‹ Les femmes du diableChapitre 54 sur 59 · MADEMOISELLE SIMONNET · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE SIMONNET

Il y avait au théâtre de Monsieur, où la musique italienne faisait courir tout Paris, une jeune actrice française qu’on appelaitlapetileSimonnet. Il ne lui manquait qu’un i pour être la signora Simonnetti.

Combien d’autres à qui il manque même d’être petites, qui n’ont pas laissé ou ne laisseront pas leurs noms sur la muraille, et qui passent de l’affiche du jour à la suppression du lendemain i S’il y avait trop de divinités, il n’y aurait plus de

divinités et vous savez qu’il faut que la musique soit divine; ainsi l’a décidé Apollon, et nous prions Marsyas de s’en souvenir. Je suis sûr que la petite Simonnet est de mon avis, elle qui a connu Piccini et Gluck, Méhul et Grétry.

Grétry toujours amoureux l’écoutait par les yeux, Gluck toujours musicien l’écoutait en fer mant les yeux.

MADEMOISELLE DE TRAISANNE

Si elle eût été marquise, ainsi que sa particule le voudrait, mademoiselle de Traisanne eût pris plaisir à filer de ces nœuds qu’au dix-huitième siècle on appelait des par fait -contentement. Au théâtre, elle brodait son chant. Ce fut cette aristocratie minaudière qui lui tint lieu de talent. — Étant toute jeune, on lui avait demandé : «Veux-tu être carmélite? — Non. je veux être comédienne, » répondit-elle. Mademoiselle de Traisanne eût pu devenir abbesse au couvent des Carmélites, à cause de son joli nom : — elle resta chanteuse du second ordre à la Comédie-Italienne.

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