‹ Les femmes savantes; comédie en cinq actes. Ed. nouv., à l'usage des classesChapitre 10 sur 99 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

Sans le congé * de ceux qui vous ont donné l'être? Sachez que le devoir vous soumet à leurs lois, Qu'il ne vous est permis d'aimer que par leur choix Qu'ils ont sur votre cœur l'autorité suprême, Et qu'il est criminel d'en disposer vous-même.

HENRIETTE

Je rends grâce aux bontés que vous me faites voir De m'enseigner si bien les choses du devoir. Mon cœui" sur vos leçons veut régler sa conduite ; Et pour vous faire voir, ma sœur, que j'en profite, Clitandre, prenez soin d'appuyer^ votre amour De l'agrément de ceux dont jai reçu le jour. Faites vous sur mes vœux un pouvoir légitime. Et me donnez moyen de vous aimer sans crime.

CLITANDRE

J'y vais de tous mes soins travailler hautement • ; Et j'attendais de vous ce doux consentement.

ARMANDE

Vous triomphez, ma sœur, et faites une mine A * vous imaginer que cela me chagrine.

HENRIETTE

Moi! ma sœur? point du tout. Je sais que sur vos sens Les droits de la raison sont toujours tout-puissants Et que, par les leçons qu'on prend dans la sagesse, Vous êtes au-dessus d'une telle fa'blesse. Loin devons soupçonner d'aucun chagrin, je croi Qu'ici vous daignerez vous employer pour moi, Appuyer sa demande, et de votre suffrage Presser l'heureux moment de notre mariage.

De celte indigne classe où nous rangent les homme» De borner nos talents à des futilités.

C'est un eicès d'honneur que vous me voulez rendre ; Et je croirais faillir de m'en vouloir défendre.

(Corneille, Meut.)

1. Congé d\i latin cofnmeatus (congé, permission, autorisation).

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