‹ Les femmes, le jeu, et le vinChapitre 20 sur 30 · U COMEDIE CHEZ LE BOULANGER. SIO · texte numérisé non relu

U COMEDIE CHEZ LE BOULANGER. SIO

Le portier essaye de faire partager à ceux qui l'entourent son mécontentement pour le mauvais tour que Ton veut jouer à sa femme. Mais les personnes auxquelles il s'adresse s'intéressent fort peu à ce que la portière joue ou ne joue pas.

Et ce qui est plus heureux, pas une ne connaît la pièce que l'on va représenter, et ne peut apprendre la vérité au mari d'Eulalie.

Trois coups frappés sur le théâtre, dont ils font tressauter toutes les planches , annoncent à la compagnie que le spectacle va enfin commencer.

Cependant Pigeonnier cherche toujours où il se . fourrera, lorsque deux petites dames qui sont assises au fond de la salle sur la dernière banquette, lui font signe de venir se mettre entre elles deux, où elles lui feront une petite place.

Les petites femmes sont gentilles, Pigeonnier n'hésite pas ; il pousse, bouscule, se faufile derrière les banquettes, et arrive enfin à celle où on veut bien le recevoir, en se disant :

— Je serai peut-être un peu loin pour souffler... mais je serai parfaitement pour voir... d'ailleurs j'ai une boniie voix, je crierai au lieu de parler; s'ils n'entendent pas, ils y mettront de la mauvaise volonté.

A défaut d'orchestre, un petit Italien, que Ton a fait \enir, chante dans une pièce voisine :

Ah ! quHl était beau le chapeau de la Marguerite ! et cela sert d'ouverture.

Un monsieur fait ensuite glisser le rideau sur la tringle ; on commence.

Les dames qui jouent sont fort bien habillées, mais celui qui remplit le rôle de Champrosé, si admirablement créé au Vaudeville par Félix j est un jeune mitron, qui, jusqu'au dernier moment a compté sur un costume de gandin, qu'on lui avait promis.

Cependant le costume n*est pas arrivé ; obligé de bfltir le théâtre, le jeune mitron n'a pas eu le loisir de penser à une autre toilette ; le public murmurait, il fallait commencer, on a décidé que le mitron jouerait avec son vêtement de travail, seulement on devait faire une annonce pour réclamer l'indulgence du public, relativement au costume du rôle, mais personne n'ayant voulu se charger de faire l'annonce, il n'y en a pas eu.

En voyant ce personnage dans sa jupe de mitron, au milieu des autres acteurs qui sont convenablement habillés, un léger murmure se fait entendre dans le public; mais ces mots : « Ce n'est pas sa faute. On lui a manqué de parole... 11 attend

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