tous les cœurs et du sien la maîtresse,

Elle allume des feux qui lui sont inconnus :

De Diane c’est la prêtresse,

Dansant sous les traits de Vénus.

L’abbé Prévost a été mordu au vif par les beaux yeux de mademoiselle Sallé. .

a Point de compliments pour Psyché, écrit-il à Thiériot. Je ne veux la revoir que lorsque j’aurai cent mille francs de rente : alors je pourrai l’aimer, le dire et être bien reçu. »

Cent mille francs 1 Si elle avait lu Manon Lescaut , elle aurait pleuré, et il aurait eu son moment.

Mais elle ne savait pas lire !

Mademoiselle Sallé dansait, madame Sallé chanta. Elle fit d’abord, avec ses beaux yeux, les délices des Opéras de province; elle avait « un arpent de gueule, » disaient les mauvaises langues de la troupe, mais quand elle chantait, on ne voyait que ses dents. Elle vint débuter à l’Opéra, où on décida qu’elle avait une fort belle voix pour une voix (Wprovince. On lui dit donc de retourner d'où elle venait. Elle n’alla pas si loin; elle prit pied à la Comédie-Française, où elle gagna sa pension avec plus de peine que de talent.

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