GEORGINA , BLONDEAU
georgina, familièrement. Bonjour, Blondeau
blondeau. Eh bien ! belle daine, travailloas-nouH? Notre chef-d'œuvre avance-t-il?
(Il regarde le tahleau.)
georgina. Ah! à propos, il faut que je vous gronde.
bi.ondeau. .Me gronder ! .. . et à qnel sujet ? GEORGINA. Au sujetdcvotre dernier article.
Blondeau. Vous trouvez que je n'ai pas dit assez de bien?.. .
GEORGINA. Loin de là!... vous m’avez gâtée!... Comment? parler de moi comme d’un peintre de premier- ordre !... aller dire que j'ai du talent t
blondeau. Ehlbien?...
GEORGINA, m levant. Eli! bien, maisc'est absurde!... Moi, do talent!,.. Du goût, des dispositions, tout au plus. Je ne veux pas de ça, vous entendez?
blondeau. Mais, madame...
GEORGINA. Traitez-moi en véritable arti'le... An lien d’éloges fort aimables et fort bien exprimés dn reste, je vous demande une critique sévère...
blondeau. Pourtant, je ne puis dire que co qne je pense.. . dn journaliste sc doit à sa conscience, à ta vérité...
georgina. Ob ! p'endant que j'y pense, envoyez donc prendre, un de ces matins, les deux coupes antiques que vous admiriez l'autre jour.
blondeau. Comment, belle dame!... Abt par exemple, non !...
georgina. Eh bien!... n’allcz-vous pas faire l'enfant?... Allons, voyons, c'est convenu.
blondeau, fui baisant la tnam . On ne peut rien vous refuser.
georgina. Et maintenant, mon cher critique, il y a là des journaux, des albums, des cigares.. . Lisez, fumez, causez ou ne dites rien... mais laissez- moi travailler.
blondeau. Bien, bien, ne vous embarrassez pa- de moi. (// m s'asseoir sur la causeuse et prend u>/ album qu’il parcourt nonchalamment, Georgina va à son chevalet et pre/tare sa palette )
georgina, après un moment. A propos, étiez- vous au dernier bal de M**’ de Lucenay?
blondeau. Oui, j'y ai paru nn instant.
georgina. A-t-elle été bien agaçante, bien coquette?
blondeau. Oh! cela va sans dire. Cette fcmme-là ne vivrait pas, si elle n'était entouréed'un essaim d'adorateurs et de soupirants.
GEORGINA. Je crois nue vous lui avez fait un peu la cour... dans le temps?
rlondeau. .Moi? quelle idéel... J’ai horreur de la foule. Pourquoi donc ne vous a-t-on pas vue chez elle?
GEORGINA. Chez madame de Lucenay?...
Franchement, celle femme- U m'est insupportable. Je suis décidée à m'en éloigner.
JOSEPH, annonçant. Madame de Lucenay.
BLONDEAU, se levant. Tiens! (// remet l’album sur la table , Georgina quitte virement sapaletteet s'empresse au-derant de madame, de Lucenay qui entre et quelle embrasse.)