CB QU'IL Y ATAIT DANS LA HANSARDE
— Si, ma fille, c'est à lui I
— Ah I vous vous moquez de moi, mon père, car vous avez, au contraire, refusé de lui donner un chambre.
— C'est vrai, mon enfant, il y a quelques jours, je lui ai refusé une chambre ; aujourd'hui je lui donne un appartement complet... cela prouve que, dans la vie, on fait un jour tout le contraire de ce qu'on avait fait la veille.
— Mais alors, il est donc devenu riche, ce jeiine homme, qui avait presque l'âir pauvre?
— Tu le sauras bientôt, ma fille, c!^r il va venir, je l'attends... oh I oui, je l'attends avec impatience I
«Mais on entre dans lamaison...c'est lui...ahl c'est lui enfin *
c( Ma fille, saluez respectueusement ce monsieur.
Adeline obéit à son père, en se demandant ce que cela veut dire.
Robertin court au-devant de la personne qui vient d'entrer sous le vestibule, il la salue profondément en tenant sa casquette & sa main.
Le soi-disant Saint-Clair s'étonne de cette excessive politesse du concierge et se hâte de lui dire ;
— Me voici. Cette chambre que vous m'avez offerte] est elle libre?
272 LE CONaERGE DE LA RUE DU BAC.
— Veuillez me suivre, monsieur, je vais avoir Thonneur de vous conduire.
Robertin monte le grand escalier, le jeune homme le suit, mais Robertin s'arrête au premier et ouvre la porte de l'appartement ; alors Saint- Clair, qui le suivait, s'écrie :
— Mais vous vous trompez, concierge, à coup sûr ce n'est pas au premier étage que doit être la chambre que vous me destinez.
— Non, monsieur, je ne me trompe pas... Donncz*vous la peine d'entrer ici.
Le concierge s'efface pour laisserpasser le jeune homme, qui éprouve une vive émotion en pénétrant dans cet appartement qui vit naltrcson père.
Saint-Clair est surpris par tout ce qu'il voit, il traverse les premières chambres, et, toujours plus étonné, arrive dans le salon où il s'arrête, en s*écriant :
— Mais ces meubles sont fort beaux!... Tout cela est en place... On croirait que les anciens propriétaires de cet hôtel ne l'ont pas quitté... et ce portrait... mon Dieu 1 quel est ce portrait?
— Celui de votre grand-père, monsieur le marquis, que le mien a eu le bonheur de conserver, ainsi que la somme considérable que lui avait