‹ Les femmes du monde comedievaudeville en cinq actesChapitre 19 sur 56 · LOMBRIC · texte numérisé non relu

LOMBRIC

Ai» du l'eut Courier,

Au ••tnn, d*- vont I» |wir*it,

L» foula en rxUse «‘arrête, tOriQOET.

D'abord, on admire U tfl*

Et p uit on uu*ra le lu rat.

CKMHtim.

De l'auteur on **ec>'u|»*, on cause.

aupigcar, reqardunl Us djmci.

Par le* g are* fatorisd.

Il aatfit <|u‘uiie d’elle Pour i| e le peintre o it BLONDEAU. Ail! t'è«-joli !...

GKoBGtNA,à</uitface.sr/ft*«»f Soyez tran quille ; nous non» chai gérons de votre avenir.

DK LESTRELLE. D votre réputation.

[Elle va s'asseoir à gauche.)

r* de LUCENAY. Nous vous lancerons, monsieur.

Gustave. Ah ! madame!...

M“* DE LUciiNAY, à part. Il est très- bien ce jeune homme !... [Elle patte et va s'asseoir p>ès de madame de Lent relie. )

ROPIQUET, bas o Gustare. Hein? quelles clélici- uses créatures ! Te voila parti !...

Gustave, bas. Ah! mon ami, que je suis heureux, pour elle, pour ma chère Cécile !

ROPJQUeT, bas. (.hui! tais-ioi donc...

georgina Seulement, pour ma part, je mets* une condition à ma bienveillance.

ROPIQUET. Comment donc ! mais tout ce que ions vou liez, madame.

GEORGlNA. C’est que vous me parlerez avec, franchise.

ROPIQUET. Ah ! s’il ne s'agit que de ça !...

georgina. Voyons, monsieur, juriez moi sincèrement. Ai-je quelque mérite... Donnez-moi votre avis sur ce tableau.

Gustave, passant pris du chevalet. Mon avis, madame...

ROPIQUET. Et de ^franchise avant tout!

Il ne s’agit pas de flatter madame.

GEORGlNA. üli ! uon. je vous en prie, ne me flattez pas I... je ne vous croirai mou ami, je ne vous accorderai ma protection qu’à ce prix.

ROQIQUET, à Gustave. Qu’îi ce prix, tu entend»?...

GEORGlNA. Voyons, monsieur, votre avis?

Gustave, hisi'nnt. Mais...

ropiquet. Va, mon a i i, va donc!

GultAve. F.h bien, madame, puisque vous daignez me prendre pour juge... il y a dau»

ce tableau d'excellent**» choses sans doute... GEORGlNA, aire joie. Ah!

BLONDEAU. Voit» voyez!

M** de lucenay. Non vous le disions bien!

GUSTAVE. Mais aussi il y en a d’autres...

GEORGlNA. D’autres... que vous aime/, moi n»? qui ne vous pla si-nt

ROPIQUET, à Gutluu qui semble hésiter.

Mon Dien, dis-le donc franchement à madame... d'aubes qui ne sont pv* bonnes...

M"'* DE LESTRELLE. Comment?

Sl m * DK lucenay. Il «était pc*«t»ible ?. .. GEORGlNA, avec «n peu d’émotion , à Gustave. Est-ce 15 votre avis, monsieur ?...

gustavk. Madame...

GEORGlNA. Allons, soitl... alor» donnezmoi vos conseils.. . signalez moi l< s défauts... Je ne suis pas de ces feinuie* qui lie peuvent î souffrir la critique... Au contraire, je la re- 1 cherche... je rappelle de tous mes vœux...

(Gustave s'assied devant le tatdeau.)

ROPIQUBT. Va, moi ami, val 11 est timide, ce garçon ..

georgina. Enfin, monsieur, 5 quoi trouvez-vous 5 redire? Est-ce 5 la compost ion ?

à l’ensemble?...

Gustave. L’ensemble ?... oui, s’il faut vous l’avouer, l'ensemble...

georgina. Ne vous satisfait pas ?

GUSTAVE, avec réserve. Pas beaucoup.

ropiquet. passant. Eli bien à la bonne heure!... voilà de la franchise.

GEORGlNA. Ah ! v aiment ?... je croyais. . .

je m’éiais flattée.. Mai» la figure principale?... p.LQM’bAU. La fig irc de femme?...

Gustave. i,a Judith?... car c'est une Judith, je crois?

georgina. Oui, monsieur, Judith méditant la délivrance de «on pays.

ropiquet. Al»! c’est Judith? je ue l’aurais pas reçoit nue.

M""* DE llstki llt. Elle est fort belle, n'est-ce pas, monsieur?...

Gustave. Vous trou«ez, madame?

GEORGlNA. Mais V >11», lUOIIMfUr? vous?...

c’est votre avis que je vous demande.

ropiquet. Certainement... va donc !

georgina. Eli bien? •

gustavk. E li bien, madame... mon Dieu! je crain»de vous paraître bieu sévère... mais... GEORGINA. Mais?

Gustave. C'est précisément celte figurc- 15 que j’aime le moins.

«'"* de lestbelle. ivn vérité?

Blondeau. Que dites- vou» 15, m '-ns ; cur?

gustave. Oui, je ue trouve pas sur son front, dan» snu regard, l’expression que je voudrais y voir... c< lie que j’aurais cherché à y n et ic. si j’avais traité ce sujet, .. [Se levant.] Je vois 15 une femme tiudi ant un crime... et non l'élue du Seigneur rêvent l’affi anchi-sement d'un peuple. . I.c souffle divin ne- l'anime pas... La véritable pi usée manque. [Blondeau retourne pris d e «dames ) j M"'* DR LESTRELLE. C'est peut-être vrai !

• M" 1 * DK lucenay. Oui, monsieur (murrail bien avoir raison.

gustavp. Et puis l’attitude est forcée... le cor|»s nVsl pas ensemble, comme nous disons.

ROPIQUET, passant près de Gustave. C'csf ça!

gustavk. On tic sent pas le dessin sous les draperies...

ropiquet. C’est ça même; on ne sent pas le dessin.

Gustave. En un mot...

romquet. En un mot, madame s'est trompée... (A Georgina J Vous vous êtes trompée, voilà, fil passe à droite .) georgina. Ab !...

M'" DE LESTRELLE, bas à Blondeau et à i !/■* de Lucenay. Il parai! que décidément ce Ivan chef d u-uvre. ..

M“* DE LlCENAY, bas. Est une croûte !

BLONDEAU, las. Parbleu ! cela taule aux yeux.

GEORGINA, à Guitare qui s'appr • che d’elle. Fort bien, monsieur, fuit bieu! je

vôus remercie de m’avoir éclairée... {Mesdames de Lesiretlc et de Lucenay se lèvent .)

OtrtTAVI.

Am Je Cotillon lit.

J'âi pear, hc'o» I de v*ui avoir déplu, or.» mus*. «euriflft*.

A moi, moncii-uf?

«oriyu», d du slave.

Q« ton rrnur «e rtMUrel Ta le mU bien, unliine l e vuuln.

*"* a* u»vmu, bot, à M*» de Luttnsy.

Ce sourire charmant c.ehi» qaHque hltnare.

CbN.bivt.

A cheijon pa«, ja trouvai» un flattrur,

Par la louange un ib avait fa %t un irôn#...

Et, Mins un |>fu de trouble rt do douleur.

On o« perd pi» tout d’un coup s» couronne.

Ropiquet . C'est clair t... c’cst évident I... cela fait toujours quelque chose !... tuais une artiste comme 'madame...

g Lotit; iîv a. Sait toujours entendre la vérité. Ropiquet, bas à 6‘uv/acf. Mon ami, voilà une burine dont nous sommes mu s !

M** |>K lest bulle , passant près de Gustave. Et puis, l’on voit que monsieur est très-connaisseur,

GEORGINA, à part. L’impertinente 1 ( Elle remonte près de Blondeau et de A /■*• di Lucetuiy.)

M"* de lestreli.e. Aussi, nie ferai-je un devoir de le recommander à une personne qui peut lui dire liès-u lie.

ropiquet. Comment, madame, vous auriez l'obligeance?...

M m de LEbTRELiE. On répare en ce moment une chapelle pour laquelle on parle de faire faire des tableaux. *

no piquet. Voilà notre affaire 1... la peinture sacrée, c’est son fort !

M'“* i», • ! airelle. Notre ami, monsieur Desdiamps, a l'oreille du minisire, de qui relèvent les travaux, et je vais vous donner une httre pour Deschanips, qui a tout pou voin sur son mari, (4 (irurynia ) yous permettrez, cliére amie, que j’écrive un mot? {Kit* va s'asseoir pris du gmridun a gauche et commence une lettre. — Gcoryina s'est assise pré* du checa et à droite; — près tT elle son 1 31*" de Lucenay rt Blondeau. — B>fpiquet et Gustave ou milieu, sur /éditant.)

Gustave, à madame de Loti elle. Que de bienveillance !

ropiquet. O n’est pas étonnant, M'"* est si bonne!.- (Cua a Gustave.) lit m<iiic, mon cher.il inevieutune idée !.. tu y as pu- bénir...

Gustave, bas. Comment?... quel est votre projet ?... ,

ROPiQUET. laisse-moi faire. (// passe près de U®* de Leur elle.) Puisque madame est si obligeante, je m • risquerai il lui parler d'une jeune filtequiétait hier dans son antichambre. Gustave, à part. Cécile l

I)E lesthelle. Oui... ça effet, je me rappelle. ..

ROPiQUET. Une jeune fille bien intéressante... que le hasard m’a fait connaître.,.

Sa mère, née dans le grand mon. le, a eu le tort, très-grave sans d.>uie, de taire une roésalliancr, d épOU er, malgré sa farmlo-, un simple commet ça ut. ( Gemyina, MJ— de Lucenay et Blondeau prêtent attention. ) m"* de lestrellë, U part. Un commerçant!... . .

ropiquet. Le mari a fait do mauvaises affaire»; sa femme a tenté, mais eu vain, une réconciliation, et maintenant, après deux ans d'une cruelle maladie, ils n'etistf ut ptus J’un et i’aui.re que par le travail de Cette jeune fille que vous avez vue, * t qui venait vous demander, je suppute, de vous iuléresser à elle.

GEORGINA, bas à Blondeau et à A/" 4 de Lucenay . Cw détail» t... emeudo-vuus?...

Blondeau, bas. Mais oui... Est-ce qu’il s’agirait?.. .

m®" DE lucenay, bas. Oh I que ce serait aniuaut I

M“ # DE LESTBELLE, arcc un certain embarras. Oui, monsieur, ce que vous me dites là excite ma sympathie.

GEORGINA. Et la nôtre aussi, croyez-le bien... Le nom de cette jeune fille ?...

ROPIQUET, cherchant. Ah! mon, Dieu! ..

M ,,e Cécile...

Gustave. Cécile Dnvall... (Jlouvemeu/ de M— de Lestictle , qui se /ère; — musique à l orchestre jusqu'à ('ensemble. J

GEORGINA, bas aux deu.r autres. Sa nièce! ROPIQUET. regardant AI— de U-tretle et à Gustave. Elle parait émue!... J ai touché son cœur!. . El de deuil... {Il remonte arec Gustave. AI— de Le* irrite se rassied. ) GEOt gina, bas d l’iondtau et d AI “* de Lucenay. Comment !... cette femme si contpalivanie, si prompte à s’iutérçfeer au premier venu...

M* 4, DE LUCENAY, bas d Georgina et à Blondeau. Elle bisse sa sœur I . . ah !. .. ( Us rient à pari tous les trois. )

M' ut DE LES l BELLE, qui leur jette un regard et à part. ) Une pareille révélation !... devant le mon ie !. . pour me forcer la main, sans doute... car ils ne peuvent ignorer...

M®* de LUi.LNAY, bas. Htgardez donc, quel dépit !

georgina, bas. Elle enrage I ropiquet, s'approchant de AI — de Lettre lie. Eh bien! madame, celte lettre que vous avez eu la bonté de. ..

m*"* de LESTBELLE. Pardon, j’ai un mot à I y ajouter...

ROPIQUET, d Georgina. Et vous, madame, j’espère que ions nous permettiez?...

georgina, sc (tvajilct <fun air gracieux.

Comment donc, messieurs, vous *ercz toujours bien accueillis... (5c tournant vers j Gustave.) Comme ou accueille la «érité.

U“* DE LUCENAY, se levant. Vo:ci celte lettre, messieurs.

ropiquet. .Merci mille fois, madame.

M“* de lestrllle, d Georgina. Au revoir, chère amie.

m"'* de lucenay, de mime. A bientôt I BLONDEAU, aux deux dames. Vous permettrez que je vous remette en voiture?...

ROPIQUET, d Gustave. Deux protectrices au lieu d'une!... Quelle bonne journée !

ENSEMBLE

Al* du JM de» drûlt».

cKii.ras

AAS»u. uiH tout*-* b<*llos ;

Mais )«• rompe* sur vous.

A l'amiti* fidèle*,

PirnV't rtveiKi-nou.

LE' DEUX ACfflM DMH.

A<ti*ii, nia toute belle;

Mail je compte sur vou*.

A Vamiiia fidèle,

Peiiacz loujtnir» à nous.

ROFIQtttT «1 MST I Vit.

Quelle r fia uri* nouvelle I Et quel bonheur pour noas I La fortuue 1 . uppelle.

Est-il un son plu» doux?

nujaoK tr.

Adieu, tua touta belle.

Comptez toujours sur noos.

A l'anime fidèle,

Crojriz moi tout à vottsl

(.1/*** de Lurmay et de Lcstrelle sortent avec Blon - «Jean yar le fond. — Hup.qnel et Guitare saluent et sortant les derniers. — tîro r iji—i aotitte. en retournant d #yn tableau qu'elle regarde. Joseph entre, Musique jusqu'à ta fin.)

georgina. Joseph vous avez. vu ces

deux messieurs ?... quand rk reviendront, je n y suit» pabi (Le rideau baisse.)

Page 1