SCENE IV
AMÉLIE, pms JUSTINE.
Amélie. Il dit qu il va au ministère !... Y va-t-il réellement! N’est-ce pas plutôt pour me donner une fausse confiance. .. et ponr me surprendre plus facilement ?... Quel embarras, mon Dieu!... J La pendule *onne.) D. ux heures... Ah! il faut que je sorte! il le faut absolument!... (Elle kmm.) Quoi qu’il puisse arriver... je me risque I... Je brave tout!... oui... pour la dernière fois; car, j’y suis décidée, dès demain, je renonce à celle passion fatale!... Elle me rend trop malheureuse !
JUSn.iE, entrant. Madame a sonné ?
amélie Oui, Justine.
JusTi «e. Ali I mon Dieu ( comme Madame est émue!...
amélie. Il y a bien de quoi, Justine, il y a bien de quoi... lorsqu'il faut se cacher, trembler sans cesse... Donnez-moi mou chapeau. mon voile. [A port.) Forcée de me confier à une servante! ( Elle passe à droite.)
JUSTINE, donnant le chapeau qui est au fond sur un fauteuil. Madame tombera malade si ça continue.
AMÉLIE. Certainement 1... Ma pelisse?...
(Justine entre dans la chambre d droite. A elle-même ) Peut-être est-il réellement allé au ministère.. D'ailleurs je ne resterai qu'un i ustaiit!.. .
Justine, revenant. Voici la pelisse de madame.
Amélie. Allez vite faire avancer le fiacre.
Justine. Oui. madame.
amélie. Et faites baisser les stores d'avance 1 b
Justine. Oui, madame. ( Elle remonte.) amélie. Eu restant au fond de la voiture.
entortillée de la sorte... peut-être échapperai-je...
JUSTINE, revenant. Ah ! madame... voici des lettres que l'on a apportées pour vous.
améuk, les prenant. C'est bien... allez vile! f Justine sort par le fond.)
AMÉLIE, seule, regardant tes lettres. Des écritures de femme ! de* imitations à des soirées... à des bals I J'ai bien le cceur à la danse, vraiment ! Une lettre de madame de Lestrdle... (Elle rouvre.) «Chère amie, » belle comme vous l’êtes... » I S'interrompant.) Encore des demandes ! (Elle jette la lettre sur la table à droite. ) Qu'ai-je vu !... une lettre de loi!... (Elle ouvre ta lettre et elle lit. i « Vous m'avez paru hier tellement » effrayée d'avoir rencontré votre mari que
* j’ai pensé à vous épargner de semblables
* éino'ions. Renoncez ù venir en fiacre. Res-
* Ut tranquillem nt chez vous. A l'heure où
• l’on doit être sorti, je vous enverrai une
• personne discrète pour convenir de tout. »
(Arec joie.) Ah ! je respire.
JUSTINE, rentrant pur le fond. Madame, la voiture est en bas.
amélie. Je ne sors pas! (Elle ôte *o»
mante m, son chapeauet les remet à Justine. ) Justine. Bien, madame. (Elle sort par la droite.)
AMÉLIE, riant. Et mon mari qui se morfond peut-être à m’attendre! Ne me voyant pas venir, il croira s'etre trompé ... ses soupçons se dissipent el je surs sauvée.. , C'est charmât. ( Regardant la lettre.) Ah ! il y avait un post-scriptum. ■ Je vous envoie ci-
• joint le cours de la rente • Voyons..* voyons vite... car j’étais d'une inquiétude !..* Bien. .. très-bien.. . de (a hausse sur le quatre et demi, sur le trois pour cent, sur tnun-s les valeurs... il fatu vendre... réali'er... aujourd'hui môme 1 Je ferai une liquidation uiajutfiquel...
Ai* de J. Sarçeot.
S«nl«, *v« 1* cour* de« rente*.
Si (Bon m»ri me voyait RArer «Tachait el de vente*,
Dan* <| urlte fureur il acraill De ma toilette peu coAUiih V oilé., . voilé tout le :
A la haoate je sut* heureuse !... (6ü)
Si mon mari le savait !
JUSTINE, entrant par le fond. Madame, il y a là un monsieur qui dit vous avoir été annoncé par une lettre.
AMÉLIE. Très-bien 1 faites entrer.
JUSTINE, au fond et à Aa cantonade. Si M r veut passerai! salon... (Ropiquet m/re.)
AMÉLIE, à Justine. Je n’y s ns pour personne. ( Justine sort par le fond.)